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La volaille, suffisamment élevée au Burkina Faso, est devenue un produit très cher sur le marché local. Sa cherté et surtout la grandeur de la demande sont telles que, tout le monde s’essaye dans sa vente. Comme quoi, il y a de la fortune au bout du compte.

 

 
Aviculture au Faso : L’autre mine d’or des populations

« La poule aux œufs d’or ». Cette expression est citée pour les projets et autres activités qui rapportent gros à ceux qui les exercent. Disons-le au sens propre du terme. « La poule est effectivement devenue de l’or aujourd’hui ». Si autrefois, la poule était du « cadeau », voire la volaille, de nos jours elle constitue une source sûre de lutte contre la pauvreté. De 750 FCFA, à 1000 FCFA tout au plus, la volaille se négocie aujourd’hui à partir de 3000 FCFA et au-delà. A la grillade, plus de poule et de pintade en deçà de 3000 FCFA. Dans la basse-cour, la volaille cadeau est de plus en plus rare. Les raisons qui justifient cette cherté de la poule, sont multiples.

Pour Adama Valéa, vendeur de poules, le coût de la vie explique tout. « A l’époque, un enfant n’avait pas de besoins autres que sa santé et le repas. A trente ans, la valise d’un enfant n’excédait pas 3 à 4 bonnes tenues. Mais aujourd’hui, c’est tout le contraire. Il faut scolariser les enfants obligatoirement. Dans cette condition, personne ne veut faire du cadeau à son niveau… ». A entendre Adama Valéa, la cherté de la vie explique le coût actuel de la poule sur le marché. Malgré la cherté de la volaille, certains acteurs préfèrent la vente des poulets. « Les poulets sont plus rentables aujourd’hui, que la poule assez dodue », nous a confié Cheick Sangaré, grilleur de poule. Cheick visiblement n’est pas le seul vendeur qui a opté pour la vente de la volaille moins dodue.

Là aussi, plusieurs parties manquent au rendez-vous avec le client quand il s’agit d’une grillade. Le cou, la tête, les pattes et tout le contenu du thorax.

Utilité multiforme

La viande de la volaille est bien raffolée par les Burkinabè. Une source non-vérifiée, estime à des dizaines de milliers de volailles consommées par jour au Faso. En effet, à toutes les organisations populaires ou privées, aux cérémonies de joies ou de peines, la chair de volaille est presqu’incontournable dans les assiettes. Pour Moussa Sayaogo, président de l’Union nationale des producteurs de volaille du Burkina, les besoins en volaille sont nombreux et divergents. « Au baptême, au mariage, au décès et j’en oublie, la viande de volaille est très prisée. Dans ces conditions, le prix ne peut pas ne pas connaître une hausse », a-t-il justifié. Pour un agent du ministère de l’Elevage (il a préféré l’anonymat), les intermédiaires contribuent à la hausse des prix. « De la basse-cour au consommateur, il y a de forte chance que des intermédiaires interviennent pour soi-disant avoir leur part.

Il est donc évident qu’au finish, le produit coûte cher… ». Un fait non-négligeable est le facteur culturel. Dans plusieurs localités, l’élevage de la volaille est fait pour subvenir à des besoins culturels. La vente est assez réduite dans ces localités. Une idée soutenue par Boukary Ilboudo. « Dans le Sud-ouest, les populations font l’élevage de la volaille juste pour leurs sacrifices. Dans les Hauts-Bassins, voire le grand Ouest du pays, des ethnies comme le Bobo et le Sénoufo pratiquent l’élevage en grande partie pour faire face aux besoins culturels », soutient Ilboudo. Raisons culturelles, consommation importante et autres besoins, retenons que l’une raison dans l’autre, force est de reconnaître que la poule est devenue aujourd’hui une source pourvoyeuse d’argent pour les populations.

C’est d’ailleurs ce pourquoi, les acteurs du secteur souhaitent une organisation conséquente de la filière pour plus de dividendes. « Notre souhait est de voir l’ensemble des producteurs de volaille au sein d’une union, pour plus d’efficacité dans le secteur », a souhaité Moussa Sayaogo.

 

 

Tag(s) : #Economie

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