En Côte d’Ivoire, l’année 2025 s’annonce décisive. Les élections présidentielles approchent et déjà, le climat politique s’échauffe. Normalement, chaque grand parti politique devrait choisir un candidat unique pour défendre ses chances. Mais la réalité est toute autre : les querelles internes déchirent les camps, les ambitions personnelles s’entrechoquent, et les militants se retrouvent perdus au milieu de cette confusion.
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Prenons l’exemple des partis historiques. Le PDCI-RDA, plus vieux parti du pays, est traversé par des tensions. Officiellement, le candidat choisi est le président du parti. Mais, surprise : d’autres figures, issues du même camp, annoncent aussi leur candidature. Résultat : l’unité s’effrite, l’image du parti se brouille, et les électeurs doutent. Ce scénario ne touche pas seulement le PDCI. Le RHDP, au pouvoir, et même le PPA-CI, héritier du FPI, connaissent eux aussi des tensions de leadership.
À chaque fois, les mêmes questions reviennent : les leaders pensent-ils vraiment au peuple, ou d’abord à eux-mêmes ? La politique est censée être un service rendu à la nation, pas un tremplin pour satisfaire des égos. Mais quand chacun veut devenir « le sauveur », le pays entier devient l’otage de ces luttes intestines.
Et que dire du peuple dans tout cela ? Les citoyens, eux, n’en peuvent plus des promesses non tenues. Ils veulent des dirigeants stables, crédibles, capables de s’entendre pour avancer. Mais au lieu de cela, ils assistent à un spectacle de rivalités, de trahisons et de divisions. Comment avoir confiance dans des partis qui ne savent même pas se mettre d’accord en interne?
La démocratie, ce n’est pas seulement organiser des élections. C’est aussi offrir au peuple une vision claire, des choix lisibles, et une stabilité politique qui inspire confiance. Quand les partis se déchirent, ils fragilisent le processus démocratique. Ils ouvrent la porte aux crises, aux violences et aux manipulations.
Le pire, c’est que ces divisions profitent rarement au peuple. Elles servent plutôt à renforcer le pouvoir de quelques-uns. Or, l’histoire politique de la Côte d’Ivoire nous a déjà montré à quel point les divisions peuvent coûter cher : violences, instabilité, perte de confiance dans les institutions. Faut-il vraiment répéter les mêmes erreurs ?
En 2025, les Ivoiriens méritent mieux. Ils méritent des débats de fond, pas des querelles de personnes. Ils méritent des projets concrets pour l’emploi, la santé, l’éducation, pas des calculs d’appareil. Ils méritent des leaders capables de dépasser leurs rancunes pour bâtir l’avenir du pays.
L’unité ne veut pas dire uniformité. Mais elle signifie au moins discipline, respect des règles internes et esprit de responsabilité. Les partis qui échouent à s’unir envoient un message dangereux : celui d’une politique où l’intérêt général passe après les ambitions personnelles.
La Côte d’Ivoire a trop souffert de ses fractures politiques. Elle a besoin aujourd’hui de stabilité et de vision. Si les partis n’en prennent pas conscience, alors c’est le peuple qui tranchera, peut-être sévèrement, dans les urnes.
En attendant, la grande question reste entière : dans cette bataille des égos, qui pense vraiment au pays ?
Par Gisèle AKA
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