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A part un numéro spécial du journal Le Messager, l’anniversaire de sa mort passe presqu’inaperçu au Cameroun. Ce samedi 14 juillet aura lieu une commémoration au Canada

 

Il y a deux ans (12 juillet 2010) Pius Njawe, le père de la presse libre au Cameroun disparaissait dans un accident de voiture aux États-Unis d’Amérique. Le Messager, quotidien que ce journaliste camerounais a fondé à l'âge de 22 ans y a consacré une « Une » spéciale pour se souvenir de lui. Au canada et aux Etats-Unis, des camerounais de la diaspora ont prévu d’organiser une cérémonie de commémoration.  Pius Njawe sa vie durant aura été un homme de combat, mais pas un homme politique. « Je ne me situe pas par rapport à une gauche ou à une droite idéologique. Je me situe par rapport aux réalités, je ne fais pas de combat idéologique. S’il se trouve que les causes que moi je défends s’inscrivent dans le programme des gens qui sont à gauche, c’est tant mieux. A ce moment-là, il appartient aux autres de me définir par rapport à mon combat, je ne voudrais pas avoir de coloration politique. Je suis un journaliste, j’entends le rester. Il y a des choses que j’ai décidé de défendre. Je les défends. Si ça correspond à un programme politique, c’est très bien. Mais seulement, je ne voudrais pas qu’on m’identifie à ceux qui mènent ce combat politique », avait-il déclaré, dans une interview accordée au journal la nouvelle expression. Personnellement il était loin du journalisme de justicier et se refusait à ce que son métier soit vu comme tel.  « Vous savez que nous n’avons pas de pouvoirs qu’ont les pouvoirs politiques, Nous avons simplement nos plumes pour dénoncer. Nous dénonçons, nous rendons publics les agissements des gouvernements qui musellent la presse. Nous engageons des actions concertées avec d’autres organisations qui défendent la liberté de la presse et des Droits de l’Homme. Nous sensibilisons l’opinion Internationale sur le phénomène. Nous sensibilisons nos confrères étrangers sur le phénomène et nous en appelons chacun pour qu’il en fasse larges échos afin qu’il y ait des pressions sur nos gouvernements pour qu’ils cessent de créer des exactions à l’endroit de la presse », avait-il fait savoir parlant du combat contre la censure.
 

 


Numéro spécial du Messager

En 1979 il fonde le journal Le Messager au sein duquel il travaille comme directeur général jusqu'à sa mort survenue le 12 juillet 2010 dans un accident de la circulation aux États-Unis où il se trouvait dans le cadre d'un meeting des forces de l'opposition camerounaise avec pour but l'alternance au sommet du pays en 2011. Ce groupe fait l'objet de nombreuses censures et pressions diverses par le régime du président Paul Biya. Pius Njawé a été emprisonné à plusieurs reprises, notamment à la fin des années 1990, mais il a continué à dénoncer la situation critique du journalisme indépendant au Cameroun. Il perd son épouse Jane Njawé dans un accident de la circulation survenu au Cameroun ; et il fonde par la suite l'association « Jane & Justice » pour la sécurité routière et la prévention des accidents. Pius Njawé a été lauréat du Prix de la libre expression en 1991 et de la plume d'or de la liberté en 1993. Les circonstances de sa mort n’ont jusqu’ici pas été toujours élucidées. Son journal, son héritage continue de paraître, informant les camerounais, mais aussi continuant l’œuvre débutée par lui.

Tag(s) : #People
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