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Pour expliquer les multiples crises qui secouent le milieu universitaire depuis près de deux décennies, on a pris l’habitude bien ivoirienne de vilipender les hommes politiques.

Certes, les faits sont avérés. Seulement sous le couvert de desseins inavoués, on a trouvé bon nombre de subterfuges pour trouver des partisans à moindre coût. Ce discours unanimiste finit cependant par lasser. La jeunesse est manipulée, on le sait, tout le monde le sait, et même eux en premier. Alors, qu’est-ce qui change ? N’est-ce pas que la situation empire plutôt ? On devrait pouvoir s’interroger pour situer les responsabilités. Comment comprendre que des hommes et des femmes jugés dignes de d’accéder à l’antre du savoir universel, se laissent ferrer comme de vulgaires analphabètes ? Comment peuvent-ils, pour des subsides, s’engager corps et âme dans une cause qu’ils n’ont pas aidé à concevoir ? Quand les machettes viennent à être utilisées pour régler les litiges d’ordre intellectuel, il y a de quoi s’inquiéter de ceux à qui on destine la relève. Le mal est plus profond qu’il n’en a l’air. L’utilisation des moyens aussi primitifs pour régler les différends est symbolique d’une régression culturelle qui devrait inquiéter pour l’avenir. Il faut remonter à l’antiquité pour retrouver trace d’un tel procédé de guerre. Sa résurgence a été constatée en Algérie, en Sierra-Léone et aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

 

Le diplôme ne fait pas l’intellectuel

 

En somme, le recours à ces moyens de lutte ne peut se comprendre que pour des individus dénués de tout esprit critique à force de lavage de cerveau. Autant donc on peut comprendre les agissements de certaines personnes (enfants, et jeunes ruraux), enrôlées de force, enfarinées et endoctrinées, autant on reste perplexe face à des jeunes intellectuels formés aux théories d’humanisme et autres doctrines philosophiques pour personnes dites évoluées.

Au-delà des faits, c’est la lancinante question de l’inculture de nos lettrés qui se posent à nouveau. Quelqu’un l’a dit, le diplôme ne fait pas l’intellectuel. En Afrique justement, il y a des lettrés à la pelle mais pour les intellectuels…le tour est vite fait. Sinon comment comprendre que des cadres formés aux plus prestigieuses fonctions se souillent dans des faits sordides qui répugnent au premier analphabète. La Côte d’Ivoire vit aujourd’hui les effets d’une négligence notoire du fait culturel par rapport au primat accordé à la recherche de la satisfaction matérielle. Ce n’est un secret pour personne que les congénères des pays limitrophes traitent les Ivoiriens d’incultes. A diplôme égal, l’Ivoirien ne tiendrait pas le débat au plan de la culture en général et de la culture politique en particulier. La jeunesse qui s’arme de machettes pour régler un différend d’ordre “idéologique” est l’image que renvoie le prisme de l’éducation donnée par des adultes. A titre d’exemple, le militantisme en Côte d’Ivoire. Jusque dans un passé récent, l’engagement politique se faisait par procuration. Au peuple on ne demandait que d’applaudir contre la remise d’un tee-shirt ou d’un poster du chef. Au nom de la géopolitique élevée en dogme, l’obtention d’un poste de responsabilité au sein du parti unique équivalait à l’acceptation du marché “enveloppe contre fonction de caisse de résonance” dans sa région. L’explication des foules lors des congrès-spectacles avec réquisition des moyens publics et privés tient en ripailles et autres avantages matériels qui allaient avec.  Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire vit les contre-coups d’une démission collective… Grisés par une pseudo réussite économique reconnue à la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens dans leur large majorité ont souscrit au culte du matériel. L’exemple donné par les décideurs ne faisant que conforter le concept très à la mode du “ qui est fou ?” renforcé par le symbole du “grilleur d’arachides”. Si la jeunesse estudiantine s’arme de machettes, ce n’est sûrement pas pour défendre un idéal mais plutôt pour des intérêts d’ordre pécuniaire, car ils sont le fruit de la culture du gain facile qui pose comme assertion que plus l’on monte, plus l’on peut impunément se remplir les poches. On ne peut hélas que l’admettre, au changement de train de vie des représentants de tous ordres : partis politique de paille, syndicats et d’autres du genre ong. La lutte qui utilise les moyens rudimentaires ; poings, dents, armes blanches n’a pour motif que la recherche de l’assouvissement des besoins primaires. Le remède à ce mal profond qui gangrène les consciences ne tient pas à rejeter la faute sur les autres. Il s’agit de prendre des mesures rigoureuses pour interdire de mêler les mouvements de jeunesse aux ambitions politiques. Il faudra, pour cela, éviter le clientélisme qui consiste à donner une enveloppe à tout bout de champs. L’on doit réapprendre la notion de dignité et savoir se retirer sans attendre un quelconque “geste” pour le travail accompli. Le contre-exemple étant parti de là-haut, c’est de là-haut que devrait venir le geste noble. Le jour où un responsable d’une cause ressortira sans rien recevoir dans le “couloir” qu’une franche poignée de main, le compte à rebours pour l’intégrité aura commencé. Vraiment.

Tag(s) : #Nation
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