| Côte d'Ivoire : le dialogue plutôt que la force, pour le moment, selon la Cédéao [2010-12-30 09:29:23] En les remerciant et en les invitant à revenir bientôt à Abidjan, c'est un véritable pied de nez que Laurent Gbagbo a fait aux trois chefs d'Etat africains, les présidents béninois Boni Yayi, sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires, venus le presser de céder sa place... Les discussions ont certes été courtoises voire policées, mais les résultats vains car c'est un Laurent Gbagbo décontracté mais ferme qu'ils ont trouvé. Sa position n'a pas varié d'un iota : j'ai gagné l'élection présidentielle et je vous en donne les preuves... et le président sortant de brandir des procès-verbaux ! Réplique en choeur des trois émissaires : mais monsieur le président, ce ne sont pas les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante et certifiés par les Nations unies. Réponse de Laurent Gbagbo : c'est justement pour cela que je propose la mise en place d'un comité d'évaluation post électoral. Si ce comité me fait la démonstration que j'ai perdu, pas de problème, je me retire... Face à la Cédéao, Laurent Gbagbo n'a rien lâché et chaque fois qu'il en a eu l'occasion pendant les deux heures et demie d'entretien, subtilement il a toujours brandi la menace d'un embrasement de l'ensemble de la région si toutefois on se risquait simplement à essayer de le déloger par la force. Goodluck Jonathan, président du Nigéria et président en exercice de la Cédéao Nous sommes toujours en discussion avec les émissaires que nous avons envoyé voir le président Gbagbo à propos de la crise ivoirienne. Ils sont venus rendre compte, mais ils y retournent le 3 janvier, donc je ne veux pas vous en dire plus sur le contenu des discussions. Ils y retournent le 3, ensuite ils reviendront et là nous prendrons une décision. Quand il y a des désaccords entre les gens, c'est le dialogue qui permet de résoudre les problèmes. Ce dialogue est en cours, on nous a demandé de retourner à Abidjan, donc ils vont y retourner Le camp Gbagbo prépare une contre-attaque judiciaire Laurent Gbagbo s’apprête à lancer une contre-offensive juridique pour justifier son maintien -contesté- au pouvoir et dénoncer les ingérences extérieures. Une plainte devant la Cour de justice de la Cédéao a déjà été déposée et l’idée de saisir la Cour internationale de justice est bien avancée. Les juristes du palais sont actuellement au travail et si Laurent Gbagbo ou ses proches dénoncent régulièrement un complot international contre la Côte d’Ivoire, cela ne les empêche pas de tenter de mobiliser à l’extérieur des frontières, aux Etats-Unis mais aussi en France. D’éminents juristes ont été contactés. Parmi les célébrités approchées ces derniers jours, deux noms reviennent en boucle : Jacques Vergès et Roland Dumas qui devraient tous deux arriver ce jeudi matin à Abidjan. Dans l’entourage d’Alassane Ouattara, on ironise sur cette stratégie de défense. Son ministre de la Justice, Jeannot Ahoussou Kouadio, considère que si Jacques Vergès venait à défendre les intérêts de Laurent Gbagbo, c’est que sa cause est déjà perdue. Quant à l’évocation de Roland Dumas, cet avocat de formation reprend une citation attribuée à l’ancien président français François Mitterrand, «pour le droit, j’ai Badinter, pour le tordu, j’ai Dumas».Sanctions internationales : l’Union européenne augmente la pression L’Union européenne a décidé de porter à 61 le nombre de proches du président ivoirien autoproclamé Laurent Gbagbo qui seront interdits de visas. Cette nouvelle liste vise des membres du gouvernement de Laurent Gbagbo et aussi des membres du Conseil constitutionnel, des responsables militaires, économiques et des médias. Ces nouvelles mesures seront soumises début janvier, pour approbation, aux 27 pays membres de l'Union.
RFI |
Côte d'Ivoire : le dialogue plutôt que la force, pour le moment, selon la Cédéao
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