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Cixi, femme ambitieuse et énergique, a dirigé les affaires chinoises pendant près d'un demi-siècle, de 1861 à 1908, en tant qu'impératrice douairière (autrement dit, veuve du précédent empereur).

Méfiante à l'égard du changement, elle a figé l'empire du Milieu dans ses structures archaïques, accélérant sans doute de la sorte la chute de la dynastie mandchoue.

Son destin romanesque a inspiré la romancière américaine Pearl Buck qui lui a consacré l'un de ses livres les plus célèbres : Impératrice de Chine (1956, Livre de poche).

Béatrice Roman-Amat.
Une concubine au sommet

Issue d'une famille de l'aristocratie mandchoue, Cixi est introduite à la cour des Qing, les empereurs d'origine mandchoue, à l'âge de 16 ans. En 1852, elle devient la concubine de l'empereur Xianfeng dont le mariage avec l'impératrice Ci'an est resté stérile. Elle lui donne un fils, le futur empereur Tongzhi.

Lorsque Xianfeng meurt prématurément le 22 août 1861, à l'âge de trente ans, elle devient régente au nom de son fils mineur.

Celui-ci arrive à la majorité en 1873 mais est emporté deux ans plus tard par la petite vérole, ce qui permet à Cixi de conserver les rênes du pouvoir. Elle obtient que le fils de sa sœur et de son beau-frère, âgé de seulement quatre ans, soit désigné comme successeur au trône, en violation des règles dynastiques mandchoues. Cixi est à nouveau désignée comme régente.

Elle est confrontée aux rébellions qui secouent les campagnes chinoises, et notamment celle des Taiping, menée dans la province de Nankin par le «Roi Céleste», qui dure quinze ans. Cette tentative de renversement de la dynastie Qing est finalement matée dans le sang grâce au soutien apporté par les Anglais et les Américains à l'armée impériale.

Devenu majeur, l'empereur Guangxu s'attire l'ire de la douairière Cixi en voulant exercer la réalité du pouvoir. Il s'entoure de réformateurs influencés par l'action de l'empereur japonais Meiji et les idées occidentales, écartant les aristocrates mandchous, gardiens des traditions. Ces derniers font front avec l'impératrice Cixi et l'armée pour faire échouer cette tentative de libéralisation de l'empire.

Cixi, qui vit dans la Cité interdite au milieu de ses eunuques, considère les Occidentaux comme des Barbares et leurs modes de pensée comme un danger.

Échec des réformes

Le 20 septembre 1898, l'armée encercle la Cité interdite. Cixi fait exécuter tous les conseillers de l'empereur qui tombent entre ses mains et casse tous les décrets qu'il a pris. C'est la fin d'une période réformiste qui n'a duré que 100 jours. Elle déclare Guangxu faible d'esprit et incapable de gouverner. L'empereur n'est pas détrôné mais enfermé dans un pavillon de la Cité interdite (la résidence impériale), dont il ne ressortira plus jamais. Cixi pourra ainsi régner en son nom jusqu'à sa mort.

Voulant exploiter le patriotisme chinois et l'orienter contre les étrangers plutôt que contre les Mandchous, Cixi cherche à instrumentaliser la révolte des Boxeurs (en anglais Boxers), une secte millénariste xénophobe.

En 1900, elle les appelle à débarrasser Pékin des étrangers. Les Boxeurs massacrent alors les chrétiens chinois et les prêtres et assiègent les légations où les étrangers étaient réfugiés. Cependant, les Occidentaux organisent un corps expéditionnaire pour mettre fin aux émeutes. Cixi doit fuir Pékin, déguisée en paysanne, puis accepter un traité humiliant pour la Chine, qui prévoit le paiement de réparations pendant quarante ans.

Après les victoires japonaises contre la Russie en 1904-1905, Cixi se rallie enfin à l'idée de réforme prônée par son conseiller, le vice-roi Yuan Shih-kai.

Ce dernier, qui a servi l'empereur libéral Guangxu avant de le trahir, instaure sans attendre une Cour de contrôle administratif et constitutionnel qui prépare une Constitution. Il institue le 27 août 1907 des conseils provinciaux, ébauche d'une représentation parlementaire. Mais ces réformes viennent trop tard pour obtenir le ralliement du mouvement libéral, devenu antidynastique. Réfugié au Japon, l'un de ses chefs, Sun Yat-sen, demande que l'empire soit remplacé par une république socialiste.

La mort à un jour d'intervalle, les 14 et 15 novembre 1908, de l'empereur Guangxu et de l'impératrice Cixi, met un terme aux tentatives de Yuan Shih-kai. Celui-ci est écarté par le prince Chun, qui est le père du nouvel empereur, Pu Yi (ou Puyi), un enfant de 3 ans.

Ultime crime

L'empereur cloîtré Guangxu meurt en 1908, empoisonné à l'arsenic. Des indices concordants publiés en 2008 semblent indiquer que son assassinat aurait été commandité par Cixi et exécuté par un de ses eunuques, qui aurait porté du yaourt empoisonné à l'empereur.

Cixi était alors elle-même mourante et n'aurait pas voulu disparaître avant son neveu. La vieille impératrice mourut le lendemain même, désignant son petit neveu Pu Yi comme empereur. Il fut le dernier à monter sur le trône chinois, bientôt renversé par la révolution de 1911.

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