La 151ᵉ Assemblée générale de l’Union interparlementaire (UIP) a réuni plus de 1150 délégués venus de 132 pays, dont 600 parlementaires, autour d’un thème central : « Respecter les normes humanitaires et soutenir l’action humanitaire en temps de crise ».
Un sujet d’actualité brûlant, alors que plus de 130 conflits déchirent la planète et que 310 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire.
Une déclaration forte : faire du droit humanitaire une priorité législative
L’Assemblée a adopté la Déclaration de Genève, qui engage les parlements à :
ratifier les conventions humanitaires internationales ;
les intégrer dans les lois nationales ;
financer les acteurs humanitaires ;
et former les forces de sécurité au respect du droit humanitaire.
Pour les délégués, le message est clair : le droit humanitaire n’est pas une option, mais un bouclier pour les civils.
« Chaque parlement doit être un garant du respect de la dignité humaine, même en temps de guerre », a résumé un représentant de l’UIP.
Un espace de diplomatie et de dialogue
En marge des travaux, plusieurs rencontres bilatérales ont eu lieu, notamment entre les présidentes des Parlements d’Azerbaïdjan et d’Arménie.
Un signal fort dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre les deux pays.
Les discussions ont également porté sur des thèmes globaux :
réforme des Nations unies,
transparence dans l’élection du secrétaire général,
encadrement de l’intelligence artificielle,
fiscalité internationale,
et sécurité alimentaire mondiale.
Avec 37 % de femmes parlementaires présentes, cette édition a aussi souligné les progrès réalisés sur la représentativité féminine dans la diplomatie parlementaire.
Un enjeu majeur pour l’Afrique
Pour le continent africain, cette Assemblée représente un appel à renforcer le rôle des parlements dans la prévention et la gestion des crises.
Les délégués africains ont plaidé pour une meilleure intégration du droit humanitaire dans les législations nationales et pour des budgets dédiés à la protection des civils.
En Côte d’Ivoire, cette dynamique pourrait se traduire par la mise à jour du cadre juridique sur les droits des déplacés internes, des femmes et des enfants touchés par les conflits.
Des promesses à concrétiser
Si les engagements pris à Genève marquent une avancée symbolique, plusieurs observateurs restent prudents.
Sans application concrète au niveau national, ces résolutions risquent de rester lettre morte.
« Les parlements doivent aller au-delà des déclarations et voter des lois, allouer des budgets, contrôler leur mise en œuvre », commente un expert présent à Genève.
La 151ᵉ Assemblée de l’UIP a rappelé une vérité essentielle : sans parlements engagés, il ne peut y avoir de véritable action humanitaire.
Reste désormais à chaque pays de traduire les promesses de Genève en actes, au service de ceux qui, partout dans le monde, subissent les conséquences des conflits.
(Source : Télé Hémicycle Bénin)
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