Le 29 Décembre 2010
A son Excellence M. L'Ambassadeur,
Vous n'ignorez pas que depuis deux semaines je me suis consacré a la tâche d'aider à trouver une solution à la crise en Côte d'Ivoire. Comme je l'ai déclaré publiquement le 20 Décembre dernier, ma mission ne consistait pas à déterminer qui avait gagné ou perdu les élections mais elle consistait plutôt à aider à une résolution pacifique de la crise par la voie du dialogue, de la médiation et le leadership et la participation de la communauté internationale.
Comme vous le savez Excellence, dès les premiers instants de mon implication dans ce dossier, j'ai formulé publiquement la demande à M. Gbagbo de demander une enquête internationale concernant ses accusations de fraude électorale et de violence dans les bureaux de vote et de se conformer aux décisions de cette enquête dans l'intérêt d'une résolution pacifique et arbitrée de cette crise.
Ces dix derniers jours, j'ai eu à cet effet, de nombreux entretiens avec un haut fonctionnaire du Département d'Etat, visant surtout à faciliter un entretien entre le Président des Etats Unis et M, Gbagbo dans la recherche de solutions alternatives pour une résolution pacifique, qui éviterait de nouvelles effusions de sang dans l'intérêt de son pays et de celui du peuple Ivoirien. Il n'existe aucune excuse pour un retour de la violence ou de la guerre civile.
Malheureusement comme vous le savez, la décision a été prise a Abidjan d'empêcher que les appels du Président Obama ne parviennent à M. Gbagbo et ce malgré mes objections continues à cette décision. Je n'ai par ailleurs pas été en mesure d'entrer en contact direct avec M. Gbagbo pour lui communiquer personnellement mon avis, malgré mes tentatives répétées dont les dernières remontent à ces dernières vingt quatre heures. Dans ces conditions et sans aller dans les détails des désaccords dont vous n'ignorez rien entre moi et les représentants du gouvernement, je suis venu à la conclusion que l'on ne m'a pas permis de mener à bien la mission dont on m'avait chargé et ce malgré mes efforts soutenus dans ce sens.
Je ne peux donc en bonne conscience continuer à parler au nom de votre gouvernement. C'est une décision difficile pour moi car je me croyais sincèrement capable de contribuer à trouver une solution pacifique répondant aux craintes de la communauté internationale et aux aspirations du peuple Ivoirien d'éviter de nouvelles effusions de sang.
Ma décision est sans appel.
Je continuerai à déployer tous mes efforts pour encourager les différentes parties à résoudre cette affaire de manière pacifique par la voie du dialogue, de la médiation et de la non violence, mais pour les raisons énumérées ci dessus, ne pourrai plus le faire comme représentant de votre gouvernement.
Haute considération,
Lanny J. Davis
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