Avec sa stature imposante, l’ex-banquier international pensait peut-être que les remous politiques seraient à sa mesure. Mais à peine descendu dans le marigot ivoirien, le voilà aux prises avec un courant qui menace de l’engloutir. Radié des listes électorales, isolé au sein même du PDCI-RDA, Thiam semble en difficulté. Faut-il y voir la sanction d’une entrée en politique jugée trop précipitée ? Ou la preuve d’une méconnaissance flagrante du terrain ivoirien ?
Entrer en politique en Côte d’Ivoire, ce n’est pas sauter dans un bassin olympique. C’est s’aventurer dans un espace où chaque pas nécessite autorisation, stratégie, et alliances solides. Visiblement, Thiam a oublié de consulter les “riverains” avant de se jeter à l’eau. Et dans ce marigot, les crocodiles sont nombreux. L’un d’eux l’a peut-être déjà mordu.
En écartant Maurice Kacou Guikahué, figure influente du PDCI, Thiam a voulu s’imposer par la force du renouvellement. Mais cette manœuvre, perçue par certains comme une humiliation injustifiée, semble aujourd’hui se retourner contre lui. Il apparaît désormais isolé, sans véritable base militante, et exposé aux coups.
Son éviction de la liste électorale interroge. S'agit-il d’un manquement administratif, d’une ignorance des règles, ou d’un sabotage interne ? Dans tous les cas, le coup est rude. Pour un prétendant sérieux à la magistrature suprême, c’est un faux pas lourd de conséquences.
Alors que la présidentielle se rapproche, la question est désormais sur toutes les lèvres : Tidjane Thiam jettera-t-il l’éponge ? Ou prépare-t-il un plan B pour rebondir ? En attendant, l’homme fort du PDCI semble devoir apprendre que dans le marigot ivoirien, on ne nage pas seul, et encore moins à contre-courant.
Nesmon De Killer/Région du Gôh
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