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A notre grand désarroi, une véritable chasse à courre a lieu en ce moment contre les populations communément appelées Dioula. Dans l'après midi du 17 mars, une horde de soldats, défenseurs de l'hégémonie de la tribu et dirigée par les officiers Loba et Koudougnon, a encerclé le sous-quartier de Port Bouët II (Yopougon). Mission : cogner et massacrer du Dioula, pour se soulager du spleen tribal. Comme s'ils étaient à la chasse de gibiers, les FDS fidèles à Koudou, ont pilonnés d'explosifs, ce sous- quartier, enfumant et tuant d'innocentes personnes.

Le même 17 mars, à partir du camp commando d'Abobo, des canons sont dirigés vers les marchés bondés de monde, et des salves d'obus sont tirées, afin de faire le maximum de victimes. Abobo n'a vraiment pas usurpé le surnom de « Bagdad City ». La moisson a été bonne pour le clan GBAGBO avec 40 morts et 60 blessés graves. Des hauteurs du cimetière de Williamsville, toutes les maisons aux encablures des quartiers Paillet et Williamsville sont pilonnées à partir de chars, afin d'effacer toute existence en ces lieux. La solution radicale et instinctive en somme
Le crime des victimes aura été probablement d'être de la même origine ethnique que les membres du« Commando Invisible », face à qui, les hommes de GBAGBO perdent chaque jour du terrain. Ainsi, prenant la partie pour le tout, Dioula devient Dioula, de sorte que la seule solution pour venir à bout du Commando serait d'éliminer le maximum de Dioula.

Devant l'indignation, de la communauté tant nationale qu'internationale, Koudou GBAGBO sort son joker favori : « Le Dialogue direct » ; si on veut moins de morts, il faut s'assoir pour « dialoguer » avec lui. Y avait-il meilleure occasion pour dialoguer que de répondre à l'invitation du panel à se rendre à Addis Abeba les 9 et 10 mars derniers? Loin des extrémistes de chaque camp, qu'est-ce qui n'aurait pas été possible entre GBAGBO et OUATTARA, avec la modération des Chefs d'Etats présents? On le voit, le plan de GBAGBO n'est rien d'autre que de la diversion en vue de gagner du temps. Qu'on se souvienne que l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) à été mis sur la table par le Président sortant à l'approche de l'expiration de l'ultimatum de l'ONU sous Koffi Anan.
En effet, après plusieurs reconductions tacites au poste de Chef de l'Etat, l'ONU avait décidé de mettre en place une transition non dirigée par M. Laurent GBAGBO à la fin de l'année 2007, s'il n'organisait pas les élections sans cesse reportées depuis 2005. C'est alors que le Woody de Mama, pour se soustraire aux conditions posées par l'ONU, ouvrit de nouvelles négociations dites « dialogue direct », avec l'ex-rébellion des Forces Nouvelles, sous les auspices du Président Blaise Compaoré du Faso. Le résultat sera appelé Accord Politique de Ouagadougou. L'APO, conçu pour durer 6 mois, GBAGBO est allé de blocages en reniements, pour terminer un second mandat sans élection jusqu'en 2010.

Aujourd'hui, devant les propositions contraignantes de l'UA et la perspective quasi certaine de résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, le Woody remet le couvert. Il nous ramène son « dialogue direct », afin de ruser pour ne jamais céder le pouvoir usurpé, et terminer le mandat braqué du Président OUATTARA, jusqu'en 2015.
Du reste pour parler comme le Président OUATTARA, je me permets de demander à M. GBAGBO : «Mais Laurent, avais-tu vraiment besoin de massacrer autant de mes militants pour m'inviter à m'assoir et discuter avec toi? Si tu y avais pensé plus tôt, n'aurions-nous pas fait l'économie de centaines de vies humaines ? Et puis si tu étais venu à Addis Abeba, on aurait été plus tranquille pour dialoguer.»

Vigilance .

La vigilance doit donc être de mise, afin de ne pas tomber dans ce gros piège, dont le seul but est de frapper de caducité, toutes les mesures contraignantes qui sont sur le point de s'abattre sur le Machiavel des lagunes.
Par ailleurs je trouve plus que révoltant qu'avec les moyens de l'Etat de Côte d'Ivoire, Laurent GBAGBO, qui usurpe le pouvoir présidentiel, se livre à un GENOCIDE contre les Dioula, les Musulmans et les étrangers. Pendant ce temps, la communauté internationale fait la politique de l'autruche, à travers des communiqués hypocrites. Laurent Gbagbo a commencé à massacrer les ivoiriens, longtemps, avant Kadhafi, et pourtant le Conseil de Sécurité vient d'autoriser l'usage de la force contre le Guide Libyen. L'opposition libyenne a-t-elle plus de légitimité que le Président élu, SEM Alassane OUATTARA? Une vie Nègre ne vaudrait-elle pas une vie Arabe ?
Pour le moment, Koudou GBAGBO qui s'impose aux Ivoiriens, au forceps, dispose du droit de vie ou de mort sur tout le monde en Côte d'Ivoire. L'on dit qu'il reste encore une semaine pour l'installation du Président OUATTARA dans ses fonctions. Mais 7 jours, ne sauraient revêtir la même durée pour tout le monde. Pour les populations martyres et souffre-douleurs de DOGBO Blé, qui vivent à Abobo, Williamsville et à Port Bouët II, ces 7 jours valent bien 7 longues années, car chaque lente minute qui passe les enfonce inexorablement dans le gouffre du désespoir.


Tag(s) : #Politique

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