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En octobre 2000 a lieu le premier tour de l’élection présidentielle, qui doit mettre un terme à la transition militaire. L’opposant historique, Laurent Gbagbo, déclare l’avoir emporté, mais le général Gueï tente de se maintenir au pouvoir par un coup d’État avant d’être mis en fuite par des manifestations massives. Laurent Gbagbo est investi président de la République, mais de violents affrontements opposent ses partisans, chrétiens, à ceux, musulmans, de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, dont la candidature a été invalidée par la Cour suprême. Lors des élections législatives de décembre 2000, le Front populaire ivoirien (FPI), le parti du nouveau président, remporte 96 des 225 sièges du Parlement. Avec un taux de participation de 33 p. 100, ces élections sont marquées par un boycott actif du RDR, qui en empêche le déroulement régulier dans le nord du pays. Des élections partielles sont organisées en janvier 2001 afin de pourvoir les sièges restés vacants en raison du boycott. Ces élections, qui se déroulent dans le calme, mais avec une participation extrêmement faible, soulignent le pouvoir du RDR, qui a appelé à un « boycottage pacifique », dans les circonscriptions du Nord, et viennent gonfler les rangs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui voit son nombre de sièges passer de 77 à plus de 94 ; le RDR dispose de 5 sièges, et les partis indépendants de 22.

D’octobre à décembre 2001, un Forum de réconciliation nationale se tient à Abidjan afin de réunir tous les leaders politiques du pays, dont les quatre principaux protagonistes de la crise ivoirienne : Laurent Gbagbo, l’ancien président Henri Konan Bédié, le général Gueï et Alassane Ouattara. Les travaux du Forum, qui reconnaissent la légitimité du gouvernement de Laurent Gbagbo par l’acceptation des résultats des élections présidentielle et législatives, tout en préconisant la formation d’un gouvernement d’union nationale et la reconnaissance de la nationalité ivoirienne d’Alassane Ouattara, sont confirmés par le sommet de Yamassoukro au mois de janvier 2002. Au mois de juin, Alassane Ouattara se voit délivrer un certificat de nationalité par la justice ivoirienne et, au mois d’août, son parti, le RDR, entre au gouvernement. Ces avancées ne sont cependant que de courte durée, et la fragilité du processus de réconciliation est mise en évidence le 19 septembre 2002 par le début d’un soulèvement militaire dans le nord du pays, alors que le président Gbagbo est en voyage en Italie. Dès les premières heures de combats, les rebelles s’emparent de la ville de Bouaké. Le ministre de l’Intérieur, Émile Boga Doudou, et le général Gueï sont assassinés — accusé d’être l’instigateur de la tentative de putsch, ce dernier aurait été tué par l’armée ivoirienne à la suite de l’assassinat du ministre de l’Intérieur. Alors que la Côte d’Ivoire accuse ses pays voisins de soutenir la rébellion, et plus particulièrement le Burkina d’en être à l’origine, la France répond à la demande ivoirienne d’aide militaire par l’envoi de troupes dès le 22 septembre, conformément à l’Accord de défense franco-ivoirien du 24 avril 1961. Le dispositif ainsi mis en place, baptisé « opération Licorne », est à l’origine chargé de la sécurité des ressortissants étrangers. Une semaine plus tard, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) décide l’envoi d’une force de paix. Un accord de cessation des hostilités est signé le 17 octobre entre le gouvernement ivoirien et les rebelles, qui, regroupés en un Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), contrôlent la moitié nord du pays. Les quelque 2 500 soldats français de l’opération Licorne sont chargés de faire respecter le cessez-le-feu, dans l’attente de l’arrivée d’une force d’interposition africaine. Dès la fin du mois de novembre, alors que la situation est loin d’être sécurisée sur le front nord, les forces gouvernementales doivent faire face à une extension de la rébellion à l’ouest par l’apparition de deux nouveaux groupes rebelles, le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP). À la suite de l’acceptation d’un cessez-le-feu par le MJP et le MPIGO le 13 janvier 2003, les tentatives de négociation entreprises sous l’égide du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, pour le rétablissement de la paix en Côte d’Ivoire, aboutissent à la tenue en France (Linas-Marcoussis) d’une table ronde réunissant toutes les parties au conflit (15-24 janvier), ainsi que les principales formations politiques du pays. L’accord signé le 24 janvier prévoit le maintien au pouvoir du président Laurent Gbagbo et la formation d’un gouvernement de réconciliation nationale, dirigé par un « Premier ministre de consensus », et dans lequel les mouvements rebelles obtiennent les ministères de la Défense et de l’Intérieur. 


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