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Fonds Mobutu, Duvalier, Marcos ou Abacha ; qui mettrait sa main à couper que les retentissants scandales liés aux comptes suisses de potentats sont aujourd’hui une période révolue de l’histoire suisse ? L’ouverture désormais possible de nouvelles enquêtes en France pourrait montrer que les clans les plus corrompus d’Afrique n’ont pas tous renoncé à leurs liens avec la Suisse. Le rôle de la place financière apparaît en effet en marge des embryons d’enquêtes menées jusqu’ici en France et aux États-Unis. Exemples.

 

Le jet de Teodorin

Protégés par les sociétés pétrolières américaines, le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang et son fils Teodorin se sont longtemps sentis intouchables aux États-Unis. Une idylle qui s’est lézardée, en 2004, avec une enquête menée par le Sénat américain. Celle-ci démontrait que le clan Obiang avait accumulé une fortune de 700 millions de dollars auprès de la Riggs Bank de Washington. Découverts, les comptes furent aussitôt fermés et l’argent dispersé. Où donc ? Le mystère reste aujourd’hui entier, mais les associations anticorruption qui se sont intéressées à l’affaire pointent du doigt la France, mais aussi la Grande-Bretagne et la Suisse.

Les déboires américains de la Riggs n’ont pas dissuadé le fils Teodorin d’y mener grand train, dès 2005, en achetant une villa à Malibu pour 35 millions de dollars, une collection de voitures de luxe et un jet privé pour 33 millions. Beaucoup pour un ministre des Forêts dont le revenu officiel n’est que de 4’000 dollars par mois. Fin 2007, une enquête conjointe des autorités américaines et françaises a permis de remonter à l’origine de quelques-unes de ces dépenses.

Il s’avère par exemple que le jet acquis en 2006 par Teodorin, un Gulfstream V, a été acheté comptant à la société suisse Jet Aviation. Les virements, d’un total de 33,4 millions de dollars, sont passés par UBS à Londres et à New York. Des recherches du Temps montrent que l’avion, immatriculé aux îles Caïmans, s’est posé à plusieurs reprises à Genève, où il a été photographié par des amateurs. Abandonnées à ce stade, les enquêtes françaises et américaines n’ont pas permis d’éclairer davantage les relations du clan Obiang en Suisse.

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Succession d’Omar Bongo

Élu à la présidence de la République gabonaise au décès de son père Omar en 2009, Ali Bongo est lui aussi dans le collimateur des associations françaises. Tout en affirmant vouloir tourner la page des pratiques crapuleuses de son père, Ali Bongo s’est offert un hôtel particulier à Paris pour 130 millions de francs suisses en mai dernier. Ali serait par ailleurs en bisbille avec sa sœur, Pascaline Bongo, décrite comme la « gestionnaire de la fortune paternelle ». Une succession difficile qui se tramerait en partie à Genève.

Un autre cas embarrassant est celui d’Atiku Abubakar, un ancien haut fonctionnaire des douanes nigérianes aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle. Un rapport d’enquête du Sénat américain a révélé en février dernier qu’Atiku Abubakar avait confié des millions de dollars issus de la corruption aux bons soins d’un homme d’affaires italien basé en Suisse. Ce dernier s’était chargé de transférer ces fonds incognito aux États-Unis par le biais de la banque privée zurichoise Wegelin. |

Tag(s) : #Société
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