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Actualité oblige, le Gabon est suspendu depuis plusieurs semaines à la guéguerre que se livrent les onze prétendants à la magistrature suprême. C’est en effet ce Samedi 27 Août que les quelques 628.000 Gabonais seront appelés aux urnes pour prononcer le verdict populaire au terme de cette joute électorale qui met en scène l’indéboulonnable ‘‘Gardien du Temple BONGO’’ et d’aventureux opposants qui semblent vouloir aller à l’assaut du Palais du bord de Mer.

Dans ce système électoral assez rétrograde qui n’autorise que la tenue d’un seul tour, l’on aurait pu s’attendre à une bataille serrée d’autant plus que le nouveau contexte politique en Afrique tend de plus en plus à contrarier les ambitions monarchiques. Mais le réalisme impose de désespérer de voir le Gabon évoluer vers une alternance constructive. Combien sont-ils ces candidats qui présentent un profil sérieux à même de créer la rupture dans un système de corruption politique inextricable ? En existe-t-il d’ailleurs ?

Outre ces deux pourfendeurs du régime Bongo, les autres présidentiables paraissent marginaux dans l’opinion publique.

Après le ralliement de Guy Nzouba-Ndama, Casimir Oyé Mba et Léon Paul Ngoulakia, tous anciens cadres du PDG (Parti Démocratique Gabonais) autour de la candidature de Jean-Ping, les dés semblent pipés dans ce scrutin à tour unique. L’ancien Premier Ministre, Raymond Ndong Sima se voit déjà amputé de son passé d’ex-collaborateur de l’actuel Chef d’Etat. Une telle candidature transpire plus la frustration que la volonté de ‘‘redresser le pays’’. Que dire de Pierre-Claver Maganga Moussavou, candidat malheureux à la présidentielle de 2009 ? Le score risible de 0.76% des suffrages obtenu alors anticipe clairement sur la non-représentativité de l’ex Ministre des Transports qui a refusé les appels du pied de l’opposition à se ranger derrière une candidature unique. Outre ces deux pourfendeurs du régime Bongo, les autres présidentiables paraissent marginaux dans l’opinion publique.

Si aujourd’hui, les observateurs de la vie politique gabonaise s’accordent à voir en Jean-Ping, l’adversaire le plus sulfureux pour Ali Bongo, le passé accusateur de ce diplomate, dont la carrière politique a fondamentalement été marquée par son soutien indéfectible à la lignée Bongo effrite tout espoir de rupture. Pour avoir été enrobé toute une vie durant dans un système particulièrement controversé contre lequel il s’élève aujourd’hui, les motivations réelles qui couvent en dessous de ce divorce théâtral avec le clan laissent pantois. Par tous les sorts, aucune alchimie ne permet d’imaginer la surprise au soir du 27 Août.

Ali Bongo peut tranquillement faire des réaménagements au Palais présidentiel vu qu’il est quasiment assuré de rempiler pour un nouveau mandat de sept ans à la tête de l’Etat gabonais. A mois que le Grand oublié ne vienne faire du bruit dans le landerneau. Oui, seul le Peuple peut remettre les pendules à l’heure même s’il ne dispose pas des piles nécessaires au fonctionnement de l’horloge. L’Egypte l’a suffisamment vécu ces dernières années, la Tunisie aussi est passée par là et plus récemment le Burkina Faso. Pour l’héritier aux origines ombrageuses, le principal combat ne sera pas ce scrutin mais plutôt, sa capacité à rester lucide même sans adversaire apparent.

Raoul MOBIO

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