Ce qu’en pensent les autorités administratives
La cité de Bonoua s’est donné une « constitution ». Ce document a valeur de « loi royale » selon ses concepteurs. Il vise à modifier les us et coutumes et à « réglementer » les pratiques de la vie sociale de cette commune. Redigé par les classes d’âge du royaume, il sera présenté officiellement le 29 mars aux autorités administratives locales. Le texte couvre tous les domaines de la vie courante. Le président du conseil général du département de Grand-Bassam, M. Akoï Kacou Innocent, natif de Bonoua, apprécie l’initiative. Pour lui, le peuple Abouré veut évoluer avec ses valeurs traditionnelles et culturelles. « C’est une habitude de nos parents, liée au fonctionnement de notre société traditionnelle pour réglementer la vie entre les populations. Nous avons un roi, une classe d’âges. Pour faciliter les échanges, il y a des lois, des règles bien établies. Au départ, tout était basé sur la tradition orale. C’est pour ne pas perdre cela que nous avons décidé de parcourir ces lois traditionnelles et de les mettre par écrit. Les lois traditionnelles ont toujours existé mais l’idée de les garder par écrit est partie de la génération M’Ploussoué et a été reprise par la génération N’Nowé. Les Noudjou, la classe d’âge au pouvoir essaie de réadapter les textes aux réalités de la vie sociale», explique M. Akoï Kacou Innocent. Il souligne que « le pouvoir vient d’être cédé à la génération Noudjou il y a un an. Elle a le devoir de passer en revue les textes et de les mettre à jour. Les textes renferment les problèmes de la vie courante». Le président du conseil général de Grand-Bassam affirme que le peuple Abouré est solidaire et soucieux de l’évolution de l’autre. «Nous avons un roi, des notables. A côté, il y a les M’Man que sont la population et la classe dirigeante. Notre force, ce sont nos valeurs traditionnelles. C’est cette valeur de solidarité qui est notre souci permanent», a-t-il commenté exprimant implicitement son soutien au projet. Il a souligné que c’est après 21 ans que le pouvoir est transféré d’une génération à l’autre. Nous avons tenté d’arracher quelques mots à l’un des présidents de quartier, notamment le président de Begnery, M. Akoï Félix. Mais, ce dernier a souhaité «ne pas se prononcer». Le maire de Bonoua M. N’Guessan Bohi Faustin n’a également pas voulu se prêter à nos questions. Pour lui, «ces textes ne sont pas promulgués. Il nous faut donc attendre». Cap sur la cour royale où nos tentatives pour avoir de plus amples informations sur les fondements de ces textes sont restées vaines. Soulignons que chez les Abourés « Ehivet » de Bonoua, le roi, représente le pouvoir exécutif, les notables choisis dans chacune des sept familles sont les ministres. Les M’Man qui sont la population et la classe dirigeante ou la classe au pouvoir représentent les parlementaires.
Emmanuelle Kanga, Correspondante régionale
La nouvelle "Constitution" de Bonoua suite
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