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15 janvier 1918 à Beni Mor(Assiout, Égypte) - 28 septembre 1970 à Le Caire(Égypte)

Héros de la guerre de 1948 contre Israël, le colonel Gamal Abd el-Nasser renverse en 1952 le roi Farouk 1er et proclame la République. En 1956, il demande aux Américains de l'aider à financer un barrage sur le Nil. Mais Washington, qui le suspecte de sympathies pro-soviétiques, refuse son concours. Du coup, Nasser décide de se procurer l'argent en nationalisant le canal de Suez. Il annonce sa décision à la radio... en l'accompagnant d'un mémorable éclat de rire. Son audace soulève l'enthousiasme des foules arabes.

Jusqu’à sa mort et malgré une série d’échecs retentissants, le «raïs» (président ou chef, d'après un mot arabe qui désignait autrefois un dignitaire ottoman) va incarner de la sorte la renaissance du nationalisme arabe.

 

23 juillet 1952:  Fin de la monarchie en Égypte

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, un groupe d'«Officiers libres» prend le pouvoir en Égypte et renverse le roi Farouk 1er.

L'anniversaire de ce jour est devenu fête nationale en Égypte.

Jeanne Lafont.

Un royaume humilié

Le roi Farouk 1er a succédé le 6 mai 1936 à son père Fouad 1er sans cesser de faire allégeance aux Anglais. Souverain constitutionnel, il multiplie les coups bas contre le Wafd, un mouvement politique d'essence populaire déterminé à instaurer une pleine indépendance de l'Égypte. Son armée ayant été battue après avoir tenté en mai 1948 de détruire l'État nouveau-né d'Israël, le roi engage un bras de fer avec les Britanniques pour récupérer la gestion du canal de Suez et redresser de cette manière son prestige.

Le 6 octobre 1951, le Premier ministre convoque le Parlement en session extraordinaire et dénonce le traité anglo-égyptien de 1936 qui laissait aux Britanniques le canal jusqu'en 1956. Il dénonce également les accords du 19 juillet 1899 sur le Soudan. Mais le gouvernement britannique n'en a cure.

Les attentats anti-britanniques se multiplient. Le 25 janvier 1952, le général George Erskine réprime durement la révolte d'un millier de Boulouks, ou auxiliaires de police, à Ismaïlia. Il s'ensuit 49 morts dont 3 Britanniques.

Le pays est au bord de l'explosion. Le lendemain, un «samedi noir», des émeutes secouent Le Caire. Des immeubles, bars, cafés et cinémas, sont incendiés et des ressortissants britanniques lynchés par la foule. La police reste les bras croisés et le roi Farouk, qui offre un banquet de 600 couverts à ses officiers, regarde sans mot dire les incendies qui illuminent la capitale.

Dans les semaines qui suivent, le Premier ministre est congédié et les ministères se succèdent sans résultat. Devant cette carence du pouvoir, le peuple, désemparé, ne sait plus à quels saints se vouer. La monarchie, minée par la corruption, est d'autre part fragilisée par une série de complots.

Les coups viennent d'une part de la droite religieuse et des Frères musulmans, d'autre part du mouvement progressiste des «Officiers libres», fondé par un colonel de 33 ans d'humble extraction, Gamal Abdel Nasser.

Un héros pour sauver l'Égypte

Le mouvement des Officiers libres l'emporte en définitive. Son chef, Gamal Adbel Nasser (34 ans), est un héros de la guerre contre Israël. Le 20 octobre 1948, lors de la bataille de Fallouga, il avait dû se rendre à l'ennemi avec son unité mais il avait bénéficié des honneurs militaires de la part des officiers israéliens en raison de son courage. Cet exploit lui avait valu l'admiration de ses concitoyens mais il ne suffit pas à le porter au-devant de la scène.

Le 21 juillet 1952, les Officiers libres décident de passer aux actes dès le lendemain. Le déclenchement de l'insurrection doit avoir lieu à minuit. Mais leur complot est découvert et le chef d'état-major réunit les chefs de l'armée en vue d'arrêter les officiers séditieux. La troupe entoure la caserne où ils se sont réunis.

Coup de théâtre. Le chef des assaillants se range du côté des Officiers libres et gagne avec ses troupes le Grand Quartier général où délibèrent les chefs de l'armée. Les sentinelles ne se doutent de rien en voyant revenir leurs camarades. En un quart d'heure, l'état-major est capturé. Dans la nuit même du 22 au 23 juillet, tous les points névralgiques de la capitale sont occupés par les insurgés. Au petit matin, un officier prend la précaution d'avertir l'ambassade britannique que «l'action qui se déroule est d'ordre purement intérieur et que toute tentative d'immixtion de la part des autorités britanniques sera considérée comme un acte d'hostilité» (*).

Vainqueur du bras de fer qui l'oppose à la monarchie, Nasser fait réveiller le général Mohamed Néguib (41 ans), un aîné plus connu et plus prestigieux que lui. Il s'efface devant lui et lui remet la présidence du Conseil et le commandement en chef des armées. Homme intègre et sympathique, Néguib, à vrai dire, n'a ni l'étoffe ni l'ambition d'un chef...

Le 18 juin 1953, la République est proclamée. Néguib en devient le Président et le Premier ministre. Mais il doit bientôt faire une place de Premier ministre adjoint à Nasser.

Le 14 novembre 1954, Néguib est enfin déposé par son jeune rival qui devient désormais le chef absolu de l'Égypte. Nasser expulse en 1956 les dernières troupes britanniques et va défier l'Occident en nationalisant le canal de Suez. -

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