Dans les quartiers comme sur les réseaux, une mode inquiétante s’installe : celle des pères fantômes. Ces jeunes hommes qui fécondent à la vitesse d’un message vocal, mais disparaissent dès que le test de grossesse affiche deux barres. Ils se volatilisent, laissant derrière eux une femme en pleurs, un ventre qui s’arrondit, et un futur citoyen déjà orphelin de père.
Laisser la jeune fille sans ressources, ce n'est pas de la virilité. C’est de la lâcheté en version 2.0.
Ce refus assumé de la paternité est devenu un fléau social. Une génération qui réclame la liberté, mais refuse les responsabilités. On veut “jouer à l’adulte”, mais pas en assumer le prix. On veut les plaisirs de l’amour sans les devoirs du lendemain. Résultat : des mères célibataires épuisées, des enfants sans repères, et une société qui se délite doucement sous le poids de l’irresponsabilité masculine.
Le plus ironique ? Ces mêmes garçons se pavannent sur les réseaux en “alphas”, “chefs de meute” ou “hommes forts”. Forts de quoi ? De fuir à la première contraction ? De laisser à la jeune fille, souvent sans ressources, le poids d’une vie entière ? Non, ce n’est pas de la virilité. C’est de la lâcheté en version 2.0.
La paternité, rappelons-le, n’est pas une faveur faite à la mère. C’est un devoir envers l’enfant. Et la loi, elle, ne badine plus. Le test ADN a remplacé les palabres familiales. L’État, lui, commence à siffler la fin de la récréation. Pension alimentaire, reconnaissance forcée, sanctions pénales : les textes existent. Il ne manque que le courage de les appliquer.
Quant aux parents, souvent complices par silence, il est temps d’arrêter de “protéger la réputation du garçon”. L’enfant, lui, n’a pas choisi de naître dans le déni. Éduquer un fils, ce n’est pas seulement lui payer l’école. C’est lui apprendre que chaque acte a un prix, et que la virilité, la vraie, commence là où finit la fuite.
Messieurs, on ne fuit pas un berceau.
Un vrai homme ne s’évapore pas à la vue d’un test de grossesse. Il se tient debout, assume, et construit. Parce qu’à la fin, ce ne sont pas les mots qui font un père. Ce sont les actes.
Par N'Guessan ASSA
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