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La Commission électorale égyptienne a rejeté le 14 avril dernier, les candidatures de 10 candidats parmi les 23 postulants. Mais la candidature non retenue qui fait le plus de bruit, c’est celle du général Omar Souleymane, ancien chef des renseignements et vice-président de Hosni Moubarak chassé du pouvoir par la révolution. Il avait, l’on s’en souvient, déposé sa candidature tardivement mais faisait figure de favori aux côtés de Khayrat el-Chater, candidat des Frères musulmans et de Hazem Abou Ismaïl, candidat salafiste. Ces deux sont également recalés par la Commission électorale. Mais ils peuvent tous faire appel auprès de ladite commission dont le verdict ne sera pas contestable.

Pour revenir au motif qui a mis hors course l’ancien homme fort de Moubarak, il n’aurait pas pu rassembler les signatures populaires nécessaires. Il est certes, bon et même normal qu’il y ait des critères pour toute personne désirant briguer la magistrature suprême et que ces critères soient connus et acceptés de tous. Mais dans le contexte, égyptien, fallait-il appliquer la loi de façon stricte ou faire fi de certains aspects pour permettre une plus large participation de candidats à ce scrutin présidentiel dont le premier tour est prévu les 22 et 23 mai prochains ? Question à mille tiroirs. Cela dit, on se demande ce qui se serait passé si la candidature du général Omar Souleymane avait été validée.

Il n’est un secret pour personne, les Frères musulmans et les démocrates libéraux sont farouchement opposés à la candidature de tous les proches de l’ancien régime et en particulier, celle de Omar Souleymane. Et ils n’ont pas manqué de le manifester. C’est vrai que dans certains cas, pour préserver l’unité nationale et la cohésion sociale, l’on est parfois forcé de prendre des décisions contraires à la loi fondamentale qui régit le fonctionnement d’un Etat, comme l’on a pu le constater en Tunisie après la chute de Ben Ali où la rue avait décidé de mettre à l’écart tous les bonzes du régime. Et tout porte à croire que c’est aussi le vœu des démocrates libéraux et surtout des Frères musulmans.

En attendant que la Commission électorale statue sur un éventuel appel de Omar Souleymane, l’on peut clairement affirmer qu’on assiste à un difficile come- back d’un ancien cacique. En tout état de cause, les Egyptiens qui s’opposent à la participation des anciens compagnons de Hosni Moubarak au processus électoral en cours, doivent faire preuve de doigté car l’armée pourrait jouer les trouble-fêtes. Nul n’est parfait et dans un processus de démocratie, vouloir coûte que coûte écarter certains citoyens des élections, pourrait constituer une violation de leurs droits civiques et politiques. Ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur le climat social égyptien.

Le cas de la Côte d’Ivoire sous l’ère Gbagbo, ce redoutable animal politique qui, pour éliminer certains candidats de la course au palais d’Abidjan, avait tripatouillé la Constitution, reste mémorable. La suite, on la connaît. On peut certes trouver des raisons pour mettre hors-compétition un candidat. Mais il faut le faire dans les règles de l’art. C’est le difficile exercice auquel s’adonne l’Egypte post-Moubarak.

Tag(s) : #Politique