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Les problèmes fonciers à l’Ouest ne sont pas seulement le fait de mercenaires burkinabè qui écument la région. Dans bien de cas, des fils de la région sont trempés jusqu’au coup, comme c’est le cas à Bloléquin. Une mission parlementaire séjourne actuellement dans les régions du Cavally et du Guemon pour tenter de booster le processus de réconciliation nationale mais aussi et surtout pour s’informer sur les questions récurrentes de conflits fonciers à la base parfois des violences dans l’ouest du pays. Contrairement aux étapes de Taï, Zagné, Toulepleu, Méo (Cavally), ce lundi, l’étape de Blolequin ce mardi a été toute particulière. Comme d’habitude d’ailleurs, certains politiciens, voulant nager en eaux troubles pour mieux masquer leurs forfaitures, ont posé des préalables à la mission parlementaire forte de 11 députés conduite par le vice-président de l’Assemblée nationale, Oula Privat. Ainsi, ces politiciens – au nombre desquels monsieur Alphonse Kahi, homme de main du ministre du Commerce Dagobert Banzio – ont demandé une rencontre préalable avec les parlementaires avant que ceux-ci ne puissent échanger avec les populations. Selon Kahi Alphonse, il y a des questions sensibles que les députés ne peuvent aborder avec les populations de cette localité. Mais quelles sont ces sujets aussi cruciaux sur le foncier que les populations ne doivent pas apprendre aux représentants de la nation ? En réalité, celui-ci a sollicité cette rencontre préalable pour mieux détourner l’attention des députés et éviter que ceux-ci se rendent compte de la vérité à Blolequin. Où il se développe une véritable mafia autour de vente des forêts classées. Il se murmure d’ailleurs que 35 millions de francs ont été perçus par des personnalités sur place pour permettre à des dizaines de burkinabè d’investir en toute quiétude la forêt classée du Goin-Débé. En tout cas, les parlementaires ont dû certainement faire le constat d’eux-mêmes sur le terrain de cette forfaiture à Blolequin où également le processus de réconciliation est à la traine. Puisque selon toute vraisemblance, des personnes s’y opposent particulièrement, dans cette localité.
Par exemple, contrairement à Toulepleu où la ministre Anne Ouloto sollicite le concours de tous les cadres, tous bords politiques confondus, à Blolequin, tous les leaders ou personnes proches de l’ancien régime ou supposées comme telles sont sans toute forme de procès écartées de toute initiative. Toute chose qui plombe le processus de réconciliation. D’ailleurs, la ville de Blolequin enregistre le plus faible taux de retour des réfugiés dans l’ouest. En tout cas, le ministre du Commerce est accusé de tirer les ficelles en actionnant son homme de main, Alphonse Kahi, qui se fait abusivement appeler adjoint au maire et exerce dans les faits ses prérogatives. Des biens de l’Etat détournés. Aussi, monsieur Kahi est soupçonné de barder les biens de l’Etat. En effet, des buses appartenant au ministères des Infrastructures économiques qui devaient servir à faire des ponts sur la route Blolequin-Péhé en passant par Tinhou ont été détournés et bradés à environ 1,5 million à une société de construction basée à Guiglo. Et sur cette question, le préfet aurait décidé de porter cette affaire devant les tribunaux, selon des confrères sur place. 
Par Benjamin Silué

Les graves dérives du ministre du Commerce

«On ne peut pas s’inscrire de façon permanente dans la vengeance. Réconcilions-nous et pensons à nos difficultés. Le développement est politique. Mais c’est la politique négative qu’on ne veut pas. Celle qui tue, qui brûle. Parlons à nos frères qui sont au Liberia, au Ghana. Demandons-leur de revenir avec des idées positives pour que dans la paix, nous puissions réparer tous les dommages. Tirons un trait sur le passé et regardons devant en préservant les vivants dans la paix et reconstruire le développement de la souspréfecture de Tinhou et le développement de Bloléquin. (…) On ne peut pas s’autodétruire et détruire notre région. Regardez ce que les parents ont vécu à Taï. Il faut que cela s’arrête. Que ce soit nous-mêmes ou des réfugiés. Qu’ils soient de Toulepleu, de Bloléquin, de Guiglo (…), nous ne sommes pas les seuls en Côte d’Ivoire. A Gagnoa, la vie continue. Les choix ont été faits, des options vont prospérer et vous n’êtes pas absents de tout cela». Ce sont là des propos tenus samedi 23 juin dernier, à l’auditorium de la Caistab au Plateau, à l’occasion de l’investiture du bureau exécutif de la mutuelle de la sous-préfecture de Tinhou, dans le département de Bloléquin dont il est originaire. Une sortie d’une extrême gravité, à en juger non seulement par son caractère ethno-tribaliste mais aussi par les accusations qu’il porte contre une frange importante de la population, à l’origine, selon ses dires, des violences qui continuent d’endeuiller l’ouest du pays. D’un, il établit une comparaison de mauvais aloi entre la situation dans le pays wê et celle qui prévaut à Gagnoa, région dont est originaire le président Laurent Gbagbo. Il aurait voulu jeter les populations de Gagnoa à la vindicte populaire qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Aussi le militant du PDCI qui comprend difficilement pourquoi les populations de l’ouest sont très attachés à la personne de Laurent Gbagbo tentet- il, par ses propos tribalistes, d’opposer Wê et Bété. Deuxièmement, alors que rien ne permet de le démontrer, il accuse des partisans du président Gbagbo et du FPI d’être à l’origine des attaques qui ont causé la mort de sept casques bleus onusiens à Taï. Même quand il appelle les populations à se réconcilier, il ne manque pas de souligner qu’il y a d’un côté les bons, c’est-à-dire ses partisans, et de l’autre ceux qui font «la politique qui tue, qui brûle». «Parlons à nos frères qui sont au Liberia, au Ghana. Demandons-leur de revenir avec des idées positives pour que dans la paix, nous puissions réparer tous les dommages », stigmatise-t-il les réfugiés pro-Gbagbo encore au Liberia et auquel il tend un traquenard, comme tous les autres leaders du RHDP, en les exhortant à rentrer chez eux. Incapable de maitriser la flambée des prix des denrées de première nécessité, il se découvre des talents de propagandiste. Là où excelle le RHDP qui est en train d’asseoir progressivement une dictature dont la Côte d’Ivoire pourrait mettre longtemps à se relever si l’on y prend garde.

 

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