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Le scrutin présidentiel du 22 Octobre 2000, selon les dires des observateurs de la vie politique ivoirienne, enregistra un très faible taux de participation des électrices et des électeurs ivoiriens. La raison ? A cette élection présidentielle, la Cour Suprême écarta injustement les candidats issus du PDCI et du RDR en général, et en particulier M. BEDIE et M. Ouattara, considérés comme des dinosaures du microcosme politique ivoirien, imposant ainsi au peuple souverain de choisir entre un Général putschiste, perçu comme un bourreau de la démocratie, et un civil, soupçonné d'intelligence avec ce dernier .

L'on comprend alors le peu d'engouement des électeurs nationaux qui, devant ce dilemme, décidèrent de porter leur choix sur le principal candidat civil, coupable, certes, de collaboration étroite avec le président du CNSP (Comité National de Salut Public), mais considéré comme le moindre mal, le Général GUEI incarnant à leurs yeux le pouvoir militaire dans toute sa brutalité et évoquant l'avènement, sur le sol ivoirien, des tristes P.C crises et des milices telles que COSA NOSTRA, CAMORA et les BRIGADES ROUGES, créées par " ses jeunes gens venus sauver la Côte d'Ivoire en danger ".

1. Les conditions de l'accession de Laurent Gbagbo au pouvoir

Le Général GUEI et Laurent Gbagbo se déclarent tous les deux vainqueurs de cette élection et, le 26 Octobre, ignorant royalement la procédure constitutionnelle, M. Gbagbo s'autoproclame Président de la République, alors que le Général GUEI clame que le FPI a eu recours à la fraude et trafiqué les résultats, affirmant même que le Parti de son adversaire a convoyé des milliers d'électeurs d'Abidjan pour aller voter à Lakota et à Gagnoa, régions entièrement acquises à Gbagbo.

Laurent Gbagbo lance alors un appel solennel au peuple dans lequel il lui demande de descendre dans la rue pour empêcher qu'on ne lui vole sa victoire. En réponse à cet appel, des milliers d'Ivoiriennes et d'Ivoiriens, toutes tendances politiques confondues, descendent dans la rue ; résultat : des centaines de morts.

La proclamation officielle des résultats, contre toute attente, offre au monde entier un spectacle étrange : celui de la rupture totale et définitive entre le RDR et le FPI, naguère réunis au sein d'une alliance sacrée, le Front Républicain. 

Des manifestations sont organisées par les responsables du RDR dont les militants envahissent les rues de la capitale économique, Abidjan, à l'effet de contester pacifiquement la prise du pouvoir par M. Gbagbo, responsable, selon eux, de la sortie des représentants de leur Parti du deuxième gouvernement de Transition militaro-civile (il convient de rappeler ici la plainte de M. Gbagbo qui réclamait un traitement préférentiel dans le partage des postes ministériels et sa menace expresse de retrait de son Parti de ce gouvernement, si sa requête n'était pas agréée), ainsi que l'exclusion de Mr Ouattara de cette élection. 

Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) tirent à balles réelles, sans sommation, sur la foule des manifestants du RDR: la Côte d'Ivoire est, dès lors, irrévocablement prise dans la spirale de la violence, car des centaines d'êtres humains sont encore massacrés, au cours de ces manifestations, tandis que d'autres sont portés disparus. 

Quelques jours plus tard, c'est l'horreur : le peuple ivoirien hébété, constate que cela n'arrive pas qu'aux autres, quand il découvre, pour la première fois sur son sol, l'existence d'un charnier à Yopougon où gisaient des dizaines de corps pour la plupart nus, criblés de balles et portant pour certains, des plaies béantes, empilés les uns sur les autres.

Telles sont les conditions dans lesquelles Laurent Gbagbo va s'installer dans le fauteuil présidentiel, conditions qui ont fait dire à nombre d'analystes politiques : " qu'il a dû enjamber des cadavres d'innocentes victimes, pour accéder au pouvoir d'Etat. "

2. L'avènement de Laurent Gbagbo au pouvoir et son impact social et politique sur la vie de la Nation

Les violences meurtrières, les bains de sang, les exécutions sommaires, les rancœurs et l'esprit de vengeance qui ont prévalu à l'avènement au pouvoir du FPI, le 26 Octobre 2000, imposaient au Président fraîchement élu et à son Parti d'engager la Cote d'Ivoire dans un processus d'apaisement des cœurs et des esprits en vue d'assurer à notre pays la Paix et la Stabilité par des actes concrets, tendant à réconcilier l'ensemble des Ivoiriennes et des Ivoiriens entre eux. 

Cela était d'autant plus important que, malgré la légalité que conférait au nouveau pouvoir la proclamation officielle des résultats du scrutin présidentiel par le Conseil Constitutionnel, M. Gbagbo n'avait pas la légitimité pleine et entière, nécessaire pour conduire sereinement les affaires de l'Etat, en raison de la vive contestation, au plan national, d'une frange importante de la population et, au plan international, des voix qui se faisaient de plus en plus entendre quant à la nécessité d'une reprise de l'élection présidentielle, voix qui émanaient surtout de certains chefs d'Etat africains. 

Le peuple avait, certes, accepté le verdict constitutionnel, mais attendait de la part du nouveau pouvoir, des initiatives allant dans le sens de la restauration de la Paix, de la relance de l'économie et du développement, surtout que, lorsqu'il était dans l'opposition, M. Gbagbo n'avait eu de cesse de pourfendre le régime PDCI, de porter des attaques acerbes contre ses hauts cadres qu'il traitait d'incompétents et de voleurs, se faisait passer pour le chantre de la démocratie en Côte d'Ivoire et donnait du FPI, l'image de la seule poche de moralité, à travers moult déclarations et promesses mirobolantes.

L'on attendait donc de voir à l'ouvrage le nouveau pouvoir, pour le juger.

La refondation

Dès la prise de fonction de Gbagbo, les stratèges du FPI posent le diagnostic du mal dont souffrirait la Cote d'Ivoire : ce mal pernicieux qui rongerait notre pays depuis une dizaine d'années déjà, serait causé, selon eux, par la trop longue gestion du PDCI en général, et en particulier, par sa mauvaise gouvernance.

En conséquence, un gouvernement dit d'intellectuels composé essentiellement d'universitaires, est chargé, au vu de ce diagnostic, de conduire une politique dite de "Refondation " conçue par ses initiateurs comme étant la panacée susceptible de guérir et donc de sauver la Côte d'Ivoire, à savoir, reconstruire la société ivoirienne sur des bases et des valeurs nouvelles. 

La politique de Refondation telle qu'appliquée par les tenants du pouvoir FPI semblait, à la pratique, dirigée contre le PDCI et son Fondateur Houphouët-Boigny qu'ils accusent de tous les maux et notamment d'avoir ruiné la Côte d'Ivoire et privé ses habitants de leur liberté, le PDCI auquel le FPI entendait enfin donner des leçons pratiques de démocratie.

Il s'agissait, à les entendre, d'instaurer désormais en Côte d'Ivoire un ordre nouveau qui passe par la libération de la parole qui, selon eux, a été étouffée et confisquée pendant des décennies, de garantir à l'ensemble de leurs concitoyennes et de leurs concitoyens la liberté d'expression et de manifestation… , bref, de gérer autrement la Côte d'Ivoire, de mieux la gérer.

Le mystère des élections tronquées, les violences concomitantes et la chasse aux sorcières
Les élections générales qui ont suivi l'accession de Laurent Gbagbo au pouvoir ont malheureusement pris le contre-pied des nobles idéaux prônés par le FPI et son leader.

Les élections législatives et singulièrement les conseils généraux, pour un Parti qui a, hier, accusé le PDCI d'avoir assuré ses victoires électorales grâce " au bétail électoral " et donc à la fraude, sont entachés de nombreuses irrégularités et de fraudes massives jamais observées en Cote d'Ivoire.

Les conditions de succès des candidats investis par le FPI dans certaines circonscriptions, en l'occurrence des candidats totalement inconnus de nombre de leurs électrices et de leurs électeurs, les violences exercées avant, pendant et après ces élections et le climat de terreur entretenu en particulier dans les régions du Sud-ouest et de l'Ouest supposées favorables au FPI, à l'effet d'empêcher des citoyennes et des citoyens d'exprimer leur vote au motif qu'ils militent au PDCI et au RDR, les mauvais traitements réservés aux allogènes d'ethnies baoulé et dioula et la spoliation de leurs biens et notamment de leurs plantations, ont conduit la presse de l'opposition à dire que le FPI venait de " commettre le plus grand brigandage du siècle ".

Dans la gestion des affaires de l'Etat censée relever du domaine de la continuité, une importante chasse aux sorcières est aussitôt entreprise, qui frappe, selon des analystes, des milliers de cadres issus du PDCI et du RDR, dont la seule faute est leur appartenance à ces deux Partis.

A la vérité, conscients de ce qu'ils constituent une minorité, au plan sociologique, les responsables du FPI réalisent que leur maintien au pouvoir ne peut reposer que sur l'exercice de la discrimination et de l'exclusion de certaines couches sociales, au moyen de la violence, de la terreur et de l'intimidation et par l'application de la célèbre méthode romaine du " diviser pour régner ".

Ainsi, M. Ouattara est déclaré inéligible et ne pourra pas se présenter aux élections législatives dans sa circonscription d'origine, Kong.

De nouvelles conditions d'identification des populations sont définies, qui visent à exclure un grand nombre de militants du PDCI et du RDR.

Dans la pratique des choses, si les opérations de vote se déroulent le plus normalement du monde dans les circonscriptions électorales considérées comme des forteresses imprenables du FPI, dans les autres circonscriptions, par contre, de nombreuses entraves sont volontairement créées pour décourager les populations et priver les militants de l'opposition de cartes d'identité et de cartes d'électeur.

En outre, les cicatrices provoquées par les vieilles querelles sur le foncier rural sont rouvertes et deviennent sanguinolentes principalement dans la région de Gagnoa et de ses environs, région d'origine de Laurent Gbagbo, où des dizaines de milliers de paysans d'ethnie Baoulé acquièrent le statut de '' déplacés dans leur propre pays'', abandonnant des milliers d'hectares de plantation aux mains des autochtones tout heureux d'en être les nouveaux propriétaires et exploiteurs, avec l'onction des cadres issus de ces régions et notamment de certains responsables du FPI, agissant comme manipulateurs souterrains, alors que des dizaines d'autres planteurs Baoulés sont physiquement éliminés.

Les ressortissants Burkinabés et autres allogènes d'origine Malinké, ne sont pas épargnés par cette brusque poussée de l'intolérance identitaire, eux qui sont supposés être un soutien actif ou passif du RDR. Bref, tout se passe dans ces zones forestières comme si le mot d'ordre officiel du régime FPI de Laurent Gbagbo était de chasser tous les allogènes, pour permettre au FPI d'y régner en maître absolu, des milliers de travailleurs Burkinabé ayant été contraints à fuir la Côte d'Ivoire.

La situation sécuritaire est, dès lors, source de vive préoccupation, à preuve le harcèlement et les tracasseries récurrentes qui visent le RDR et ses militants et singulièrement ceux originaires de la partie Nord de la Côte d'Ivoire, à travers des contrôles d'identité intempestifs.

La psychose d'une atteinte à la sûreté de l'Etat s'installe même dans le subconscient des tenants du pouvoir FPI qui, suite à de folles rumeurs de complot ourdi contre la personne de Laurent Gbagbo, ordonnent l'arrestation arbitraire et l'incarcération de militants de l'opposition jugés suspects.

Observant scrupuleusement l'adage romain du " si tu veux la paix, prépare la guerre ", le pouvoir FPI jette en prison un ancien ministre PDCI passé au RDR, dont le domicile est même perquisitionné, au motif qu'il aurait tenu des propos de nature séditieuse dans une cabine téléphonique….

L'on constate, par ailleurs, l'émergence ex nihilo d'un phénomène nouveau en Côte d'Ivoire : celui des escadrons de la mort et des milices tribales qui exercent, de jour comme de nuit, et qui se spécialisent dans la traque et la liquidation physique des opposants à Laurent Gbagbo, semant ainsi la désolation dans les rangs du PDCI et du RDR, le RDR qui en paie un lourd tribut.

Ainsi des personnalités comme Emile Téhé, l'artiste " Camara H " et le Dr Benoit Dacoury Tabley, sont physiquement éliminés, alors que des cadres de la direction du PDCI sont harcelés : cas de M. Zady Kessy Marcel, vice-président du PDCI, qui se réfugie en France, pendant que des dizaines d'autres sont obligés de se terrer.

L'atmosphère de terreur et d'insécurité qui règne à Abidjan et les exactions qui y sont commises, selon un rapport du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, seraient le fait d'hommes proches du pouvoir FPI et notamment de la garde présidentielle et d'une milice tribale issue de l'ethnie de Laurent Gbagbo, des éléments qui opèrent dans les domiciles de leurs victimes, à l'heure du couvre-feu.

Le Forum de réconciliation nationale : un leurre 

Conçu préalablement comme étant la panacée à la fracture du tissu social ivoirien, à savoir analyser en profondeur les causes endogènes de la crise ivoirienne et proposer au peuple ivoirien des recommandations et des suggestions idoines de sortie définitive de cette crise, et dont l'apothéose fut la rencontre au sommet entre les quatre grands leaders politiques ( Gbagbo, Bédié, Ouattara et Guéi), ce Forum fut un échec patent.

La Côte d'Ivoire venait ainsi de rater l'occasion inespérée de se réconcilier avec elle-même et avec tous ses enfants, à cause de l'attitude coupable des responsables du FPI qui traitèrent M. Ouattara de " vagabond de la nationalité ", déclarèrent que la Côte d'Ivoire ne vivait pas de crise politique, allant jusqu'à nier la réalité du charnier découvert à Yopougon, au grand dam de la famille politique du RDR, le FPI dont la direction n'a eu aucun scrupule à tenir des propos haineux à l'encontre de certains Partis politiques et de leurs responsables (Laurent Gbagbo ayant révélé au cours de ce Forum que : " L'article 35 de la Constitution est fait pour régler le cas ADO "), toute chose qui a donné l'impression qu'une véritable mascarade venait d'être organisée pour servir de faire-valoir au pouvoir FPI désireux de redorer son blason.

Les conclusions et les résolutions de ce Forum furent, sans surprise, mises aux oubliettes.

Les graves menaces contre la liberté de la presse

Dans l'histoire de la Côte d'Ivoire indépendante, jamais la presse, dans son ensemble, ne s'est sentie aussi menacée.

En effet, Laurent Gbagbo, son clan et ses suppôts, dans leur tentative d'instaurer la pensée unique, ont suffisamment démontré leur haine et leur mépris pour les organes nationaux de l'opposition et même pour des chaînes de télévision et de radio étrangères dont certaines ont été interdites.

Jean Hélène, correspondant de Radio France Internationale (RFI), a été froidement abattu de deux balles dans la tête, devant les locaux abritant la direction de la Sûreté Nationale, à deux pas du Palais de la Présidence, par un agent des forces de l'ordre, un Sergent qui, paradoxalement, recevra de la promotion, peu de temps après.

Ce journaliste était à la recherche de l'information vraie relative à la libération de militants du RDR portés disparus pendant plusieurs jours, au profit de sa radio.

Quant à Guy-André Kieffer, un autre journaliste qui ne demandait, lui aussi, qu'à faire son travail, puisqu'il menait une enquête sur la filière du Café et du Cacao, porté disparu, il n'a jusqu'ici pas été retrouvé, malgré toutes les recherches.

Dans le milieu de la presse de l'opposition, certains journalistes ont reçu des menaces de mort, d'autres ont été humiliés, des journaux ont été déchirés et interdits sur certains points de vente, des sièges d'organes de presse ont été incendiés et du matériel détruit, au motif qu'ils ont fait l'apologie de la rébellion.

Et que dire du procès intenté contre les 2 journalistes du groupe ''Le Réveil'', poursuivis pour avoir offensé le Chef de l'Etat dans l'affaire '' Ali Baba et les 40 voleurs '', et notamment de l'arrestation du journaliste Gnamentêh, jeté injustement pendant 2 semaines dans les geôles sombres de la MACA !

Que dire de la plainte du Ministre de la Réconciliation Nationale (Sic) et des Relations avec les Institutions contre le quotidien ''Le Nouveau Réveil'', pour diffamation, qui réclamait la somme exorbitante de 100 Millions de francs CFA et la suspension de la diffusion des 2 titres du groupe ''Le Réveil ''!

L'intention inavouée de ces prédateurs de la liberté d'expression et de presse du FPI n'était-elle pas de détruire le groupe ''Le Réveil'', l'un des rares journaux dont le contrôle leur échappait ?

Les graves et intolérables atteintes à l'Etat de droit et à l'autorité de la justice

L'autorité de la justice en Cote d'Ivoire n'a jamais été autant bafouée que sous le régime FPI. 

Les exemples ci-après nous paraissent suffisamment révélateurs de la déliquescence de l'Etat en général, et en particulier, de l'Etat de droit et de l'autorité de la Justice, sous le régime des Refondateurs. 

En Février 2004, 3 membres de la FESCI sont reconnus coupables de coups et blessures volontaires aggravés par la séquestration sur un individu, par le Tribunal Correctionnel du Plateau, Abidjan. Ils sont condamnés à 4 mois de prison fermes et à payer une amende, et déférés à la MACA (Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan).

Dès l'annonce du verdict, leurs camardes de la cité Mermoz descendent dans la rue, s'en prennent à des véhicules privés, cassent, incendient et font régner la terreur dans ce secteur de Cocody.

Le même jour, l'ordre est donné aux autorités pénitentiaires de la MACA de libérer ces 3 Etudiants qui rentrent dans leur cité, sous les applaudissements, les cris de joie et de victoire de leurs camarades, sous une impressionnante escorte policière, comme des VIP, et comme s'ils étaient au-dessus de la Loi.

L'affaire Innocent Kobénan ANAKI

Comment un Chef d'état-major peut-il ordonner l'arrestation et la détention dans les locaux de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) d'un citoyen qui plus est parlementaire, ancien Ministre et Chef d'un Parti Politique (MFA), au motif que les propos qu'il a tenus au cours d'une émission télévisée, seraient de nature à porter atteinte à la sûreté de l'Etat ? Pourquoi cette intrusion de l'Armée Nationale dans le champ judiciaire ? Est-elle fondée à prendre ce genre de décision, à s'arroger le droit d'arrêter un Député du Peuple, dans un pays démocratique? N'y a-t-il pas une procédure spéciale à suivre dans le cas d'espèce ?

Le scandale des déchets toxiques

Nous nous rappelons que, dans le cas de cette affaire, une enquête avait été minutieusement menée, qui demandait que les responsables du déversement des déchets toxiques soient punis.

En effet, le rapport de la commission nationale d'enquête concluait à une négligence des responsables administratifs ainsi qu'une mauvaise organisation de leurs services, toute chose qui a permis la pénétration sur le territoire national de ces produits hautement toxiques et leur déversement sur le territoire du District d'Abidjan, provoquant ainsi la mort d'une dizaine de personnes et causant des maladies graves à des milliers d'autres.

Au moment où le peuple ivoirien, échaudé par les nombreuses enquêtes sans issue, s'attendait à la manifestation de la vérité, Laurent Gbagbo a pris le contre-pied du droit, et pris des décrets pour réhabiliter les différents responsables des structures d'Etat trempés et cités dans ce scandale, humiliant ainsi le Premier Ministre Konan Banny, qui les avait momentanément suspendus de leurs fonctions.

Laurent Gbagbo révélait encore une fois son mépris pour la vie humaine, consacrant ainsi officiellement l'impunité devenue désormais une règle d'or en Côte d'Ivoire.
Le sort de la jeunesse sous la Refondation

L'avenir, dit-on, appartient à la jeunesse, une jeunesse naguère prunelle de l'œil de la Nation, choyée pendant des décennies, mais qui, depuis l'intrusion du FPI de Laurent Gbagbo sur la scène politique ivoirienne, a été inféodée, instrumentalisée, abrutie et endoctrinée ; une jeunesse à qui ses maitres ont enseigné la stratégie de l'occupation malsaine de la rue caractérisée par les casses, les pillages, la destruction des biens d'autrui, le braisage de l'être humain ; une jeunesse à qui l'on a appris à poser des actes suicidaires, à servir de bouclier humain, que l'on sacrifie sur l'autel de l'hégémonie politique, pour le pouvoir, la puissance et la gloire d'un homme ; une jeunesse qui, à longueur de journée, s'adonne aux élucubrations politiques, aux injures et aux invectives contre tous ceux qui, Ivoiriens comme Etrangers, ne caressent pas le régime de ses Maîtres dans le sens du poil, qui vocifère dans les agoras et autres parlements et sénats qui pullulent dans la ville d'Abidjan, depuis que la parole est libérée par les Refondateurs ; une jeunesse dont les Chefs de file, essentiellement issus de la région du Maître-Refondateur, au nom de la solidarité tribale, sont devenus immensément riches et bénéficient de véhicules de dernière génération et de Gardes du Corps armés jusqu'aux dents.
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A coté de cette jeunesse oisive et violente, mais tout heureuse de pointer bruyamment au tout-puissant Ministère de la Rue, existe une autre frange, silencieuse et vaillante celle-là, celle des diplômés sortis de nos facultés et de nos grandes écoles qui, en proie à la misère et au chômage de longue durée, a, pour survivre, dû se convertir en gestionnaires de cabines téléphoniques, en précepteurs, pour certains, alors que d'autres n'ont pu résister aux chants des sirènes de l'alcool, du vol, du commerce de la drogue, du banditisme et même de la prostitution. 

Par ailleurs, en lieu et place du fameux programme de l'Ecole gratuite que le FPI a claironné et des 10 milliards de francs CFA qui, prélevés sur le fonds de souveraineté du Chef de l'Etat, devraient solutionner tous les problèmes scolaires et universitaires dès son accession au pouvoir, lequel fonds est, du reste, estimé à la somme de 70 milliards, selon certains analystes, c'est à un véritable sabotage de l'Ecole publique que nous avons assisté, sous le régime de la Refondation.