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En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, les femmes sont au cœur de l’industrie. Pourtant, leur rôle reste souvent invisible, sous-estimé et peu valorisé.

Travail essentiel, revenus absents

Dans les plantations de cacao, les femmes accomplissent la majorité des tâches les plus difficiles : désherbage, plantation, récolte, fermentation et séchage. On estime qu'elles représentent plus de 68 % de la main-d'œuvre non rémunérée du secteur.

Leur travail est considéré comme une contribution "naturelle" à la ferme familiale. Elles ne perçoivent donc que rarement un salaire direct pour leurs longues journées de labeur. Dans la plupart des cas, les hommes, qui sont les propriétaires ou chefs d’exploitation, signent les contrats et reçoivent les revenus. Les femmes, de leur côté, n'ont pas leur mot à dire dans les décisions financières.

L'une des plus grandes difficultés pour les femmes est l'accès à la terre. En Côte d'Ivoire, les traditions et le droit coutumier les empêchent souvent de posséder des parcelles. Selon l'Agence Foncière Rurale (AFOR), seule une minorité de femmes possède des terres agricoles. Sans titre de propriété, elles ne peuvent pas demander de crédits, de subventions ou d'aide pour moderniser leur production, ce qui les maintient dans un cycle de dépendance.

Malgré ce constat, des initiatives voient le jour pour tenter de changer la situation. Certaines coopératives et ONG mettent en place des projets pour former les femmes à la gestion d’entreprise et aux techniques agricoles modernes. L'objectif est de leur permettre de devenir plus autonomes.

Le gouvernement ivoirien a également pris des mesures pour faciliter l'accès des femmes à la propriété foncière. Depuis 2023, plus de 4 000 femmes ont ainsi pu obtenir des certificats fonciers. Ces actions sont une première étape cruciale.

L'autonomisation des femmes dans la filière cacao n'est pas qu'une question de justice sociale. C'est aussi un enjeu économique majeur. Les experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estiment que si les femmes avaient le même accès aux ressources que les hommes, la production agricole pourrait augmenter de 20 à 30 %.

En redonnant aux femmes la place qu'elles méritent, la Côte d'Ivoire s'assure non seulement d'une meilleure récolte, mais aussi d'un avenir plus juste et prospère pour toute la nation.

Une Contribution du

Dr Bio Kondou 

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