Ils ont bâti nos maisons, cultivé nos champs, transmis nos histoires et protégé nos mémoires. Aujourd’hui pourtant, beaucoup vieillissent dans l’oubli et la solitude.
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Il fut un temps où vieillir en Afrique était une consécration. L’âge ouvrait les portes du respect et donnait une autorité naturelle. Le vieillard n’était pas un poids, mais un repère. Sa parole guidait, sa présence unissait.
Mais aujourd’hui, ce socle s’effrite. Trop souvent, nos aînés errent dans les rues ou souffrent sans soins, pendant que la jeunesse s’évade dans un monde virtuel. D’un côté, la fatigue et la maladie. De l’autre, des heures passées à défiler sur les écrans. Le contraste est brutal.
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La vérité est là : nous oublions ceux qui ont porté nos vies avant nous. Chaque visite que nous reportons, chaque appel que nous ne faisons pas, chaque regard indifférent creuse un peu plus la distance. Ce n’est pas seulement une question de système : c’est une responsabilité collective.
Pourtant, malgré cet abandon, nos anciens continuent de bénir, de conseiller, d’aimer. Mais combien de temps encore supporteront-ils ce silence ?
La pauvreté, le stress ou les contraintes du quotidien sont réels, mais ils ne peuvent justifier l’oubli. Respecter nos aînés, ce n’est pas un luxe : c’est la condition pour bâtir l’avenir.
Car une société qui néglige ses anciens finit toujours par se fragiliser. Et une jeunesse qui oublie ses racines perd inévitablement son cap.
Par Gervais Djidji
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