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Une catégorie, désignée ou non, aux ambitions avouées ou non, semble sortir du lot pour s’imposer comme successeur putatif

 Ce 06 novembre 2012, le président Paul Biya fête ses 30 ans d’accession à la magistrature suprême. Un règne sans partage. Qui brouille davantage la succession à la tête de l’Etat. En effet, la lutte « camaradicides » des figures de proue du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), symptomatique des tendances qui secouent le parti de Paul Biya complexifie davantage l’horizon politique. A côté de ce drageoir, se dresse non sans susciter une inquiétude notoire dans la perspective d’une succession démocratique, l’ambigüité des règles d’un système démocratique encore très contesté par les acteurs politiques et la société civile. Toutes choses qui confirment d’après certains observateurs une idée qui semble accorder tous les violons : Paul Biya reste non seulement maître du jeu ; mais surtout, il cache son jeu. Mais l’homme du 06 novembre 1982, dont l’âge commence à peser, n’est pas maître du temps. Un aspect non négligeable qui ouvre la voie à de multiples scénarii dans l’optique de la succession. En tout état cause, et quel que soit la le scénario plausible, la succession est ouverte et une catégorie, désignée ou non, aux ambitions avouées ou non, semble sortir du lot pour s’imposer comme successeur putatif sous le triple critère de notoriété, de compétence et de capacité de mobilisation. En voici dix (10) d’entre - eux.

1. Marafa Hamidou Yaya : la prison conduit aussi à la magistrature suprême
Faiseur de roi hier en sa qualité de Ministre d’Etat chargé de l’administration territoriale, et par conséquent manipulateur des données électorales, Marafa Amidou Yaya est depuis quelques mois condamné à 25 ans de prison pour le détournement de fonds publics. Ce natif de Garoua est avant tout un fidèle allié politique de Paul Biya. L’ancien secrétaire général de la présidence la République (1997 à 2002) et ancien conseillé spécial du président Paul Biya maîtrise les rouages du pouvoir et les grands dossiers du pays. Ses différentes sorties épistolaires du fonds de sa cellule ses derniers temps le prouvent à suffisance. Véritable leader politique du grand Nord, sa popularité et sa capacité de mobilisation ne souffrent d’aucune contestation, en témoigne les mouvements d’humeur des populations de la région du Nord après son arrestation. Sans oublier l’engouement populaire soulevé par son procès et ses lettres de dénonciations des manœuvres de distraction des fonds au sommet de l’Etat. Ce qui lui vaut une forte sympathie au sein d’une partie du peuple camerounais.
Le membre du bureau politique du Rdpc a, outre son charisme naturel, un parcours et un bagage intellectuel qui le prédisposent à la charge d’homme d’Etat. Dans le positionnement géostratégique, Marafa apparait comme le leader naturel du Grand Nord. Il a de solides soutiens dans les milieux économiques et politiques français.

 

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2. René Sadi, le prince… au pouvoir
Sa nomination en avril 2007 au poste très stratégique de secrétaire général du comité central du Rdpc avait surpris plus d’une personne. Homme dont la froideur et la discrétion frisent un manque d’engagement politique, il avait alors été à la surprise générale le choix du président Paul Biya pour gérer le quotidien du parti au pouvoir. Depuis ce jour-là, beaucoup d’observateurs le considèrent comme le dauphin formé dans l’ombre et mis à l’épreuve pour affiner sa formation politico-administrative. C’est d’ailleurs sous ce prisme que l’on perçoit sa nomination au ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, véritable cheville ouvrière du commandement et de l’architecture administrative du Cameroun, et partant du contrôle du pouvoir. René Sadi, loin de pouvoir réunir tous les ingrédients de parcours d’un homme politique classique et raffiné, apparaît aux yeux de beaucoup comme l’élu et le dauphin en puissance du chef de l’Etat. A la tête de son tout premier poste ministériel depuis 2011, l’ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la République est un habitué des voyages du président de la République auprès duquel il a su affiné ses talents de diplomate de formation dans la gestion des affaires bilatérales et multilatérales. Plusieurs le voient comme candidat du Rdpc à la prochaine présidentielle. René Sadi, le chef supérieur Mvouté dans le département du Mbam et Kim, reste par ailleurs l’un des rares à avoir servi les deux présidents camerounais. Selon des observateurs, il est le joker de Paul Biya pour la succession à la tête de l’Etat.

3. Cardinal Tumi, comme le père Aristide en Haïti ?
Il est devenu plus célèbre par ses critiques virulentes à l’endroit du régime de Paul Biya que par sa vie et ses activités pastorales à l’Eglise catholique camerounaise. Cardinal depuis 1988 et archevêque de la métropole économique (Douala) dès 1991, le plus gradé de l’église catholique au Cameroun brille par son franc - parler et une dénonciation permanente des avatars du régime du renouveau que sont le tribalisme, le népotisme, le favoritisme, la corruption et la pillage systématique des ressources par une minorité. Sa bataille pour la fin des inégalités sociales et ses sorties médiatiques tonitruantes lui ont quelques fois prêté des ambitions politiques allant jusqu’à faire paniquer les piliers du sérail au Cameroun. Dans un pays à plus de 60% catholique, il apparait aujourd’hui comme le porte - parole et le cri de la souffrance poignante du peuple camerounais dans sa grande majorité. Véritable icône morale dans sa posture de prélat, armé de courage et sans compromission reconnue en quelque domaine, il demeure pour les caciques et irréductibles bénéficiaires du régime actuel un danger dans une possible alternance politique après Paul Biya.

4. Bernard Njonga, le José Bové du Cameroun
Il est devenu au fil des années un acteur incontournable de la société civile camerounaise. Pour beaucoup, il est d’ailleurs l’âme de cette dernière. Cet altermondialiste mène un combat sans merci pour le développement. Son idéologie est un nationalisme productif dont le but est d’amener les gouvernants du pays à se défaire de l’emprise des puissances occidentales et à mettre en valeur les potentiels humains et intellectuels dont dispose le Cameroun pour exploiter les ressources naturelles aux fins de le développer pour le bien - être des populations. Il va en guerre contre les suppôts des multinationales étrangères qui pillent sans vergogne les richesses du Cameroun. Il faut rendre le pays productif sur le plan économique, notamment sur le plan agricole, afin de mettre fin aux exportations qui le rendent toujours dépendant des pays développés. Le directeur de publication du journal LA VOIX DU PAYSAN (un des journaux les plus vendus et lus au Cameroun), a, dans sa bataille, le soutien de toutes les classes pauvres et moyennes de la société. Il est devenu les yeux et les oreilles du bas peuple dans la lutte pour l’autonomie alimentaire. Le président de l’association citoyenne pour la défense des intérêts collectifs (Acdic), à l’aube de l’élection présidentielle de 2011, déclarait : « Nous n’allons pas laisser le vainqueur tranquille ». Son pacte pour le développement rural fut d’ailleurs signé par 19 candidats sur les 23 en course. Il bénéficie aussi de bons contacts à l’international. Il pourrait les mettre à contribution au cas où…

5. Pr Maurice Kamto, le dernier et souvent premier
C’est le néophyte de la scène politique camerounaise. Son parti le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) n’a été lancé que le 13 aout 2012 à Yaoundé. Quelques temps seulement après sa démission du gouvernement en novembre 2011. Ce repli, loin d’être un aveu d’impuissance, est bien stratégique. L’ancien ministre délégué à la justice qui regroupe au sein de son parti plusieurs autres formations politiques ambitionne d’occuper la place non assumée de réel leader politique de l’Ouest du pays dans la perspective de l’alternance politique au Cameroun. Pour mémoire, Maurice Kamto est l'un des 34 membres de la commission du droit international des Nations Unies, commission dont il est l'actuel président. Il a conduit avec succès la délégation camerounaise lors des négociations pour la rétrocession de la presqu'île de Bakassi, territoire disputé avec le Nigéria en tant que avocat du Cameroun devant la Cour Internationale de Justice (CIJ). Son slogan est : « Proposer au peuple camerounais des idées nouvelles ».

6. Ni John Fru Ndi, le rêve d’une accession à la Wade
Le leader du premier parti de l’opposition camerounaise n’a pas encore dit son dernier mot, malgré la perte de son aura d’antan. Il a toujours été deuxième après Paul Biya à toutes les élections présidentielles auxquelles il a participé (1992, 2004, 2011). En 1992, lors de la première présidentielle multipartiste, il était 2e avec 35%, derrière les 37% du vainqueur. En 2011, bien que conservant sa deuxième place, il n’a pu obtenir que 10% des suffrages exprimés. Sa popularité, selon certains, auraient été effritée par des accusations de deals politiques avec le président Paul Biya. Les dissensions et défections au sein de son parti le SDF ont également contribué à amoindrir son poids politique. Mais, il reste le plus dynamique des opposants camerounais et peut de ce fait postuler à la magistrature suprême au moment de l’alternance politique. Encore faut-il que le système électoral soit totalement indépendant et transparent.

7. Kah Walla, les Clinton réincarnés au Cameroun
Première femme candidate à une élection présidentielle au Cameroun (présidentielle d’octobre 2004) où elle arrive en cinquième position, la présidente fondatrice du Cameroon People Party (CPP) est nantie d’atouts qui font d’elle une potentielle dirigeante d’une nation comme le Cameroun. Bénéficiant des faveurs de plusieurs lobbies et organisations internationales, en l’occurrence américaines, Kah Walla s’impose dans le paysage politique camerounais comme un des leaders clés d’une alternative de changement. Elue en 2007 comme Vice présidente de la Chambre Américaine de commerce et classée par la Banque mondiale parmi les sept femmes africaine chefs d'entreprise en Afrique œuvrant pour l'amélioration de l'environnement des affaires, elle a été primée en 2009 par la fondation Clinton Global Initiative comme actrice économique. Un réseau qu’elle entend exploiter pour confirmer son leadership national. Son parcours dans la société civile depuis 1990 lui ont permis de se constituer une base et un soutien national, surtout auprès de la gente féminine et des couches défavorisées. L’ancienne présidente de la commission de stratégie du SDF a pour leitmotiv « Un Cameroun gouverné pour et avec les camerounais », dans l’optique d’aider la base à s’organiser pour défendre ses intérêts et avoir une voix dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques au niveau national.

8. Christopher Fomunyoh, la carte anglophone à fond
Aujourd'hui, directeur régional du NDI pour l’Afrique du National Democratic Institute for international affairs de Washington (NDI) qu’il a rejoint en 1993 et formé aux côtés de Barack Obama, ce Camerounais promeut la démocratie sur le continent : Il est primordial pour un pays de fréquemment renouveler son leadership de façon à ce que ses dirigeants puissent apporter des perspectives nouvelles sur les évolutions et développements du monde et contribuer à guider leurs pays sur des voies qui diffèrent des approches typiques et traditionnelles trop longtemps empruntées. Symbole de l’élite de la diaspora camerounaise engagée dans la révolution des mentalités, cet expert mondialement reconnu et proche des plus grands hommes d’Etat tant africains qu’occidentaux dont il a été un des stratèges et conseiller en matière électorale et démocratique, le Dr Fomunyoh Christopher ou Monsieur Afrique comme aiment l’appeler la presse internationale, dont il parcourt les plateaux en qualité de personnes ressources en matière démocratisation pour l’Afrique, est considéré par plusieurs analystes politiques comme un Joker des américains dans le schéma assez complexe de la succession de Paul Biya.

9. Calixte Beyala, le Cameroun à la place de la francophonie
Figure emblématique de la diaspora camerounaise installée en France, Calixthe Beyala est une écrivaine engagée dans les problèmes sociaux et politique de son continent. Elle a toujours dénoncé des injustices insupportables. Cette écrivaine à l’œuvre assez prolifique (une vingtaine de romans à son actif) ne manque pas de s’afficher ouvertement pour défendre son idéologie et réfuter l’hégémonie occidentale sur l’Afrique. Elle prend position en 2010 en faveur de Mouammar Kadhafi et de Laurent Gbagbo. Pour la présidente du Mouvement des africains de France (MAF), le rôle de la Cour Pénale internationale qui juge les crimes des chefs d’État africains est simplement de jeter l’ancre. Ce qui semble surprenant, s’agissant des agissements de la Cour Pénale internationale, a poursuivi madame Calixte Béyala, c’est de jeter le grappin que sur des dirigeants des pays du tiers-monde, férus de liberté et du développement de leurs peuples, pendant que ceux des puissances occidentales, aux actions plus nocives et meurtrières à travers le monde, jouissent d’une totale impunité. Une attitude qui lui vaut aujourd’hui la sympathie de la majorité des Camerounais. Un atout non négligeable dans la perspective d’une possible responsabilité au sommet de l’Etat. A la présidence de la République du Cameroun, nul doute qu’elle ferait du Hugo Chavez. Un tempérament qui ne colle pas avec les us et coutumes du poste de secrétaire général de la Francophonie.

10. Issa Hayatou, alternative crédible du Grand Nord
Prince coutumier d’une des plus grandes et influentes familles du grand Nord Cameroun, Issa Hayatou est le cadet des Hayatou. Plusieurs de ses frères ont occupé des postes très importants dans la nomenclature gouvernementale. Parmi eux, Sadou Hayatou qui fut Premier entre 1991 et 1992 ou encore feu Amadou Hayatou ancien Secrétaire général de l’Assemblée nationale, sans oublier l’actuel secrétaire d’Etat à la santé Garga Alim Hayatou. Et même si le président de la Confédération africaine de football (depuis 1986) et membre exécutif de la FIFA n’a jamais manifesté une quelconque ambition politique, il est pour beaucoup d’observateurs de la scène politique camerounaise un candidat sérieux et réunissant des qualités extra socioculturelles du Cameroun, pour faire l’objet d’un consensus, en cas de blocage politique après Paul Biya. Sa notoriété internationalement reconnue et la maîtrise de la gestion des intérêts géostratégiques mondiaux lui donnent des qualités transversales au-delà du sport. Il endosse incontestablement aujourd’hui le costume de l’une des plus grandes personnalités qui dirigent le monde actuel.

Tag(s) : #Politique

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