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Annoncée victorieuse avec plus de 97 % des voix, la présidente Samia Suluhu Hassan fait face à une contestation massive. Arrestations, coupures d’internet, morts par dizaines, accusations de fraude : la Tanzanie vit l’une des crises politiques les plus violentes de son histoire récente.

L’élection présidentielle du 29 octobre 2025 n’a laissé aucune chance à l’opposition. Les principaux candidats ont été écartés ou arrêtés avant même le vote, comme Tundu Lissu, figure majeure de la contestation. Résultat : un scrutin sans véritable adversaire pour la présidente sortante, et un taux de victoire soviétique de 97,66 %.

Les observateurs indépendants parlent d’un vote ni libre ni transparent. Forces de sécurité omniprésentes, intimidations, impossibilité pour les médias d’informer librement : tout indique un scrutin verrouillé..

Dès l’annonce des résultats, la rue s’est embrasée. À Dar es Salaam et dans plusieurs villes, les manifestations ont dégénéré. Bâtiments publics attaqués, riposte brutale de la police, usage de gaz lacrymogène et de balles réelles. Le gouvernement a imposé un couvre-feu et coupé ou ralenti l’accès à Internet pour empêcher la mobilisation.

Le nombre de victimes reste flou. L’opposition évoque des centaines de morts, parlant même de plus de 700. Les autorités, elles, gardent le silence ou minimisent.

 Des cas d’enlèvements ciblant des militants et des cadres de l’opposition sont signalés. Les organisations de défense des droits humains confirment des « preuves crédibles » d’exécutions et d’abus.

Une victoire contestée, un pays sous tension

Malgré le chaos, Samia Suluhu Hassan a été investie le 3 novembre à Dodoma, lors d’une cérémonie réduite et très encadrée. Sur le papier, elle entame un nouveau mandat. Dans les faits, sa légitimité est largement contestée.

L’opposition refuse de reconnaître le résultat et parle d’un coup de force. Dans les quartiers populaires, la colère reste vive. Le régime, lui, semble décidé à serrer la vis : contrôle accru des médias, arrestations, intimidation des voix critiques.

Cette crise aura des effets durables. Le pays, longtemps perçu comme stable, bascule dans une ère de méfiance politique et de répression. Les investisseurs s’inquiètent, le tourisme pourrait s’effondrer et la réputation internationale du pays se dégrade.

La communauté internationale réagit timidement. L’Union africaine a félicité la présidente, malgré les critiques. Les ONG, elles, tirent la sonnette d’alarme.

Une démocratie à reconstruire

 

La Tanzanie fait face à un tournant historique. L’élection censée renforcer la stabilité du pays a finalement exposé ses fractures profondes. Entre répression, colère populaire et institutions fragilisées, la question est désormais simple : la Tanzanie peut-elle encore prétendre à une véritable démocratie ?

Une Correspondance particulière de 

BEN DOUM

 

 

 

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Tag(s) : #Politique internationale
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