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Le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, qui s'est « bombardé » général de division ( trois étoiles ) et qui revendiquait une autorité sur le groupe armé baptisé « commando invisible », a été tué le mercredi 27 avril 2011, vers 20 h, au PK 18, route d'Anyama, par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci). La mort d'Ibrahim Coulibaly est intervenue à la suite d'une gigantesque offensive lancée par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci), notamment, dans les communes d'Abobo et d'Anyama, camps retranchés de l'ex-tombeur du président Henri Konan Bédié en décembre 1999. Selon le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, le refus d'Ibrahim Coulibaly de déposer les armes, en dépit de l'appel du président Alassane Ouattara, est mu par une volonté de renverser le nouveau régime, en liaison avec certains officiers supérieurs des Fds restés fidèles au président déchu, Laurent Gbagbo.

« I.B voulait faire un coup d'Etat pour renverser le président élu Alassane Ouattara », a expliqué Wattao, sur les antennes d'une radio internationale, sans apporter plus de précisions. Sur les circonstances de sa mort, le commandant soutient que « quand nous sommes arrivés, il ( IB) ne voulait pas se rendre et il avait pris une famille en otage derrière l'usine Unicafé ». Mais trois versions, apparemment contradictoires, font état de ce que IB et ses hommes, face au déluge de feu des Frci, étaient sortis de leur cachette, avec à la main, un drapeau blanc, signe de reddition. Mais les éléments de Chérif Ousmane, qui conduisait les opérations, certainement oublieux de la convention de Genève de 1929 relative au traitement des « prisonniers de guerre », les ont immédiatement canardés, tuant 7 personnes, y compris IB lui-même. Une autre source soutient que IB, qui a pris « en otage une famille derrière l'usine

Unicafé, a automatiquement ouvert le feu sur les Frci, dont la riposte lui a été fatale ». Pour sa part, le capitaine Léon Alla Kouakou, porte-parole du ministre de la Défense, Guillaume Soro, affirme qu'après « l'opération de sécurisation et de pacification lancée mercredi matin par les Forces républicaines (Frci) dans les quartiers d'Abobo et d'Anyama, IB est allé se réfugier dans une cour non loin d`une usine à PK-18. Dans cette cour, Ibrahim Coulibaly a pris en otage toute une famille.

Règlement de compte ?

Les Frci ont effectué des tirs de sommation à deux reprises et il a réagi avec des tirs nourris. Les Frci n'ont eu d'autre choix que de riposter, et la riposte lui a été fatale », a-t-il indiqué. Les Frci ont-ils donné délibérément la mort à IB pour ne pas faire un prisonnier encombrant ou alors ont-ils agi en légitime défense ? Quoi qu'il en soit, IB est mort, les armes à la main.Dans le camp des Frci, deux soldats ont été tués, avec à la clé, plusieurs blessés. Le président Alassane Ouattara avait appelé vendredi dernier l'ex-putschiste de 1999 à désarmer ses hommes, sous peine d'y être contraint par la force. IB avait accédé à cette requête présidentielle, mais s'est refusé à traduire dans les faits sa décision, conditionnant la mise en ouvre à une rencontre préalable avec le chef de l'Etat Alassane Ouattara. Soro Guillaume et l'aile militaire des Frci conduite par le général Michel Gueu y

ont vu une attitude attentatoire à leur autorité et ont opposé une fin de non recevoir à une audience d'IB avec le chef de l'Etat. La mort d'IB n'est pas la résultante d'une vendetta de la part du Premier ministre Guillaume Soro, avec qui, il n'était pas en odeur de sainteté, souligne néanmoins Wattao. « Ce n'est pas un règlement de comptes. Le Premier ministre Soro Guillaume n'est pas un criminel pour nous donner l'ordre de le tuer. On voulait l'attraper vivant, mais il ne voulait pas se rendre. Il traumatisait les populations de PK 18 et d'Anyama. Le Président Alassane Ouattara a été élu et nous ne voulions plus de tirs par-ci et par-là », a-t-il indiqué. Si l'on en croit Wattao, « IB n'est pas le chef du commando invisible d'Abobo », soulignant qu'il « a usurpé le commandement » de ce groupe d'auto-défense dont de nombreux soldats se reconnaissent en Alassane Ouattara. Il a tenté de

dévier le « commando invisible de son objectif ». Le sergent-chef IB aurait « abusé d'eux, en leur faisant croire que lui, IB combattait pour ADO, alors qu'en réalité, c'est faux », a soutenu le commandant Wattao. « Depuis 2002, il ( IB) voulait être président de la République. C'est ce qui a entraîné notre divorce avec lui », a révélé, par ailleurs, Issiaka Ouattara dit Wattao. Peu avant la mort d'IB, le commandant Cherif Ousmane, qui conduisait l'offensive des Frci à Abobo, annonçait « la fin d'IB ». "Dites à vos enfants, à vos frères, qu'IB, c'est fini. La vie doit reprendre son cours normal", a expliqué à la population près de la zone des combats, le commandant Chérif Ousmane. Le téléphone portable du sergent-chef IB, pris sur lui, après sa mort, aurait fourni d'importants renseignements sur les connexions d'IB, notamment, avec certains officiers supérieurs proches du président déchu Laurent Gbagbo.
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