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Olusegun Obasanjo

 

 

 

 

 

Tel est pris qui croyait prendre. Après les prises de positions tranchées et les menaces de la communauté internationale de débarquer par la force Laurent Gbagbo, président proclamé par le Conseil constitutionnel à l’issue du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, l’heure semble être plus que jamais aux tractations. L’Union africaine, la CEDEAO, multiplient l’envoi d’émissaires en Côte d’Ivoire. C’est ainsi que le week-end écoulé, l’ancien président nigérian, Olesegun Obasanjo, a séjourné sur les bords de la Lagune Ebrié au nom de la CEDEAO.

Objectif de cette visite non médiatisée : convaincre Gbagbo de lâcher prise sans y avoir été contraint par la force. Cette attitude appelle deux observations. Les Africains croient plus que jamais aux vertus du dialogue. L’issue pacifique de la crise semble désormais être la priorité. Cependant, cette floraison d’émissaires agissant pour le compte de la CEDEAO ne traduit-elle pas un manque de clarté dans l’approche des dirigeants de cette institution qui, dès les premières heures de la crise, avaient brandi la menace de la glaive pour faire plier l’enfant de Mama ? A l’allure où vont les choses, Laurent Gbagbo verra passer un bon nombre d’émissaires. Après Tabo Mbeki, l’ancien président sud-africain, pour le compte de l’Union africaine, la CEDEAO a dépêché coup sur coup trois vagues d’émissaires.

Les présidents béninois, cap-verdien et sierra-léonais s’y sont pris par deux fois à Abidjan pour tenter de faire passer le message de la communauté sous-régionale : le départ pacifique du président sortant. La mayonnaise a visiblement du mal à prendre et c’est ce qui explique l’arrivée presque incognito de Olesegun Obasanjo, ancien président nigérian à Abidjan. On dit de lui qu’il a de bonnes relations avec le président Gbagbo. Mais pourra-t-il réussir là où ses prédécesseurs ont échoué ? Avec ce ballet des émissaires, Laurent Gbagbo est désormais à l’aise pour jouer avec les nerfs de la communauté internationale et de ceux de ses adversaires, notamment Alassane Dramane Ouattara qui préconise son enlèvement commando. Une opération techniquement possible mais dont on ignore les chances de succès et les répercussions au sein de la sous-région.

La CEDEAO se serait, en fin de compte fait une raison : négocier le départ de Gbagbo jusqu’au bout. Cela prendra le temps qu’il faut, n’en déplaise à tous ceux qui sont pressés de mettre un terme à l’ère Gbagbo. Patience donc ! Le revers de la médaille est que le clan Gbagbo tisse sa toile de soutien et, au besoin, cherche à fragiliser la cohésion au sein de la CEDEAO. La conférence épiscopale ivoirienne s’est clairement prononcée pour un dénouement pacifique. Ce faisant, elle isole Mgr Agré, archevêque émérite, qui avait eu des propos plus ou moins tendancieux et partisans. L’église catholique, d’une certaine façon, se remet en selle et pourrait servir au plan national d’interlocuteur éventuel pour des négociations entre les deux camps.

Les évangélistes, dont le président sortant n’a de cesse de revendiquer son appartenance, sont très mal placés aujourd’hui pour donner des leçons parce que traités de complices de ce qui est arrivé. Pour l’heure, Gbagbo a encore l’essentiel des cartes en main. Il s’agit pour lui de savoir quitter les choses avant qu’elles ne le quittent. Il est difficile de penser que la communauté internationale, après avoir mis une telle pression sur l’enfant de Mama, se rebiffe. Les tractations actuelles ou les valses-hésitations de la CEDEAO, ne sauraient être interprétées comme des points marqués par le clan du président Gbagbo. La communauté internationale a signé la fin de son mandat depuis qu’elle a reconnu la certification des résultats par l’ONUCI. Le reste n’est qu’une question de temps. Malheureusement, diront les va-t-en guerre.

Abdoulaye TAO

Le Pays

Tag(s) : #Politique
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