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Un sourire carnassier qui en dit long sur ses intentions de croquer ses adversaires

C’est la merde en Côte d’Ivoire. Depuis que Laurent Gbagbo, battu à l’élection présidentielle, selon la communauté internationale refuse de quitter le pouvoir. Tout est pratiquement en double dans ce pays jadis reconnu pour sa tranquilité, son hospitalité et son économie prospère. La Côte d’Ivoire compte deux chefs d’Etat. L’un légitime, et l’autre légal. Même si les deux se disent chacun, à la fois, légitime et légal. Ensuite, les médias, principaux animateurs de la démocratie sont plus que jamais divisés : les uns proches de Laurent Gbagbo et les autres d’Alassane Ouattara. Avec les tons qu’on leur connaît.

Ce qui est déplorable dans ce paysage médiatique, c’est la prise de position pour Laurent Gbagbo de la presse d’Etat, notamment la télévision ivoirienne dont les messages ne sont pas du tout de nature à apaiser les positions. On pourrait à la limite dire que la RTI joue le tristement célèbre rôle de la radio Mille Collines dans le génocide rwandais. C’est sans doute cela qui justifie la création au Golfe Hôtel de la Télé Côte d’Ivoire (TCI) qui diffuse les messages du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Des messages non moins incitatifs au soulèvement populaire pour chasser Gbagbo du pouvoir.

Pendant que les jeunes patriotes sont autorisés à manifester, à insulter et à empêcher Blaise Compaoré de faire partie du panel à Abidjan, les jeunes du RHDP sont pourchassés dans les quartiers d’Abidjan et contraints au silence. Comme s’il ne s’agissait pas de jeunes d’un même pays.

 


En Côte d’Ivoire, les principales banques ont fermé leurs portes. Privant ainsi les Ivoiriens de ressources pour vivre. L’économie dans son ensemble est paralysée par les mesures de boycott des ports d’Abidjan et de San-Pédro et l’interdiction d’achat du cacao. Et c’est dans cette merde, à la fois économique et financière, politique et sociale que le panel des chefs d’Etat de l’Union africaine est allé chercher des solutions à la crise ivoirienne. Avec ses « propositions contraignantes ».

Pour ne pas dire que c’est un panel de merde, il faut tout de suite avouer qu’il est parti pour ne réussir aucune solution en Côte d’Ivoire. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a conduit pendant sept ans le dossier ivoirien à travers le président Blaise Compaoré en est exclue. Et de fait, l’Union économique et monétaire ouest-africaine n’y est pas présente. Peut-on véritablement résoudre pacifiquement la crise en Côte d’Ivoire sans impliquer les pays voisins ? Le président Compaoré qui s’est investi personnellement pour la résolution de cette crise peut-il en être aujourd’hui exclu ? Malheureusement, c’est le cas. C’est pourquoi, à l’analyse, on peut dire que le panel qui a été concocté est parti pour échouer.

Mieux, quand on considère les premières ébauches de sortie de crise, on se rend tout de suite compte que l’Union africaine va revenir sur sa première décision qui reconnaissait Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle. Puisqu’elle pourrait demander un partage du pouvoir. Quelle honte ! Alassane et ses partisans vont-ils accepter qu’on partage aussi facilement leur victoire, durement acquise ? C’est peu probable.

Par ailleurs, Laurent Gbagbo acceptera-t-il, de son côté, d’être vice-président d’une élection qu’il a perdue ? Il paraît qu’il n’aime pas la honte.

Aussi, au regard de tout ce qui précède, on est enclin, malheureusement à croire que les « propositions contraignantes » de l’Union africaine ne contraindront que ceux qui y croient.

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du Faso

 

Tag(s) : #Politique

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