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Les autorités camerounaises grugent des fans sevrés de victoires alors que le potentiel ne fait point défaut, donnant au Renouveau un visage décadent

 Lorsque le président Biya prend les rennes du pouvoir, l’état des deux principales infrastructures sportives à savoir les stades omnisports de Douala et de Yaoundé nécessitent déjà qu’on se penche sur leur entretien qui pourrait en appeler la construction d’autres. Dans le même temps, un paradoxe travaille les fans sans visiblement préoccuper le gouvernement : le football de club est aux avant-postes, dans la foulée de la victoire pionnière d’Oryx Club de Douala, sur la scène africaine alors que les sélections nationales traversent une mauvaise passe depuis la réception de la seule Coupe d’Afrique des nations jamais organisée au Cameroun avec la déculottée subie face au Congo en demi-finale. On en est donc là au moment de l’installation du Renouveau qui connaîtra lui aussi un contraste. Cette fois-ci, les clubs passent le relais aux sélections qui vont aligner des victoires respectables. Montrant au passage que ces victoires ne sont rien d’autre qu’un arbre qui cache une forêt où le manque de vision stratégique apparaît tel un gros bouton d’acné sur un visage juvénile. Grisés par les victoires et le talent qui n’a jamais quitté le Cameroun sportif, les autorités gouvernementales successives croisent les bras. Pis, ils se parent des atours de ces victoires comme instrument de propagande. Ce qui peut se comprendre, sauf que personne ne travaille sur le long terme. C’est l’ouverture d’une boîte de Pandore qui verra ainsi s’échapper la décrépitude des infrastructures, l’amateurisme dans la gestion sportive, l’oubli de l’utilisation des sports comme instrument pour booster l’économie, etc.

 

© JP Esso/Okabol.com
Les sportifs camerounais aux Jeux Olympiques à Londres

Le Renouveau sportif s’en ira ainsi au petit bonheur la chance, guettant la victoire que personne ne travaille à faire advenir. Certes la crise économique et les programmes d’ajustement structurel (Pas) et autres Initiative des pays pauvres et très endettés (Ippte) constitueront plus que des pesanteurs, mais qui auraient pu être retournées favorablement pour peu qu’une prévision ait été faite ou que la volonté politique ait été claire et forte. Au lieu de cela, on continuera à parier sur le hasard, l’illusion et la chance. Cruellement. A tel point que depuis que le Cameroun a dans ses rangs l’un des plus grands footballeurs de son temps, on ne gagne plus rien. Pis on peut même se passer de deux non qualifications à la Can sans que cela ne soulève le courroux du gouvernement ou les aménagements nécessaires qui auraient été décidés partout ailleurs, sauf au Cameroun donc. Et dire que les Camerounais ont été perçus sur la scène sportive mondiale comme des sorciers. Cela dans plusieurs disciplines d’ailleurs du fait des victoires qui n’ont pas manqué ! Dans d’autres pays pourtant, et pour ne rester que sur le continent, l’on a travaillé à rattraper l’ogre Cameroun, jusqu’à le dépasser ; lui qui s’est complu dans une ankylose incompréhensible. Surtout depuis que la corruption est devenu un phénomène public aux dévastations inimaginables. Groggys, les autorités en charge de la question sportive n’en sont pourtant pas au stade de leur mea culpa que les fans désabusés demandent de tous leurs vœux. Question d’exorciser une situation qui n’a que trop duré et qui continue de profiter seulement aux flibustiers et autres margoulins qui ont pris le sport national en otage. Dévoyant au passage les rêves d’une jeunesse talentueuse qui ne demande qu’à s’exprimer et à hisser à nouveau le drapeau national sur le toit du monde. Mais à dire vrai, ce qui se passe dans le sport est-il différent de ce qui se passe dans les autres secteurs de la vie nationale ?

Tag(s) : #Sports

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