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D’après cet organe, la conduite de l'aide publique française au développement est freinée par le grand nombre d'objectifs et par l'absence de hiérarchisation

 Mauvaise gestion de l’aide publique au développement
Ce rapport, dans l’ensemble, passe au crible, les montants, les taux, ainsi que la ventilation des sommes dépensées par l’Etat français, via divers démembrements, pour soutenir le développement des pays pauvres, notamment en Afrique. «La définition de priorités sectorielles s’est révélée globalement formelle. L’aide française a couvert de nombreux secteurs économiques et sociaux sans toujours s’appuyer sur des stratégies spécifiques. Ainsi, une stratégie dans le domaine de la santé n’a été élaborée qu’en 2011. La priorité affichée pour des secteurs sociaux et administratifs a été difficile à concilier avec la prédilection pour l’instrument du prêt. Les tentatives de concentration de l’aide sur quelques secteurs prioritaires pour chaque pays se sont révélées plus apparentes que réelles» déplore la cour. En conséquence ces experts notent que la France a rassemblé 55 pays dans une «zone de solidarité prioritaire» au début des années 2000 principalement en Afrique noire, et que ce nombre relativement élevé de bénéficiaires n’a pas permis de mettre en place une approche sélective. Il en résulte que la zone a peu évolué au cours de la décennie passée et que cette approche n'a pas réellement intégré les interventions du Trésor et de l’Agence française de développement (Afd), posant à la fois de problèmes d’efficacité et d’évaluation.  Globalement, dans ce rapport paru il y a une dizaine de jours,  la Cour des comptes pointe du doigt la mauvaise gestion de l’aide publique au développement et surtout son manque d’efficacité dans la résolution de problème de développement des pays bénéficiaires. « La conduite de l'aide publique au développement française est freinée par le grand nombre d'objectifs et par leur absence de hiérarchisation. Cette caractéristique contraste avec la pratique de plusieurs partenaires étrangers », conclu cette analyse minutieuse menée par les experts de la cour des comptes de la république française.

 

© rmc.fr
Pour la Cour des Comptes française, l'aide au développement est mal hiérarchisée

Une pléthore d’entités
Dans la pratique, l'évaluation de l'aide est effectuée en France par une pléthore d’entités relevant, d’après l’analyse de la cour des comptes, du ministère des affaires étrangères, de la direction générale du Trésor et de l’Agence française de développement alors que, chez plusieurs grands donateurs, elle est plutôt effectuée par une entité unique. Plus graves, mêmes ces instruments d’évaluation mis en place ne fonctionnement pas régulièrement. En effet, pour assurer une bonne évaluation de l’aide publique française au développement, le gouvernement français avait mis en place des instruments de suivi coiffés par le comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cidid), chargé de fixer les orientations de l'aide publique au développement, ses priorités, et l'équilibre entre aide bilatérale et aide multilatérale. Pourtant, révèle la Cour, « Ce comité ne s'est, toutefois, réuni ni entre 2006 et 2009, ni depuis juin 2009 », lit-on. La cour des comptes indexe également le niveau élevé des frais administratifs, « qui représentaient officiellement 3,4 % de l'aide française en 2010 contre 2,8 % au Royaume-Uni et 3,0 % en Allemagne, témoigne du coût de gestion de l’aide française. En comprenant l’Agence française de développement, son montant s’élève à plus de 700 M€ en 2010, soit près de 9 % des dépenses budgétaires et des engagements de l’Agence ». Parlant de l’efficacité de l’aide, la cour des comptes est encore plus sceptique. « La mesure de l'efficacité de l'aide demeure complexe et encore débattue sur le plan doctrinal. Elle est rendue encore plus difficile en France en raison de la multiplicité des objectifs de l’aide et de leur absence de hiérarchisation. Les risques de détournement de l'aide sont mal identifiés par les instances françaises bien que la lutte contre la corruption soit un objectif de certains projets d’aide. L'effort global demeure souvent mal évalué. Les indicateurs budgétaires de performance sont hétérogènes et en fin de compte peu pertinents. Ils portent plus souvent sur les moyens que sur les fins recherchées», peut-on lire.

Réaction du ministre délégué chargé du développement
Ce travail est salué par le ministre délégué chargé du développement. « Les dix rapports thématiques publiés en 2011 ainsi que le rapport de synthèse publié ce jour constituent une analyse complète de l’état du dispositif français en la matière. A quelques mois du lancement de la revue par les pairs du Comité d’aide au développement de l’OCDE de l’aide au développement de la France, ce rapport revêt un intérêt de tout premier plan permettant d’identifier les mesures et les réformes à envisager dans le domaine de l’Aide française au développement. Dans le contexte budgétaire difficile que chacun connaît, les recommandations de la Cour des Comptes visant à l’amélioration de la gouvernance de l’aide et à sa mise en cohérence seront particulièrement étudiées », déroule Pascal Andin. « La nécessité, soulignée par la Cour, de mieux évaluer l’impact de notre aide et l’efficacité de nos modalités d’actions constitue un impératif. Il sera mis au cœur des priorités dans le cadre de la réflexion stratégique que va mener le Ministère des Affaires étrangères, avec l’ensemble des acteurs concernés, dans les prochaines semaines, afin d’élaborer la feuille de route qui identifiera les chantiers prioritaires de la France en matière d’aide publique au développement », ajoute le Français.

 

Tag(s) : #Economie
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