Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

À Abobo comme à Yopougon, la vie en cour commune repose sur une solidarité réelle, héritée du village. Mais entre les emprunts incessants, les frigos transformés en dépôts publics et les séries télévisées suivies chez la voisine, les frontières se brouillent. Au point que certaines amitiés de voisinage finissent en relations extraconjugales.

La solidarité, oui. Le parasitisme, non.

La cour commune reste un espace où la convivialité rappelle le village. On s’y prête du sel, du piment, des bananes, de l’argent parfois. Les hommes, petits employés ou fonctionnaires aux revenus serrés, y résident pour économiser ; leurs épouses y cultivent entraide et proximité.

Mais cette solidarité dérape vite. Léa-Cécile Y. raconte ce glissement du vivre-ensemble vers le sans-gêne : « Tous les jours, ma voisine vient demander du sel, ça passe. Mais quand elle entre dans ma cuisine pour goûter ma sauce et exiger qu’on lui en garde, c’est inacceptable. Cette attitude transforme certaines femmes en mendiantes déguisées.»

Karine S. acquiesce sans détour.

Un frigo pour toute la cour

L’abus ne s’arrête pas aux condiments. Karine S., agent commercial, vit seule dans un deux-pièces équipé. Son réfrigérateur est devenu, ⁶malgré elle, le garde-manger de la moitié de la cour.

« À mon arrivée, j’ai simplement accepté de garder les médicaments d’une voisine malade. Un geste normal. Je ne savais pas que j’ouvrais la voie au stockage des provisions de toutes les femmes du quartier.»

Elle se rappelle alors les paroles de son époux, journaliste-consultant : « Que tu vives en appartement ou en cour commune, souviens-toi que les voisins sont ta première famille.»

Les séries télévisées, foyer de tensions et d’adultères

Mais le plus délicat reste l’irruption nocturne de cette “première famille”. Dans ces cours communes, la télé devient un problème majeur. Les voisins débarquent, s’installent, suivent les programmes, s’attardent jusqu’à la fin des séries. Impossible d’éteindre l’écran sans risquer représailles : porte crochetée, fenêtre forcée, tension permanente.

Et dans cette promiscuité, naissent souvent les relations adultérines. Car les visites répétées, les soirées prolongées et les affinités créées autour des séries ouvrent la voie à des rapprochements inattendus. Les cours communes d’Abobo ou de Yopougon en sont pleines d’exemples.

La solidarité obligatoire

Dans ces espaces où tout se sait, tout se partage et tout se surveille, un principe domine : être solidaire, parfois malgré soi. Refuser, c’est devenir la cible.

La cour commune, véritable micro-cosme urbain, mêle ainsi chaleur humaine, débrouillardise… et dérives quotidiennes.

Par Gervais Djidji 

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :