Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) traverse une zone de fortes turbulences. Alors que le président du parti, Tidjane Thiam, a été officiellement désigné candidat à la présidentielle de 2025, Jean-Louis Billon, figure influente et ancien ministre, vient de déposer sa propre candidature. Ce geste, perçu comme une fronde ouverte, met en lumière les fractures profondes qui minent la plus vieille formation politique du pays.
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Le Président Tidiane Thiam (Président du PDCI-RDA).
Le PDCI, hérianeitier de Félix Houphouët-Boigny, a toujours cultivé l’image d’un parti de discipline et de respect de la hiérarchie. Mais l’épisode Billon révèle une réalité crue : la cohésion est loin d’être acquise. Derrière l’apparente unité, des rancunes accumulées, des ambitions contrariées et des ego blessés explosent désormais au grand jour.
Thiam contre Billon : deux visions du pouvoir
Tidjane Thiam, auréolé de son parcours international, incarne le pari de la respectabilité et du renouveau technocratique. En revanche, Jean-Louis Billon se présente comme l’homme du terrain, enraciné, porteur d’un discours plus direct et populaire. La rivalité entre les deux hommes n’est pas nouvelle, mais cette candidature parallèle a valeur de défi politique : Billon conteste, en filigrane, le processus de désignation et l’autorité même de Thiam.
Une querelle d’hommes… ou de clans ?
Derrière ce duel, c’est tout un parti qui se fracture entre les “modernistes” regroupés autour de Thiam et les “patriotes” fidèles à Billon. Les querelles intestines ressemblent à des guerres de succession déguisées. Les militants, eux, observent avec inquiétude : l’énergie qui devrait être tournée contre le RHDP au pouvoir est dilapidée dans des règlements de comptes internes.
Le risque mortel de la division
À quelques mois de l’élection, le spectacle est préoccupant : au lieu d’apparaître comme une alternative crédible face au parti présidentiel, le PDCI donne l’image d’un géant aux pieds d’argile, tiraillé par ses propres contradictions. Dans un scrutin où l’unité et la discipline font souvent la différence, cette division pourrait coûter cher, voire sceller une marginalisation durable du parti d’Houphouët.
En clair, la candidature de Billon n’est pas seulement un acte politique : c’est un séisme interne. Une querelle intestinale qui menace d’éclater en pleine campagne, au risque de transformer le PDCI en champ de bataille… et de livrer la victoire à ses adversaires.
Léontine ASSI
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