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On ne va pas faire à nos parlementaires le procès de l’indigence. Parce qu’ils ne le sont pas. En tout cas, par rapport à la majorité des citoyens, nos élus ne sont pas logés à si mauvaise enseigne que cela. Le titre de député doit nourrir son homme. C’est vrai que, avec tous les quémandeurs qui s’alignent au portillon dès le lever du jour, et comme il faut bien entretenir la «base», il ne doit pas en rester suffisamment dans le bas de laine pour faire bouillir la marmite. Si on considère que l’Honorable ordinaire n’a que quelque 800.000 pauvres Cfa mensuels, alors il est effectivement à plaindre.
Heureusement qu’il y a l’argent des microprojets. On vous parle de ce 1,400 milliard de francs d’argent public destiné, chaque année, aux parlementaires pour la réalisation de projets de développement dans leurs circonscriptions respectives. Les dispositions y afférentes précisent qu’il s’agit exclusivement d’opérations d’investissement physiques dans la construction ou la réfection des salles de classe de tous ordres d’enseignement, de l’érection ou de la réfection de cases de santé, d’édifices publics ; de l’équipement en matériel didactique des écoles, de la fourniture du matériel médical aux formations sanitaires, de la construction ou de l’entretien de routes, de l’électrification rurale, de l’aménagement de points d’eau, de l’adduction d’eau, de la construction ou de l’entretien des ponts.

C’est peu, estiment certains, pour 8 millions de francs annuels par tête de pipe. Pour d’autres, ça fait beaucoup pour un seul homme. Alors, c’est peu ou c’est beaucoup, à la fin ? La polémique fait rage. Nous, pour ne déplaire à personne, on va dire que ce n’est ni l’un ni l’autre. En l’absence des «rapports» de réalisations exigés, voire de contre-expertises que les utilisateurs de l’argent refusent ostentatoirement de produire depuis des années, comment peut-on évaluer avec objectivité ? Il y en a qui affirment que c’est une forme d’argent de poche destiné à consoler les «gagne-petit» de l’hémicycle. Nous n’avons pas l’intention de les suivre sur cette voie, même si on a quand même le droit de demander des comptes.
Qu’il soit utilisé à des fins personnelles ou pour des réalisations à caractère communautaire, l’argent des microprojets charrie quelque chose à la fois d’indécent et de pernicieux. En rase campagne, lorsqu’il peut l’atteindre, ils sont très peu nombreux, les élus ayant l’honnêteté d’expliquer aux populations ses origines et sa provenance. Le député, à chaque petit don ou moindre réalisation, aussi minables soient-ils, est élevé au rang de Messie cosmo planétaire.
L’occasion faisant le larron, ces petites actions sociales deviennent une redoutable arme de propagande politique en faveur du «donateur». La réélection est ainsi garantie. Avec l’argent du contribuable. A moins d’avoir oublié d’«intéresser» toute la chaîne de cooptation politique. Ou de n’avoir pas su corrompre l’électeur-roi. Les fonds des microprojets assurent l’inamovibilité des Honorables. Sonnant.


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Tag(s) : #Politique
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