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Éric Sékou Chelle : l’artisan revenant qui fait regretter ceux qui l’ont brûlé

Quand les Super Eagles du Nigeria étaient au plus mal, Éric Sékou Chelle est arrivé comme une évidence. Le sélectionneur franco-malien, né à Abidjan et passé par les pelouses françaises, a transformé une équipe moribonde en une force structurée, solide et ambitieuse à la CAN 2025 au Maroc. Avant son arrivée, le Nigeria peinait, trainait des résultats décevants et voyait ses ambitions s’envoler en fumée. Avec lui, les victoires reviennent, la cohésion renaît, et surtout, l’espoir reprend ses droits.

Ce renouveau n’est pas né du hasard. Chelle ne s’est pas contenté de cocher des cases dans un tableau tactique. Il a mis de l’âme, du caractère et de la discipline. Sous sa direction, le Nigeria a trouvé du sens, redonné foi à ses talents, et relevé la tête dans la course (au Mondial 2026) comme dans le jeu. Sa philosophie de respect, d’exigence et d’équilibre a transformé des doutes en certitudes, des approximations en résultats.

Pourtant, celui qui aujourd’hui redonne fierté aux Super Eagles a connu une sortie de scène autrement brutale quelques mois plus tôt. Alors qu’il avait conduit le Mali jusqu’en quart de finale de la CAN 2023, en Côte d’Ivoire, avec un jeu ambitieux et une troupe soudée, la Fédération malienne l’a tout simplement écarté après un match qualificatif mitigé contre Madagascar en juin 2024. Aucune vraie explication, aucune reconnaissance : sa collaboration a été « terminée » en séance extraordinaire, sans égard pour l’effort fourni ni le projet construit.

Ce traitement ressemble moins à un renvoi qu’à un remerciement mal calibré : une sorte d’invitation déguisée à disparaître, envoyée en pleine lumière, aussi sèche qu’injuste. Ceux qui l’ont « remercié » n’ont visiblement pas anticipé une chose : un coach digne, méthodique et passionné finit tôt ou tard par prouver sa valeur ailleurs. La Côte d’Ivoire et le Maroc en sont aujourd’hui les preuves vivantes.

À la CAN 2025, Chelle n’est pas seulement un entraîneur : il est la preuve que le talent, quand on lui donne de l’espace, finit par éclore, même après avoir été piétiné. L’ironie de l’histoire ? Ceux qui l’ont chassé du Mali sont aujourd’hui contraints de regarder, impuissants, cet homme qu’ils ont rejeté alimenter le succès d’une autre grande nation du football africain, un spectacle qui ferait presque sourire s’il n’était pas aussi révélateur de la façon dont certaines fédérations gèrent leurs propres talents.

Gervais Djidji

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