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 " Ne sacrifions pas la nation nouvelle"

 

L’actualité nationale fut animée ces jours en trois grands points qui suscitèrent et continuer de susciter des débats : la composition du nouveau gouvernement, la Céi face aux défis des prochaines élections et les orientations de "la commission dialogue, vérité et réconciliation". Le Mouvement pour le Néo-Houphouétisme (MN.-H), qui revendique légitimement une part active dans la lutte contre l’imposture et la dictature du régime déchu et milite pour une juste reconnaissance de la souveraineté du peuple ivoirien et de sa légitimité à revendiquer une meilleure qualité dans la trajectoire de la pensée politique de Félix Houphouët-Boigny, se permet les analyses et commentaires suivants dans ce débat d’intérêt national :

 

I / La composition du gouvernement

 

Après son investiture le 21 Mai dernier à Yamoussoukro qui a consacré le retour de la Côte d’Ivoire à son prestigieux rang dans la diplomatie internationale, le Président de la République a rendu public son "gouvernement d’exercice " après le premier qui était "un gouvernement de gestion de crise» ou que l’on a pu qualifier aussi de "gouvernement d’urgence". Cette formation du nouveau gouvernement qui devrait consacrer, après l’investiture du Président, la fin de la situation d’exception due à la crise post-électorale a été diversement appréciée par la presse et certaines organisations sociales.

Il est reproché à ce gouvernement, outre une sous représentation des femmes, son caractère pléthorique qui ne se justifierait pas en cette période d’assèchement des caisses de l’Etat et de besoins de reconstruction nationale ; mais il y a aussi que certains le jugent disproportionné par rapport aux acteurs politiques (les partis politiques) de la victoire  et à sa représentation géopolitique.

Le MNH observe avec satisfaction que la classe politique ne s’est pas engagée dans cette polémique stérile ; mieux, elle affiche une solidarité autour du gouvernement et lui souhaite unanimement plein succès dans sa mission de passer l’Etat de la situation de convalescence du pays à la normalité au plan sécuritaire, social, économique et diplomatique.

Pour sa part, le MN.-H qui a applaudi la nomination d’une femme : le professeur Henriette Diabaté à la tête institution aussi importante que le Conseil constitutionnel, regrette le faible taux des femmes au sein du gouvernement; toutefois, pour nous, le relèvement du taux des femmes et même de celui des jeunes (dont on parle moins) ne doit pas être exigé comme un salaire de lutte partisane; mais plutôt, comme la juste reconnaissance des compétences qui sont indiscutablement nombreuses dans les rangs des femmes et des jeunes, afin de servir au mieux la nation avec des rêves nouveaux et des expériences nouvelles.

Sur sa forme jugée pléthorique, le MN.-H pourrait la justifier par l’urgence des tâches à accomplir ; ce qui exige une grande déconcentration des services de l’Etat par des ministères non cumulatifs.

Pour ce qui est de son caractère budgétivore, le MN.-H fait observer que le Président Alassane Ouattara, expert international en redressement économique des Etats, est en situation de mise à l’épreuve dans l’acte de gouvernance. Financier avisé, il saura trouver le taux raisonnable du budget de fonctionnement de l’Etat pouvant permettre de répondre aux nombreuses attentes du pays, en matière d’investissements d’urgence.

S’agissant de la question géopolitique qui, de l’avis de certaines personnes, serait l’option à prendre dans la répartition des portefeuilles ministériels afin de satisfaire les attentes des diverses régions et départements du pays, le Mouvement pour le Néo-Houphouétisme fait remarquer qu’une telle démarche est, à l’analyse, davantage budgétivore. Elle exigerait, en effet, un gouvernement de cinquante membres pour les cinquante départements du pays. Car, dans chaque département de ce pays, les militants et cadres ont souffert le martyr lors de cette crise pour la même raison : leur appartenance au Rhdp. C’est pourquoi le MN.-H pense qu’il est injuste, maladroit et inopportun de faire déjà des revendications de postes (comme nous l’avons lu dans la presse) sous fond de chantage au Président Henri Konan Bédié, alors que des institutions autres que le gouvernement peuvent recevoir d’autres cadres du parti. Les ambitions sont légitimes; pourvu que les options de les exprimer soient dignes.

Le MN.-H juge incivique de soumettre la nomination d’un ministre de la République aux seuls intérêts d’un parti politique ou de son leader au lieu d’encourager le mérite des compétences nationales. En conséquence, il rappelle, à l’attention de tous, que les prochaines élections seront des occasions d’exprimer le mérite et l’audience populaire des individualités politiques. C’est donc vers cet horizon électoral que doivent se tourner les partis politiques et leurs cadres ; car c’est surtout lors de tels rendez-vous électoraux que se mesure le poids d’un parti politique et la valeur de ses cadres militants.

 

II / La Céi et le défi des prochaines élections

 

Si la crise est derrière nous, il nous reste toutefois à asseoir le pouvoir nouveau sur son pilier fondamental qu’est l’Assemblée nationale.

 

a/ Des détails de forme

 

Le Mouvement pour le Néo-Houphouétisme observe que la Commission électorale indépendante n’a pas été épargnée par la crise post-électorale : locaux saccagés et pillés, matériels détruits etc. Cela demande, évidemment, de nouveaux investissements pour la réhabilitation et l’équipement de cette structure.

Sur sa composition actuelle, avec les présences des factions Mpci, Mpigo et Mjp de l’ex-rébellion muée en "Forces Nouvelles" et dissoute dans les Forces républicaines de Côte d’Ivoire". Il apparaît que la présence de factions comme le Mpci, le Mpigo et le Mjp au sein de la Céi ne se justifie plus car ce serait, là, légaliser de manière outrecuidante l’existence et, pis, la pérennité de cette rébellion qui pourrait devenir une poche de résistance aux actions du pouvoir régnant. Signalons qu’il urge de sortir totalement le pays de l’Etat de belligérance par la réunification du territoire, l’unicité des caisses, le plein exercice des pouvoirs du corps préfectoral et de l’administration sur tout le territoire national.

 

b/ Les incongruités du Fpi

 

Le Fpi, par la voix de son président intérimaire le professeur Mamadou Koulibaly a, dans une interview diffusée sur les antennes d’Onu-Ci Fm, fait des propositions nouvelles sur la composition de la Céi, et la prise en compte du mouvement des populations dans le découpage électoral, pour une meilleure proportion des élus dans le ratio élu/population.

Si le Mouvement pour le Néo-Houphouëtisme partage avec le Fpi la préoccupation relative aux quotas affectés aux factions Mpci, Mjp et Mpigo de l’ex-rébellion, il juge cependant incompréhensibles et égoïstes les autres observations et propositions du Fpi :

 

a/ l’équilibre des représentations au sein de la commission centrale de la Céi

 

Le communiqué final de l’Accord de Pretoria qu’il cite précise, en son chapitre 9 relatif à la composition et au fonctionnement de la commission centrale de la Céi, ce qui suit :

- Deux (02) représentants nommément désignés par chaque partie signataire de l’Accord de Linas Marcoussis dont (06) pour les forces nouvelles ;

- Seuls ont voix délibérative, les représentants des parties signataires de l’Accord de Marcoussis ainsi que le représentant du Président de la République et celui de l’Assemblée nationale.

En clair, en allant à l’élection présidentielle, les partis (Pdci-Rda, Rdr, Udpci et Mfa) n’avaient que deux (02) représentants à la Céi pour le candidat du parti, alors que le Fpi pouvait compter sur le soutien, outre ses deux (02) représentants,  de son allié l’Udcy, sans oublier l’appui des représentants du président de la République et celui du président de l’Assemblée nationale ; soit au total six (06) représentants pour le camp Lmp qui présentait le candidat Laurent Gbagbo. On le voit bien, le déséquilibre était alors réellement en faveur du Fpi.

Rappelons aussi que tous les autres candidats qui n’étaient pas signataires de Linas Marcoussis, n’étaient pas représentés au sein de la Céi ; et cela n’a pas fait réagir les démocrates équilibristes du Fpi.

Aujourd’hui, ce Fpi-là propose un équilibre de 15 membres pour le Rhdp, 15 pour le Cnrd, et un représentant du président de la République au sein de la commission centrale de la Céi !

A quelle logique répondrait cette redistribution des représentations qui exclurait des partis et candidats non membres du Rhdp et du Cnrd quoique signataires de l’Accord de Marcoussis ? Pourquoi le Fpi ne se préoccupe t-il pas alors des partis et des candidats non membres d’un de ces deux blocs politiques et n’ayant pas été signataires de l’accord de Marcoussis ?

 

b/ La Réadaptation du découpage électoral

 

Comment comprendre que le Fpi, qui avait proposé la liste électorale de 2000 comme donnée essentielle du listing électoral de 2010 et à laquelle l’on devrait seulement ajouter les nouveaux majeurs sans prendre en compte le grand flux migratoire interne des populations déplacées du fait de la guerre de 2002 à 2010, puisse se préoccuper soudain, du recadrage du ratio élus/populations. Cela supposerait des moyens et du temps pour un nouveau recensement général de la population ; ce qui lui donnerait le temps de se livrer à son jeu favori : le report des élections.

Réalisez avec nous, Monsieur le porte-voix du Fpi que la Côte d’Ivoire que nous voulons ensemble construire dans le respect républicain des différences, a décidé de faire le deuil de la roublardise et de la propagande promues par Laurent Gbagbo comme étant « l’intelligence politique ». Et le groupement Cnrd que vous préférez aujourd’hui à Lmp doit, à son bénéfice, faire sa mise à jour afin de réaliser que rien ne sera comme avant. C’est le choix fait par le peuple qui a voté pour le candidat du Rhdp au second tour.

 

III / La « Commission dialogue, vérité et réconciliation »

 

 Initiative saluée par tous et devant garantir la sérénité dans l’approche de solution psycho sociales de la crise, la mise en place de la commission en charge de réconcilier les Ivoiriens est déjà objet de critiques.

Le Mouvement pour le Néo-Houphouétisme, qui est en conclave pour faire des propositions à cette commission, ne comprend pas certaines mises en gardes sévères aux essences de récriminations dès l’entame de la mission assignée à cet organe qui n’a qu’une tâche de psychothérapeute pour guérir la fracture sociale au moyen du dialogue. N’est-il pas clair qu’en n’incluant pas le terme justice dans la dénomination de cette commission, il s’agissait de laisser la liberté à l’institution judiciaire de s’occuper des cas à juger sans les soumettre à l’influence de la réconciliation ? Une telle répartition des tâches est conforme à la constitution et à la vision du chef de l’Etat qui appelle à la réconciliation de tous, en même temps qu’il demande que ceux qui ont commis des crimes soient punis.

Le Mouvement pour le Néo-Houphouétisme espère que les Ivoiriens savent désormais ce que la nation attend de chaque citoyen dans la reconstruction de ce pays déchiré, que les héritiers du président Félix Houphouët-Boigny s’emploient à réinscrire dans les sillons de l’houphouétisme réhabilité. Alors, donnons une chance de réussite à cette commission qui tente de rétablir les liens de fraternité qui ont fait de la Côte d’Ivoire d’avant la "Refondation", l’exception de la stabilité sociopolitique et le leader économique de la sous région ouest africaine.

 

 

 

 

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