La crise de l'éducation a eu pour conséquence la crise générale dans la cote d'ivoire moderne. Cette crise de l'éducation faisait la une des grands débats à l'époque où en parlait déjà Hannah Arendt depuis des décennies. Elle la considérait comme un « problème politique de première heure » qui pour être spécifique à l'Amérique n'en était pas moins susceptible de s'étendre partout dans le monde.[1]
Ainsi cela nous pousse dans l'arène du débat pour nous convaincre que là où on décèle une crise, il importe de revenir aux questions elles mêmes, c'est-à-dire de trouver des réponses nouvelles faute de quoi, à se contenter des « préjugés » et des idées toutes faites. On court alors à la catastrophe. Les conséquences de ce « pathos de la nouveauté » ont été la mise à l'écart des règles traditionnelles de bon sens en matière d'éducation. Autre facteur à prendre en considération même s'il n'est pas la cause de la crise ivoirienne, mais seulement la source de son aggravation :au nom du principe tout a fait fondé de l'égalité de tous et notamment de l'égalité des chances, l'éducation ivoirienne a épousée le critère de la sélection basée sur la « médiocratie », tel qu' on le trouve dans les Etats qui ont aboli la pensée et ont fait descendre et résumé la politique à la violence, l'irrévérence, l'incivisme, comme le moyen de commandement. On s'est toujours contenté de dire en cote d'ivoire « on s'en fout. cela n'a pas commencé avec moi, ce n'est pas avec moi que cela va prendre fin » oubliant que cette phrase est celle que nous prononçons quand nous sommes en groupe. En la prononçant on se rattache à une tradition et à une communauté : celle des médiocres et des imbéciles.
La situation politique en cote d'ivoire résulterait donc « de la prise de conscience en définitive de l'aspect destructeur de ces trois idées »[2]. A partir de là Hannah Arendt pose deux questions : quels aspects nouveaux du monde moderne cette crise ivoirienne relève telle ?quel est le rôle de l'éducation ? Elle nous rappelle tout d'abord quel doit être le rôle des parents face aux nouveaux venus qui sont aussi en devenir : soigner, protéger les enfants contre un monde qui risque de les détruire. Mais corrélativement, assurer la continuité du monde tel qu'il a préexisté et préexistera à ces nouveaux venus qui risquent de le mettre en mal. La place de l'enfant est donc la sphère familiale d'un chez soi intime et privé qui constitue « un rempart contre la lumière impitoyable du monde public. »[3]
L'actualité politique ivoirienne consécutive de la crise de l'éducation révèle la contradiction entre l'idéal de nouveauté absolu de la société en rupture avec son passé et ses traditions. Un passé qui faisait le charme de l'existence à travers le respect des anciens, de l'autorité parentale et de l'écoute. Ce que les grecs appelaient l' « Aidos » c'est-à-dire la pudeur, la honte faisaient la fierté des nouveaux venus.ils (les grecs mettaient cet Aïdos au principe de l'éducation. L'enfant disaient-ils n'étaient pas spontanément logique.il acquiesce au logos, car il est doué d'Aïdos. C'est parce qu'il est soucieux de l'image visible qu'il donne de lui même qu'il écoute ce qu'on lui dit. Or en cote d'ivoire durant toutes ces crises, cet Aïdos est parti. Ce qui faisait honte désormais ce n'était plus le regard des adultes (puisqu'eux mêmes ont démissionné), c'était celui du groupe, des copains.
Bien évidemment dans le groupe, parmi les copains on perd le contrôle et la possibilité de penser. C'est pourquoi depuis 1990, on assistait à des assassinats, des destructions de biens, des calomnies de toutes sortes, à la culture de l'irrévérence de la part des jeunes. Le symptôme le plus significatif de la crise et qui indique sa profondeur et son sérieux, est qu'il a gagnée comme nous le disions des sphères prépolitiques : l'éducation, l'instruction des enfants et de l'autorité qui a toujours été accepté comme une nécessité naturelle. Par conséquent, le fait même que cette autorité prépolitique qui présidait aux relations entre adultes et enfants , maitres et élèves n'est plus assurée, signifie que toutes les métaphores et tous les modèles de relations autoritaires traditionnellement à l'honneur ont perdu leur plausibilité.
En pratique, aussi bien qu'en théorie ; nous ne sommes plus en mesure de savoir ce que l'éducation sert effectivement. La thèse que nous soutenons est que la réponse à la question sus-posée ne peut aucunement se trouver dans une conception ou de la nature véritable de l'éducation. L'éducation qui est en crise n'est pas une telle « éducation en générale », mais plutôt une forme bien spécifique d'éducation qui a eu cours à travers toute la cote d'ivoire durant une longue période (1990-2011). L'éducation reposait sur une fondation dans le passé qui lui tenait lieu de constante pierre angulaire. Elle donnait au monde, la permanence et le caractère durable dont les êtres humains avaient besoin précisément parce qu'ils sont mortels.
Aujourd'hui, les dirigeants se sont posées comme des éducateurs et les éducateurs ont été accusés de diriger. On assista alors à un véritable renversement des valeurs dans la formation des jeunes dans la cité. Dans le domaine politique, on a toujours affaire à des adultes qui ont passé l'âge de l'éducation à proprement parler et le droit de participer au maniement des affaires publiques commence précisément quand l'éducation est achevée. A l'inverse, dans l'éducation ; on a toujours affaire à des gens qui ne peuvent encore êtres admis à la politique et à l'égalité parce qu'ils sont en train d'y êtres préparées.
C'est pourquoi, l'éducation chez Hannah Arendt apparait comme un autre aspect fondamental de la formation politique des jeunes. Préparer les jeunes à exercer leur responsabilité de citoyens dans une polis suppose d'opter pour des pratiques éducatives visant à transmettre des valeurs du « nous-commun », du « vivre-ensemble ».les dérives observées dans l'engagement des jeunes dans la politique tout comme dans l'armée s'expliquent en partie par leur manque d'éducation au politique. Hannah Arendt fait observer que dans les espaces d'éducations informelles, au sein de la famille et la société toute entière ; c'est à une crise profonde des valeurs que l'on se résigne souvent : la violence, l'incivisme, le désordre ont pris le pas sur l'engagement citoyen.
Par la même occasion, on pourrait dire que toute la société ivoirienne a besoin d'une réparation morale, une (ré) éducation aux valeurs de non-violence, de respect de droit de l'homme.il s'agira de transmettre à la jeunesse ivoirienne des valeurs sociales, de l'éduquer à la citoyenneté et la démocratie. Que nos politiques arrêtent de manipuler la jeunesse dans leur conquête ou conservation du pouvoir. Cette jeunesse qui constitue « l'impératif catégorique »de toutes les générations .Ce d'autant plus que pour la jeunesse l'engagement politique répond moins à des convictions idéologiques qu'à des critères ethniques, religieux et surtout pécuniaires. Les plus grandes victimes des conflits politiques et armés en Afrique sont les jeunes. Ils sont exposés à la mort précoce, aux mutilations et handicaps de tous genres, à la déscolarisation. On assiste, aujourd'hui à une « défaite intellectuelle » ou un « génocide intellectuel ».
Les voyous publics, la plèbe, la racaille, la canaille et les « imbéciles heureux » comme les appellent Bernanos, ont aboli la pensée, les valeurs cardinales qui régissent nos sociétés traditionnelles africaines au détriment de la violence ; sous le fallacieux prétexte que nous vivons dans un monde où les intérêts économiques priment sur les valeurs humaines. La cote d'ivoire sort de cette longue crise (1990-2011) en totale déliquescence. Une déliquescence qui elle-même est due à la crise de l'éducation. Nous avons eu affaire depuis les indépendances à une société corrompue qui a poussé à la corruption, pourrie qui a poussé à la pourriture, crétinisé qui a poussé à la crise.
Tout au long de cette crise les ivoiriens ont avancé dans le brouillard, enfonçant des portes déjà ouverte vers la pensée et l'avenir. A l'aube de ce siècle à venir placé tout entier sous le signe de la démystification, ce sont encore les « imbéciles heureux » qui feront le malin. Nous avons voulu comprendre le rôle de l'éducation dans l'explication des différentes crises survenues en cote d'ivoire.il y a eu comme une odeur de mauvaise foi, d'amalgames et de maladresses de part et d'autres.une crise nous force à revenir aux questions elles mêmes et requiert de nous des réponses nouvelles ou anciennes, mais en tout cas des jugements directs. Les crises ivoiriennes deviennent catastrophiques parce que nous avons répondu par des idées toutes faites, c'est-à-dire des préjugés. Une telle attitude a rendu les crises plus aigues.
La crise de l'éducation en cote d'ivoire annonce d'une part la faillite des méthodes modernes d'éducation et d'autre part pose un problème extrêmement difficile parce qu'elle a surgi au sein d'une société de masse. A chaque crise c'est un pan de « la cité ivoire », quelque chose de commun à tous les ivoiriens qui s'écroule : « comme une baguette magique la faillite du sens commun indique où s'est produit un tel effondrement. »[4] À première vue, on pourrait penser que cette anomalie est due à la nature d'une société de masse où l'éducation n'était plus le privilège des classes aisées ou non aisées. Lorsque dans La République Platon préconisait que la cité soit géré par des philosophes, une espèce d'hommes habités par la sagesse, détachés des biens du monde, des honneurs et des plaisirs, c'était pour mettre en exergue la valeur de l'éducation dans une cité qui aspire à une meilleure organisation.
Aristote quant à lui, dans Ethique à Nicomaque, montre mieux cette importance de l'éducation des citoyens. Une éducation qui permettra de faire sortir une catégorie d'homme politique : celle qui y vient c'est-à-dire à la politique par amour de la gloire contrairement à celle qui vient à l'action publique pour les richesses, les honneurs qu'elle procure. L'actualité politique ivoirienne désastreuse ouverte par la crise de l'éducation nous a fait perdre notre foyer c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne avec nos proches. Nous avons perdu notre profession c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en cette terre d'ivoire. Nous avons perdu notre langue maternelle c'est-à-dire nos réactions naturelles, la simplicité des gestes et l'expression spontanée de nos sentiments. Nous avons laissé nos parents dans les ghettos d'Abobo, de Yopougon, de Duékoué etc., et nos meilleurs amis ont été assassinés. Ce qui signifie que nos vies privées ont été brisées et par delà l'éducation est entrée en crise[5].
Sous l'influence de Rousseau, l'éducation devient un moyen de la politique et la politique elle-même une forme d'éducation .On ne peut éduquer les adultes, l'éducation à, un terme, même si l'on peut toujours continuer d'apprendre. La « pédagogie » désigne la relation parents-enfants, elle nous concerne donc tous pour que les nouveaux arrivants puissent bénéficier d'un « espace commun » une terre d'ivoire digne d'être habité par des hommes. Dans cet exercice de restitution ou de compréhension d'une situation politique à partir de l'éducation, il nous a semblé enfin traduire dans le concret de la pensée, une vision de la philosophie qui ne perd pas de vue le fait social fondamental. Si la philosophie a un sens, c'est dans la mesure où elle donne réponses aux problèmes que nous rencontrons autour de nous ou en nous. Et elle peut nous fournir un ensemble de recettes, de savoir faire en phase avec la réalité actuelle et dont les jeunes ont besoin pour vivre pleinement leur vie.
Ainsi cela nous pousse dans l'arène du débat pour nous convaincre que là où on décèle une crise, il importe de revenir aux questions elles mêmes, c'est-à-dire de trouver des réponses nouvelles faute de quoi, à se contenter des « préjugés » et des idées toutes faites. On court alors à la catastrophe. Les conséquences de ce « pathos de la nouveauté » ont été la mise à l'écart des règles traditionnelles de bon sens en matière d'éducation. Autre facteur à prendre en considération même s'il n'est pas la cause de la crise ivoirienne, mais seulement la source de son aggravation :au nom du principe tout a fait fondé de l'égalité de tous et notamment de l'égalité des chances, l'éducation ivoirienne a épousée le critère de la sélection basée sur la « médiocratie », tel qu' on le trouve dans les Etats qui ont aboli la pensée et ont fait descendre et résumé la politique à la violence, l'irrévérence, l'incivisme, comme le moyen de commandement. On s'est toujours contenté de dire en cote d'ivoire « on s'en fout. cela n'a pas commencé avec moi, ce n'est pas avec moi que cela va prendre fin » oubliant que cette phrase est celle que nous prononçons quand nous sommes en groupe. En la prononçant on se rattache à une tradition et à une communauté : celle des médiocres et des imbéciles.
La situation politique en cote d'ivoire résulterait donc « de la prise de conscience en définitive de l'aspect destructeur de ces trois idées »[2]. A partir de là Hannah Arendt pose deux questions : quels aspects nouveaux du monde moderne cette crise ivoirienne relève telle ?quel est le rôle de l'éducation ? Elle nous rappelle tout d'abord quel doit être le rôle des parents face aux nouveaux venus qui sont aussi en devenir : soigner, protéger les enfants contre un monde qui risque de les détruire. Mais corrélativement, assurer la continuité du monde tel qu'il a préexisté et préexistera à ces nouveaux venus qui risquent de le mettre en mal. La place de l'enfant est donc la sphère familiale d'un chez soi intime et privé qui constitue « un rempart contre la lumière impitoyable du monde public. »[3]
L'actualité politique ivoirienne consécutive de la crise de l'éducation révèle la contradiction entre l'idéal de nouveauté absolu de la société en rupture avec son passé et ses traditions. Un passé qui faisait le charme de l'existence à travers le respect des anciens, de l'autorité parentale et de l'écoute. Ce que les grecs appelaient l' « Aidos » c'est-à-dire la pudeur, la honte faisaient la fierté des nouveaux venus.ils (les grecs mettaient cet Aïdos au principe de l'éducation. L'enfant disaient-ils n'étaient pas spontanément logique.il acquiesce au logos, car il est doué d'Aïdos. C'est parce qu'il est soucieux de l'image visible qu'il donne de lui même qu'il écoute ce qu'on lui dit. Or en cote d'ivoire durant toutes ces crises, cet Aïdos est parti. Ce qui faisait honte désormais ce n'était plus le regard des adultes (puisqu'eux mêmes ont démissionné), c'était celui du groupe, des copains.
Bien évidemment dans le groupe, parmi les copains on perd le contrôle et la possibilité de penser. C'est pourquoi depuis 1990, on assistait à des assassinats, des destructions de biens, des calomnies de toutes sortes, à la culture de l'irrévérence de la part des jeunes. Le symptôme le plus significatif de la crise et qui indique sa profondeur et son sérieux, est qu'il a gagnée comme nous le disions des sphères prépolitiques : l'éducation, l'instruction des enfants et de l'autorité qui a toujours été accepté comme une nécessité naturelle. Par conséquent, le fait même que cette autorité prépolitique qui présidait aux relations entre adultes et enfants , maitres et élèves n'est plus assurée, signifie que toutes les métaphores et tous les modèles de relations autoritaires traditionnellement à l'honneur ont perdu leur plausibilité.
En pratique, aussi bien qu'en théorie ; nous ne sommes plus en mesure de savoir ce que l'éducation sert effectivement. La thèse que nous soutenons est que la réponse à la question sus-posée ne peut aucunement se trouver dans une conception ou de la nature véritable de l'éducation. L'éducation qui est en crise n'est pas une telle « éducation en générale », mais plutôt une forme bien spécifique d'éducation qui a eu cours à travers toute la cote d'ivoire durant une longue période (1990-2011). L'éducation reposait sur une fondation dans le passé qui lui tenait lieu de constante pierre angulaire. Elle donnait au monde, la permanence et le caractère durable dont les êtres humains avaient besoin précisément parce qu'ils sont mortels.
Aujourd'hui, les dirigeants se sont posées comme des éducateurs et les éducateurs ont été accusés de diriger. On assista alors à un véritable renversement des valeurs dans la formation des jeunes dans la cité. Dans le domaine politique, on a toujours affaire à des adultes qui ont passé l'âge de l'éducation à proprement parler et le droit de participer au maniement des affaires publiques commence précisément quand l'éducation est achevée. A l'inverse, dans l'éducation ; on a toujours affaire à des gens qui ne peuvent encore êtres admis à la politique et à l'égalité parce qu'ils sont en train d'y êtres préparées.
C'est pourquoi, l'éducation chez Hannah Arendt apparait comme un autre aspect fondamental de la formation politique des jeunes. Préparer les jeunes à exercer leur responsabilité de citoyens dans une polis suppose d'opter pour des pratiques éducatives visant à transmettre des valeurs du « nous-commun », du « vivre-ensemble ».les dérives observées dans l'engagement des jeunes dans la politique tout comme dans l'armée s'expliquent en partie par leur manque d'éducation au politique. Hannah Arendt fait observer que dans les espaces d'éducations informelles, au sein de la famille et la société toute entière ; c'est à une crise profonde des valeurs que l'on se résigne souvent : la violence, l'incivisme, le désordre ont pris le pas sur l'engagement citoyen.
Par la même occasion, on pourrait dire que toute la société ivoirienne a besoin d'une réparation morale, une (ré) éducation aux valeurs de non-violence, de respect de droit de l'homme.il s'agira de transmettre à la jeunesse ivoirienne des valeurs sociales, de l'éduquer à la citoyenneté et la démocratie. Que nos politiques arrêtent de manipuler la jeunesse dans leur conquête ou conservation du pouvoir. Cette jeunesse qui constitue « l'impératif catégorique »de toutes les générations .Ce d'autant plus que pour la jeunesse l'engagement politique répond moins à des convictions idéologiques qu'à des critères ethniques, religieux et surtout pécuniaires. Les plus grandes victimes des conflits politiques et armés en Afrique sont les jeunes. Ils sont exposés à la mort précoce, aux mutilations et handicaps de tous genres, à la déscolarisation. On assiste, aujourd'hui à une « défaite intellectuelle » ou un « génocide intellectuel ».
Les voyous publics, la plèbe, la racaille, la canaille et les « imbéciles heureux » comme les appellent Bernanos, ont aboli la pensée, les valeurs cardinales qui régissent nos sociétés traditionnelles africaines au détriment de la violence ; sous le fallacieux prétexte que nous vivons dans un monde où les intérêts économiques priment sur les valeurs humaines. La cote d'ivoire sort de cette longue crise (1990-2011) en totale déliquescence. Une déliquescence qui elle-même est due à la crise de l'éducation. Nous avons eu affaire depuis les indépendances à une société corrompue qui a poussé à la corruption, pourrie qui a poussé à la pourriture, crétinisé qui a poussé à la crise.
Tout au long de cette crise les ivoiriens ont avancé dans le brouillard, enfonçant des portes déjà ouverte vers la pensée et l'avenir. A l'aube de ce siècle à venir placé tout entier sous le signe de la démystification, ce sont encore les « imbéciles heureux » qui feront le malin. Nous avons voulu comprendre le rôle de l'éducation dans l'explication des différentes crises survenues en cote d'ivoire.il y a eu comme une odeur de mauvaise foi, d'amalgames et de maladresses de part et d'autres.une crise nous force à revenir aux questions elles mêmes et requiert de nous des réponses nouvelles ou anciennes, mais en tout cas des jugements directs. Les crises ivoiriennes deviennent catastrophiques parce que nous avons répondu par des idées toutes faites, c'est-à-dire des préjugés. Une telle attitude a rendu les crises plus aigues.
La crise de l'éducation en cote d'ivoire annonce d'une part la faillite des méthodes modernes d'éducation et d'autre part pose un problème extrêmement difficile parce qu'elle a surgi au sein d'une société de masse. A chaque crise c'est un pan de « la cité ivoire », quelque chose de commun à tous les ivoiriens qui s'écroule : « comme une baguette magique la faillite du sens commun indique où s'est produit un tel effondrement. »[4] À première vue, on pourrait penser que cette anomalie est due à la nature d'une société de masse où l'éducation n'était plus le privilège des classes aisées ou non aisées. Lorsque dans La République Platon préconisait que la cité soit géré par des philosophes, une espèce d'hommes habités par la sagesse, détachés des biens du monde, des honneurs et des plaisirs, c'était pour mettre en exergue la valeur de l'éducation dans une cité qui aspire à une meilleure organisation.
Aristote quant à lui, dans Ethique à Nicomaque, montre mieux cette importance de l'éducation des citoyens. Une éducation qui permettra de faire sortir une catégorie d'homme politique : celle qui y vient c'est-à-dire à la politique par amour de la gloire contrairement à celle qui vient à l'action publique pour les richesses, les honneurs qu'elle procure. L'actualité politique ivoirienne désastreuse ouverte par la crise de l'éducation nous a fait perdre notre foyer c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne avec nos proches. Nous avons perdu notre profession c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en cette terre d'ivoire. Nous avons perdu notre langue maternelle c'est-à-dire nos réactions naturelles, la simplicité des gestes et l'expression spontanée de nos sentiments. Nous avons laissé nos parents dans les ghettos d'Abobo, de Yopougon, de Duékoué etc., et nos meilleurs amis ont été assassinés. Ce qui signifie que nos vies privées ont été brisées et par delà l'éducation est entrée en crise[5].
Sous l'influence de Rousseau, l'éducation devient un moyen de la politique et la politique elle-même une forme d'éducation .On ne peut éduquer les adultes, l'éducation à, un terme, même si l'on peut toujours continuer d'apprendre. La « pédagogie » désigne la relation parents-enfants, elle nous concerne donc tous pour que les nouveaux arrivants puissent bénéficier d'un « espace commun » une terre d'ivoire digne d'être habité par des hommes. Dans cet exercice de restitution ou de compréhension d'une situation politique à partir de l'éducation, il nous a semblé enfin traduire dans le concret de la pensée, une vision de la philosophie qui ne perd pas de vue le fait social fondamental. Si la philosophie a un sens, c'est dans la mesure où elle donne réponses aux problèmes que nous rencontrons autour de nous ou en nous. Et elle peut nous fournir un ensemble de recettes, de savoir faire en phase avec la réalité actuelle et dont les jeunes ont besoin pour vivre pleinement leur vie.
Universitaire et libre penseur
05450927/40111809
Yveskoffi@ yahoo.fr
05450927/40111809
Yveskoffi@ yahoo.fr
Publicité
/image%2F1486079%2F20220130%2Fob_45bf33_monument-com.jpg)