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Elisabeth Ngo Yomkil, représentante de la compagnie aérienne à Kinshasa en 2001, soutient avoir été menacée par des hommes armés.

C’est à l’audience du 26 août 2011 qu’Elisabeth Ngo Yomkil sera fixée sur son sort. Celle qui occupait les fonctions de représentante de la Cameroon Airlines (Camair) à Kinshasa au moment des faits en 2001, est accusée par la défunte compagnie aérienne nationale de détournement de la somme de 37 millions de Fcfa des caisses de l’entreprise.
L’audience du mardi, 19 juillet 2011 au Tribunal de grande instance (Tgi) de Douala, était consacrée à la «Cros examination» (interrogatoire de l’accusé par les avocats de l’accusation), à la «réexamination» (deuxième interrogatoire de l’accusé par ses conseils), ainsi qu’aux plaidoiries et réquisitions du ministère public.

Selon Me Patrice Um, conseil de la défense, Elisabeth Ngo Yomkil a été agressée par des hommes armés à Kinshasa le 12 juillet 2001 alors qu’elle revenait du service. A en croire l’avocat, cette dernière a été menacée de mort par les présumés agresseurs. Avant leur départ, ces hommes lui ont signifié qu’ils reviendraient prendre de l’argent. Prise de panique dans ce pays en guerre (République démocratique du Congo), rendez-vous a été donné aux malfrats le 16 juillet 2001. A l’insu de ses dirigeants, celle qui occupaient les fonctions de représentante de la Camair à Kinshasa a pris des caisses de l’entreprise 37 millions Fcfa qu’elle a remis aux hommes armés afin d’avoir la vie sauve. Telle est l’explication donnée par l’avocat de l’accusée.

«Excuse de responsabilité»
Une version que les conseils de l’accusation ont du mal à partager. Ces derniers demandent les preuves qui attestent que l’accusée a été menacée par des hommes armés. Les conseils de l’accusation soutiennent également qu’Elisabeth Ngo Yomkil n’aurait pas dû agir sans prévenir sa hiérarchie. «Il y a eu violation de la procédure de retrait d’argent et cet argent n’a pas été utilisé pour les intérêts de la Camair. Donc, il y a détournement», soutient l’accusation. «Il fallait que je sauve ma vie, et que je protège les intérêts de l’Etat du Cameroun», se défend l’accusée. Ses avocats affirment qu’il n’y a pas eu décaissement frauduleux. Ce d’autant plus que : «Après qu’elle soit hors de danger, elle a elle-même prévenu sa hiérarchie du retrait d’argent effectué dans les caisses de l’entreprise. Cela n’a pas été constaté par le caissier», explique Me Patrice Um.

Selon l’accusée, Yves Michel Fotso, administrateur directeur général de la Camair au moment des faits, a proposé de supporter la moitié des pertes et l’autre moitié revient à la Camair. Ce qui est fait par des retenues sur salaires. Somme entièrement payée. Et ce n’est qu’au moment où Dakayi Kamga prend les rennes de la compagnie aérienne que les choses changent.
Le nouveau patron de la Camair engage alors une action contre Elisabeth Ngo Yomkil en «dénonciation calomnieuse et détournement de deniers publics». La Camair, qui s’est constituée partie civile, demande les intérêts civils d’un montant de 15 millions Fcfa représentant les dommages et intérêts. La défense «plaide l’excuse de responsabilité parce qu’il y a eu violence». Et de poursuivre : «On lui a pointé une arme sur la tempe, on l’a menacée. Si elle était morte, ce procès n’aurait pas eu lieu».

Tag(s) : #Economie

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