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Pourriez-vous serrer la main de votre bourreau ? Question à réponse mal aisée et surtout difficile. Tandis que certains vous écoutent par curiosité, d’autres vous toisent. Et leur regard en dit long sur le fond de leur pensée qu’ils ne veulent aucunement livrer à qui que ce soit. Surtout pas à la presse qui, selon eux et nous sommes enclins à leur donner raison, est en grande partie responsable de la barbarie sans nom qui s’est abattue sur la Côte d’Ivoire. Un mea culpa s’avère nécessaire lors du grand oral de la commission Dialogue-Vérité-Réconciliation. Même si par pudeur, l’on évite soigneusement d’y accoler ‘‘Justice’’.

La douleur mais surtout le souvenir des images et leur atrocité offusquent les uns et les autres. Cependant, pour l’intérêt supérieur de la nation reconnaissante qui a eu à honorer la mémoire des martyrs du 03 octobre 2010 et de l’ensemble des personnes qui réclamaient la vérité et le rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire, il ne reste plus qu’à parachever leur œuvre en accordant le pardon à tous les bourreaux de leurs enfants, de leurs épouses, de leurs mères. Toutefois, l’on ne saurait soigner un abcès sans en extraire le pus. Ainsi, les parents qui affirment pardonner mais sans oublier, c’est naturel et humain, pourront donner libre qui à leur colère, qui avec leurs pleurs voire leurs plaintes afin qu’au sortir de cette grande catharsis, ils puissent se sentir soulagés. D’avoir dit ce qu’il avait sur le cœur pour cicatriser ses plaies. Pour que, prenant le peuple à témoin, les règlements de compte soient proscrits des pensées de chaque ivoirien et des amis de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire de demain dépendra de l’issue de la grand-messe du pardon et de la réconciliation dont le grand prêtre affûte ses armes que sont sa grande capacité d’écoute, sa pondérance et sa grande humilité. Sans aucun doute, réconcilier les Ivoiriens, frondeurs à souhait n’est pas du tout une sinécure. Cependant, Charles Konan Banny et son équipe vont réussir cette mission qui va permettre à la Côte d’Ivoire d’amorcer un véritable nouveau virage sans embuscades de personnes animées de mauvaise foi, d’intention de parricide ou autres idées funestes. Seulement, il faut permettre à chacun de dire ce qu’il a sur le cœur, sans l’interrompre par des sifflements, même si c’est un bourreau, afin de cicatriser les plaies encore béantes. Car il faut donner la parole aussi bien au bourreau qu’à sa victime pour que le premier explique pourquoi il a ôté la vie à la seconde.

La Vie ne vaut rien ne vaut la vie.

 

Gervais Y. DJIDJI

Tag(s) : #Sur La Balance (Edito)

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