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Chaque année, en Côte d’Ivoire, des milliers de jeunes sortent de l’université ou des grandes écoles avec leurs diplômes en main. Ils ont travaillé dur, espéré, rêvé d’un avenir meilleur. Mais une fois la cérémonie de remise de diplômes terminée, la réalité frappe de plein fouet : trouver un emploi devient un parcours du combattant.
Les jeunes diplômés envoient des dizaines de CV, frappent à toutes les portes, mais la réponse est souvent la même : « Nous cherchons quelqu’un avec de l’expérience ». Comment avoir de l’expérience quand personne ne veut donner sa chance à un débutant ? Ce cercle vicieux enferme la jeunesse ivoirienne dans une frustration profonde.

Le problème est bien connu : il y a un grand décalage entre la formation et l’emploi. Nos écoles et universités forment beaucoup de théoriciens, mais peu de praticiens. Pendant ce temps, les entreprises cherchent des profils adaptés à leurs besoins immédiats. Résultat : le marché de l’emploi est bouché, et la jeunesse se sent abandonnée.

Dans certaines familles, on dépense toutes les économies pour envoyer un enfant à l’université ou en école privée. Les parents se sacrifient, espérant que leur fils ou leur fille aura une vie meilleure. Mais une fois diplômé, le jeune se retrouve au chômage, obligé parfois de vivre encore aux crochets de ses parents. Cette situation crée un sentiment d’échec, de colère et parfois de honte.
Le chômage des jeunes n’est pas seulement un problème individuel. C’est aussi une bombe sociale pour tout le pays. Une jeunesse sans emploi, c’est une jeunesse vulnérable, qui peut facilement tomber dans la délinquance, les drogues, les arnaques en ligne, ou même être tentée par l’aventure dangereuse de l’immigration clandestine. Combien de jeunes Ivoiriens risquent leur vie en mer Méditerranée parce qu’ils n’ont pas trouvé de place dans leur propre pays ?
Il faut aussi parler du manque de soutien à l’entrepreneuriat. Beaucoup de jeunes diplômés aimeraient créer leurs propres entreprises, mais ils manquent de moyens financiers, de formation pratique et d’accompagnement. Les banques ne font pas confiance aux jeunes, les crédits sont difficiles à obtenir, et les projets meurent avant même d’avoir vu le jour.
Alors, que faire ? La solution ne peut pas venir d’un seul acteur. L’État, les entreprises et les écoles doivent travailler ensemble. Les universités doivent adapter leurs programmes aux réalités du marché. Les entreprises doivent accepter de former les jeunes, même s’ils manquent d’expérience, car c’est un investissement pour l’avenir. L’État, lui, doit mettre en place de vraies politiques de soutien à l’emploi et à l’entrepreneuriat, pas seulement des discours.
Il est aussi urgent de valoriser la formation professionnelle. Dans notre société, beaucoup pensent que seuls les diplômes universitaires ont de la valeur. Mais la vérité est que le pays manque de techniciens, d’artisans qualifiés, d’ingénieurs de terrain. Encourager les jeunes à apprendre un métier concret peut leur ouvrir de vraies opportunités.
Enfin, il faut donner espoir à la jeunesse. Un jeune qui croit en l’avenir est un jeune qui se bat, qui innove, qui construit. Mais un jeune qui n’a plus d’espoir est un danger pour lui-même et pour la société.
Le chômage des diplômés est un problème que la Côte d’Ivoire ne peut plus ignorer. Si rien n’est fait, nous risquons de voir une génération entière sacrifiée. Pourtant, la jeunesse est la plus grande richesse du pays. Il est temps de lui donner la place qu’elle mérite.
 
Par Léontine ASSI
 
 
 
 
 
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Côte d'Ivoire/Jeunes diplômés : Un avenir bloqué
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