La Politique, dit-on, ne s’affuble pas de subterfuges. Et pour être un grand et bon politicien, il faut être un loup pour ses électeurs et un carnassier pour ses adversaires. Seulement, à l’instar du sport où l’adversaire est à battre certes mais aussi et surtout à respecter, les Politiques devraient également afficher des ambitions légitimes mais qui riment avec un code d’honneur qui consiste à ne pas bonimenter sur des adversaires plus coriaces et avec lesquels ils ne peuvent nullement tenir la comparaison. Au risque de se retrouver dans une situation incontrôlable. C’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire où le non-respect du code d’honneur par l’un des candidats plonge le pays naguère locomotive oasis de stabilité de la sous-région ouest-africaine dans un embrouillamini total. L’Afrique de l’Ouest n’a jamais connu un tel schéma suite des élections pourtant qualifiées de crédibles par des observateurs internationaux dont certains ont eu du mal à demeurer neutres. Toutefois dans l’ensemble, le scrutin du 28 novembre 2011 a tenu toutes ses promesses. L’on s’en souvent, un face à face mémorable et inédit avait opposé le Président sortant Koudou Gbagbo Laurent à Ouattara Alassane, son adversaire et ancien allié du Front Républicain. Malheureusement, à l’issue de la présidentielle du 28 novembre, l’amitié même circonstancielle du temps du Front Républicain ne suffira point pour calmer les ardeurs et les piques des militants des deux camps. Qui ne veulent et surtout ne peuvent pas comprendre que leur candidat Koudou Laurent Gbagbo ait perdu les élections qu’il a lui-même organisées. Du coup, pour se réveiller de ce cauchemar que la CEI a fait faire à KLG, le Conseil Constitutionnel se déclare compétent pour annoncer les résultats et s’en autosaisit. Alors, son président Paul Yao N’Dré, annone pardon proclame les résultats à la télé. Le contentieux électoral lui en donnant le droit. Malheureusement, au moment où il se saisissait du dossier, la CEI ne l’avait pas encore formellement saisit pour lui signifier son incapacité à proclamer les résultats. Pour bien faire les choses, Paul Yao N’dré épluche 20.000 PV d’autant de bureaux de vote en 180 minutes. Du coup, la Côte d’Ivoire se retrouvait avec deux vainqueurs à une même élection. L’embrouillamini est donc total. D’un côté, un vainqueur proclamé par la CEI, et d’un autre celui proclamé par le Conseil constitutionnel. Depuis, la donne a changé. Toutes les puissances de ce monde reconnaissent Alassane Ouattara comme Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire et Président de la République. Mettant en quarantaine son adversaire qui a engagé un bras de fer avec le reste du monde qui lui demande de quitter le pouvoir. Ce que contestent les militants RHDP (Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix). Aujourd’hui, Alassane Ouattara fait preuve de modération en prônant le règlement de la crise ivoirienne par la Cedeao, alors qu’il aurait pu user de violence dès les premiers signes d’entêtement de Koudou Gbagbo Laurent.
Démontrant ainsi qu’un adversaire est certes à battre mais surtout à respecter.
Gervais Djidji
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