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Au cours de la séance des questions orales, le ministre du Commerce a confirmé la bonne santé financière de la Sodecoton annoncée par son homologue.

Hier, c’était l’avant dernière journée de la session parlementaire ouverte depuis le 6 juin dernier. Elle se poursuivait par la séance des questions orales des députés aux membres du gouvernement. Cette journée était surtout la plus attendue, certains qualifiaient même le 4 juillet de «journée de tous les dangers» à l’hémicycle de Ngoa Ekelle.
C’est hier qu’expirait en effet l’ultimatum que le Pan avait fixé au gouvernement, après qu’il ait demandé à celui-ci de sauver la Sodecoton de sa descente aux enfers. C’est hier également que le Vice-premier ministre en charge de l’Agriculture, Jean Nkuété devait reprendre publiquement la parole après sa sortie de Maroua le 11 juin, sortie au cours de laquelle il avait pris le contre pied du président de l’Assemblée nationale pour déclarer que la Sodecoton «était en bonne santé financière».

Cette divergence des positions qui n’est pas familière dans notre environnement politique, a fait croire à tout le monde qu’on allait vivre hier, une empoignade certaine entre les députés et les membres du gouvernement, en tête desquels Jean Nkueté.
Tout avait était prévu heureusement afin que le clash soit évité. Pour cela, il fallait que le Vice-Premier ministre qui n’était plus en odeur de sainteté avec les députés, parlât le moins possible au sein de l’hémicycle. C’est le député Nkodo Dang qui ouvre les hostilités. Il interpelle Jean Nkueté sur un ton à la limite du respect auquel le membre du gouvernement a droit. Le député voulait savoir comment se porte effectivement la Sodecoton. Quand le ministre croit avoir dit l’essentiel, que le député le reprend sur un ton martial : «Vous n’avez pas compris ma question !», précise t-il. Jean Nkueté, pour éviter l’affrontement, laisse tomber quelque peu désabusé : «Le ministre du Commerce répondra à votre question», promet-il avant d’aller reprendre sa place dans le box réservé aux membres du gouvernement.

Démagogie
C’est le député Ahmadou Kourbogo qui se charge du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Sa question n’est pas différente de celle de son collègue qui avait tenté de mettre en difficultés Jean Nkueté. Le ministre du Commerce avait savamment préparé sa leçon. Posément, méthodiquement, il expose la situation du coton au Cameroun, en Afrique avant de toucher les confins de la Chine et des Etats Unis. Il ramène les députés à comprendre que, dans cet univers, le Cameroun n’est pas mal loti avec sa Sodecoton.
Il explique ce que le gouvernement fait pour les cotonculteurs depuis les 10 dernières années, en termes d’approvisionnement en engrais, d’encadrement des paysans. Cette assistance multiforme, selon l’orateur, a conduit le gouvernement, avec la participation de la direction générale de Sodecoton, à débourser 10 milliards de francs Cfa pour la période allant de 1994 à 2004. Pour celle de 2011 à 2014, 8 milliards sont assurés, grâce à un encours de la Banque Islamique, a révélé le ministre du Commerce.
Luc Magloire Mabarga Atangana, explique que malgré ces efforts, l'entreprise est soumise à subir régulièrement la fraude de ses produits vers les pays voisins.

Tout au long de son exposé qui n’aura manqué ni éloquence, ni pertinence, ni conviction, le ministre du Commerce, sans citer une seule fois son homologue de l’Agriculture, a tenu cependant à démontrer, chiffres et arguments à l’appui, que Jean Nkueté n’avait pas fait à Maroua une déclaration de flatterie ou de démagogie, que la Sodecoton, dans le portefeuille des entreprises de l’Etat, est celle qui se porte mieux en dépit de la conjoncture internationale.
Dans les couloirs de l’hémicycle, des députés échangeaient des confidences. Plusieurs d’entre eux affirmaient que lorsque cette session ordinaire sera close demain, ils enchaineront les travaux dans le cadre d’une session extraordinaire. Elle aurait essentiellement pour objet d’étudier certains projets de lois déposés par le gouvernement et ayant trait à la modification de l’actuelle Constitution.
Même si les députés approchés dans les couloirs conseillaient aux journalistes de se rapprocher du président de l’Assemblée pour des «informations fiables», ils disaient tout de même en sourdine, que «si vous devez absolument écrire un article, soyez prudents et mettez tout au conditionnel».
Dans la conjoncture politique actuelle où l’élection présidentielle pointe en octobre prochain sans réelle visibilité, il n’est pas exclu que la rumeur d’une session extraordinaire prolonge l’actuelle, avec pour mission de retoucher notre Loi fondamentale, et pour cause…

Tag(s) : #Politique

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