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Le gouvernement nigérian s’est finalement refusé à soumettre un dossier de sa révision

 

Le ministre nigérian de la justice a fait savoir mardi 09 octobre dans la soirée, que son pays ne demanderait pas une révision de la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), qui le 10 octobre 2002 avait reconnu la souveraineté du Cameroun sur la presqu’ile de Bakassi, située entre les deux pays, mais dans des eaux territoriales camerounaises. Cette décision du Nigéria intervient alors que le délai pour formuler cet ultime recours dans le cadre de l’affaire Bakassi expire ce mercredi 10 octobre 2012. Après cela, la presqu’île appartient définitivement au Cameroun et plus aucun recours n’est admis. Mouhamad Adoke explique la position de son pays par le fait qu’une initiative de cette nature, mal menée, peut conduire à un fiasco diplomatique. « Le gouvernement n’avait que deux jours pour boucler le dossier et n’était pas en mesure de réunir tous les éléments qu’il fallait pour introduire un recours crédible auprès de la Cour », a-t-il fait savoir selon des propos rapportés par des médias nigérians. Le président Goodluck Jonathan avait mis sur pied un panel pour discuter de la proposition de révision de cette décision, sur la pression des sénateurs de l’Etat du Cross River. Bakassi aujourd’hui est peuplé de près de 300 000 personnes qui ont gardé à l’esprit qu’ils sont des nigérians et ne veulent pas se trouver sous l’autorité de l’administration camerounaise.

 

© Africansuccess.org
 
Le gouvernement nigérian s’est finalement refusé à soumettre un dossier pour la révision de la décision de la Cour Internationale de Justice à propos de Bakassi. Photo: Goodluck Jonathan, Président du Nigéria

Côté camerounais, aucune position officielle n’a été donnée par les autorités. Officieusement, on apprend que le gouvernement a suivi l’évolution de ce nouvel épisode de revendications avec beaucoup d’attention. « Notre position n’a pas changé même si nous n’occupions pas Bakassi, l’île nous appartient. Le fait qu’on ait laissé des nigérians venir y faire la pêche ne signifie pas que désormais cette partie du territoire appartient au Nigéria, notre gouvernement le reconnaît, le gouvernement voisin aussi », s’est exprimé sur le sujet, une source proche de l’administration territoriale, dans un entretien privé. Le Cameroun semble aussi avoir reçu un soutien de poids à travers les Etats-unis, la France et la Grande Bretagne. Les ambassadeurs de ces pays ont fait savoir au ministre Camerounais des relations extérieures, que leurs administrations restaient attachées aux accords de Green Tree de 2008, cédant définitivement la péninsule au Cameroun. Ces différentes décisions politiques n’enlèvent pourtant rien à la réalité sur le terrain. De nombreux désaccords subsistent entre les populations et l’administration camerounaise. La pression est si forte que le gouvernement nigérian a promis à ses populations, qu’il discuterait avec le Cameroun, pour que les cas de violation des droits de l’Homme signalés par certaines organisations soient examinés et le cas échéant solutionnés. Le gouvernement fédéral annonce qu’il ne ménagera aucun effort, pour que ses populations installées à Bakassi, puissent bénéficier d’un meilleur traitement. Cela inclut des négociations pour racheter l’île, et des discussions avec les hautes autorités du Cameroun. En attendant, il exhorte les populations à rester calmes.

Tag(s) : #Politique

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