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Les contestations populaires dans le monde arabe arrivent à point nommé pour le camarade Gbagbo dont les supporters et particulièrement les patriotes ont donné le ton à Abidjan par leur opposition farouche à l’attentat de coup d’état constitutionnel de Sarkozy et d’Obama. Quand le peuple  dit non, c’est non ! Voici en termes très simples la leçon à tirer de ces contestations. Et à moins de le comprendre, Sarkozy et Obama en feront les frais, qui perdront des partenaires importants en Afrique. A deux niveaux,  Gbagbo a bien de la chance que ce message qu’il essaie de relayer pacifiquement depuis près de dix ans aux pays occidentaux, leur arrive de façon plus brutale par les révolutions du monde arabe. D’abord, il faut espérer que les Occidentaux comprendront qu’à supporter les dictateurs et les autocrates, l’on finit toujours par se brûler les doigts. Quoi que l’on dise, et malgré les contorsions par lesquels ils essaient de nous prouver le contraire, la fuite de Ben Ali et la chute de Moubarak sont des échecs cuisants pour Sarkozy et Obama. Ce sont une illustration de la faillite de la politique de confortation des autocrates africains par les pays occidentaux. Les événements du monde arabe refroidiront certainement l’ardeur des occidentaux qui savent lire l’histoire à vouloir vaille que vaille installer en Côte d’Ivoire un président vomi du peuple et qui a perdu aux urnes (Ouattara) ce qu’il a naguère recherché par la rébellion. Ensuite ce sont les autocrates africains, qui à l’occasion de la crise ivoirienne se sont inaugurés autorités morales (les Wade, les Kadhafi, les Compaoré, les Biya, les Nguesso, les Eyadema, les Bongo, etc.), qui devront craindre pour leur lendemain. La bourrasque de contestations risque de les emporter avant la fin de cette année ; car si Gbagbo, lui, a l’appui de la majorité de son peuple, eux, par contre, sont loin de jouir d’une popularité nationale en dépit du fait que nombreux d’entre-eux sont élus et réélus par des scores ahurissants (70-80%). L’on comprendra donc pourquoi Sarkozy veut précipiter les choses en Côte d’Ivoire en ordonnant la fermeture des banques françaises. Il lui faut absolument avoir raison sur Gbagbo avant la chute de ses pantins. Les choses avancent vite. La Lybie est déjà en feu. La prochaine étape pourrait bien être le Sénégal, le pays du plus gros pantin français.     

 

L’Ivoirien est-il psychologiquement préparé à boycotter les produits français ? M. Frindéthié

La France livre une guerre économique à la Côte d’Ivoire, qui mérite que lui soit appliquée une réplique réciproque. Si l’Ivoirien en avait vraiment la volonté, il saurait mettre l’économie de la France, certainement pas totalement à genoux, mais au moins en péril. En dépit de ce que la France annonce à tout bout de champ que l’Afrique ne lui est pas indispensable, l’essentiel de l’économie française repose sur la relation abusive que la France entretient avec l’Afrique, et l’Afrique francophone en particulier. Le plus grand marché des industries françaises se trouve en Afrique ; et sur le continent africain, l’ivoirien est le plus gros consommateur de produits français. L’industrie française ne produit rien de compétitif qui puisse se vendre ailleurs que sur les marchés africains dont la France a fait depuis des décennies sa chasse gardée. La France n’exporte ni en Europe ni en Amérique encore moins  en Asie autre chose qui ne soit de la « bouffe ». L’on peut rouler sur des milliers de kilomètres en Amérique, en Asie et en Australie sans voir une seule voiture de marque française. C’est tout simplement parce que les automobiles françaises, connues pour leurs anémies technologiques ne se vendent nulle part ailleurs qu’en Afrique où la France, de par une publicité agressive et coercitive, fait croire aux Africains qu’elles sont conçues pour l’Afrique. La France n’a jamais rien su construire d’elle-même qui puisse se vendre sur un marché compétitif. Si aujourd’hui, pour donner une leçon de réciprocité à la France, l’Ivoirien, le plus gros consommateur africain du « made in France », se mettait à boycotter les produits français, il ferait plier l’échine à la France. Pour que cela se fasse vraiment il faudrait que l’Ivoirien, qui aime son assujettissement à la France, qui chaque jour supplie la France afin qu’elle le mette davantage en esclavage, qui n’est heureux que dans sa soumission à la France, qui cultive sa propre victimophilie par sa francophilie maladive, pour que cela se fasse dis-je, il faudrait que l’Ivoirien à la mentalité d’esclave se mette d’abord à boycotter sa propre mentalité d’esclave pour se concevoir en dehors de la France.


Tag(s) : #Politique