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Cette 3è guerre mondiale porte aujourd’hui le visage de «Daech» ou «Etat Islamique» du nom de l’organisation terroriste qui fait régner la peur en Irak et partout dans le monde.

La décapitation de l’otage français Hervé Gourdel par un groupe proche de l’« Etat Islamique », illustre l’ampleur d’une menace djihadiste qui dépasse les frontières des états. Les cavaliers noirs de cette nouvelle croisade s’appellent Daech, Boko Haram, Shebab, Aqmi, Ansardine ou Jund Al Khilafa, qui a enlevé Hervé Gourdel, le 21 septembre dans les montagnes de Kabylie. Nous sommes bien loin des attentats du 11 septembre 2001, où pour la première fois, une organisation terroriste tuait en masse. Au moins 3000 ressortissants américains y laissaient la vie en réponse à l’interventionnisme américain en Irak et en Afghanistan. Aujourd’hui, Al Qaeda semble passée aux oubliettes, tout comme Oussama Ben Laden, tué lors d’un raid au Pakistan en mai 2011. Partout dans les médias, on ne parle plus que l’Etat Islamique, un groupe qui veut ériger le califat mondial de la terreur en norme absolue. Selon le chercheur Charles Lister, « tous les groupes liés à Al-Qaïda et les mouvements djihadistes indépendants vont devoir décider s'ils soutiennent l'État islamique ou s'ils s'opposent à lui ».

 

© dr 
Djihadistes de l'EI en Irak

D’où vient l’EI ? 
Daech, c’est l’appellation arabe de ce qui fut d’abord l’EIIL, l’Etat islamique en Irak et au Levant et qui compterait plus de 30000 combattants selon les chiffres du Centre national anti-terroriste américain. Parmi eux, la moitié serait des djihadistes étrangers venant de France, de Grande Bretagne, d’Allemagne, mais aussi de Suède ou des Pays-Bas. Des jeunes qui débarquent au Moyen Orient pour épouser l’idéologie barbare de l’EI. Pour preuve, l’homme qui a exécuté le journaliste James Foley en Irak, avait un accent britannique et a été identifié comme un jeune rappeur aux textes plutôt violents et qui publiait, la photo du cadavre d’un homme, sur son compte twitter. Ces djihadistes viendraient également des régions d’Asie-Pacifique, mais le gros des combattants est originaire des pays du golfe, d’Arabie Saoudite ou du Maghreb, ce qui explique la poussée de groupuscules prêtant allégeance à l’EI en Afrique Sub-saharienne. On compte quelques 3000 Tunisiens et Marocains dans les rangs de l’Etat Islamique au Maghreb.

La différence avec Al Qaeda, c’est le durcissement de la méthode. Ces nouveaux djihadistes de l’Etat islamique, ont décidé de faire régner la peur avec des exécutions sommaires, les invasions de villages, l’extermination religieuse…Différence également, dans la guerre sur le terrain. Les « soldats « de l’EI annexent des territoires en Syrie et en Irak, tel les Nazis avec l’Autriche et la Pologne. Selon de nombreux spécialistes, la montée en puissance de l’Etat Islamique au Moyen Orient pose la question de l’expansion géographique de ce mouvement qui inquiète en Europe comme aux Etats Unis. Pour Shashank Joshi, du Royal United Services Institute de Londres, la proclamation du califat « ne change rien matériellement », mais « ce qui change réellement c'est l'ambition » de l'État islamique, qui montre sa confiance dans sa force et défie Al-Qaïda. Face à cela, l’administration Obama s’est lancée depuis août, dans une offensive aérienne contre « Daech ». Un combat auquel s’est associée la France, rejointe par l’Angleterre et d’autres puissances. Mais sans interventions au sol, cette guerre des coalisés, laisse le champ libre aux djihadistes pour persécuter et massacrer les populations, dont beaucoup ont fui la Syrie. Plus de 70 000 réfugiés kurdes ont trouvé refuge en Turquie.

Otages-martyrs 
L’une des réponses des djihadistes de l’EI à la guerre aérienne, est la capture des otages. Ils détiendraient encore une vingtaine d’occidentaux en Irak. Steven Sotloff, James Foley, David Haines, tous ont payé le prix de la cruauté de l’EI qui s’exporte jusqu’en Afrique Subsaharienne. « Le business des otages constituait un moyen pour ces organisations terroristes d’exister financièrement. L’otage est désormais exécuté et sauvagement décapité. Preuves à l’appui pour marquer les esprits. Si la France a déconseillé à ses ressortissants les régions du Maghreb et du Moyen Orient, nul ne peut prévoir où l’EI va frapper ni capturer de nouveaux otages », prévient cet éditorialiste. 


Au Nord du Mali, malgré l’intervention française, la menace djihadiste n’a pas totalement disparu ni la violence extrême qui en découle. Deux jours avant l’exécution d’Hervé Gourdel, un touareg était retrouvé mort dans la région de Tombouctou. Décapité lui aussi. Avec les tensions interethniques, de nombreux attentats ciblent régulièrement les casques bleus de l’ONU, avec un bilan de plus de 26 victimes depuis le début de l’année. Dans une région où les mines sont disséminées un peu partout, l’insécurité n’y a pas dit son dernier mot. En plus d’être le ventre mou du Sahel, le nord du Mali constitue une région stratégique pour le terrorisme sous régional et une zone de prédilection pour la capture des otages occidentaux. Le français Serge Lazarevic, y a été kidnappé le 24 novembre 2011 et n’a toujours pas été libéré. 

Non à l’amalgame 
En réponse à la violence de l’EI, des voix s’élèvent partout dans le monde, celles de musulmans pour rejeter tout amalgame avec la religion du prophète Mohamed PSL. Dans une intervention récente, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, déplorait un piège sémantique constant dans lequel sont tombés les médias : « Confondre Islam et djihadisme est devenue la norme », une confusion qu’il faut à tout prix éviter. D’ailleurs, le mouvement #Not in my Name tout juste lancé sur Twitter en est une belle illustration et a déjà mobilisé plus d’un million de personnes sur le réseau social. Il vise à dissocier l’islam de paix, du terrorisme radical de l’EI qui prétend agir en son nom.

Tag(s) : #Economie

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