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À Ony-Tabré, le président fondateur de l’ONG Return Home appelle les huit villages frères à passer des réjouissances aux réalisations concrètes. Il propose une méthode en cinq étapes pour faire du Kapatrognoa un outil de développement communautaire participatif.

UN DISCOURS QUI INTERROGE LE SENS DE LA FÊTE

Le Kapatrognoa doit-il se limiter aux danses, aux repas fraternels et aux réjouissances ? Ou peut-il devenir un véritable instrument de développement au service des populations ?

C’est la question centrale soulevée par Sébastien Gréki lors de l’édition 2026 du Kapatrognoa, organisée à Ony-Tabré, dans le département de Gagnoa.

Invité à cette rencontre qui réunit les huit villages frères de Barouhio, Garahio, Tsédjué-Babré, Afridougou, Gnahio-Dégoué, Ony-Tabré, Ony-Babré et Mahidio, le président fondateur de l’ONG Return Home a défendu une idée claire : une fête communautaire doit aussi produire des résultats concrets pour les populations.

Son intervention a porté sur la nécessité de repenser les priorités collectives et de faire du Kapatrognoa un rendez-vous où la solidarité se traduit par des réalisations durables.

DE LA PAROLE AUX ACTES : LES INITIATIVES DE GRÉKI

Pour appuyer sa proposition, Sébastien Gréki a rappelé plusieurs actions auxquelles il a participé dans les villages concernés.

Parmi celles-ci figurent notamment :

2022, à Mahidio : récompense des meilleurs élèves du Kapatrognoa.

Juin 2026, à Ony-Tabré : participation à l’extension du réseau électrique.

Juillet 2026, à Ony-Babré : réhabilitation du centre culturel.

22 août 2026, à Gnahio-Dégoué : lancement d’une opération de plantation d’arbres fruitiers.

À la demande des femmes Adjoblo : dons destinés à la maternité.

Ces initiatives, présentées par l’intéressé comme des actions concrètes en faveur des communautés, illustrent l’approche qu’il souhaite promouvoir.

Toutefois, au-delà de ces réalisations, c’est surtout sa proposition de développement participatif qui a retenu l’attention.

UNE FEUILLE DE ROUTE EN CINQ ÉTAPES

Sébastien Gréki propose une méthode fondée sur la participation des populations et la mobilisation des ressources locales.

Son approche repose sur cinq axes :

1. Identifier un projet prioritaire

Le village hôte doit retenir une réalisation utile à la population : école, forage, maternité, route ou autre infrastructure essentielle.

2. Créer un fonds de développement

Chaque fils et fille du village pourrait contribuer selon ses moyens, afin de financer le projet retenu.

3. Mettre en place une gestion transparente

Un comité représentatif des différentes composantes de la communauté assurerait le suivi des ressources et des travaux.

4. Réaliser le projet collectivement

La communauté serait associée à la réalisation du projet, dans la mesure de ses possibilités.

5. Transmettre l’expérience

À l’édition suivante, le village hôte présenterait le projet réalisé et partagerait son expérience avec les autres villages.

Pour Sébastien Gréki, le développement ne doit pas être considéré comme une responsabilité exclusivement extérieure. Il doit également reposer sur l’engagement des habitants.

« Personne ne développe un village à la place de ses habitants », a-t-il rappelé.

LE KAPATROGNOA FACE À UNE NOUVELLE RESPONSABILITÉ

Cette proposition soulève une question importante : comment faire en sorte que chaque édition du Kapatrognoa laisse une réalisation durable derrière elle ?

L’idée défendue est simple. Si les huit villages s’accordaient sur un mécanisme de financement et de gestion transparent, chaque édition pourrait contribuer à la réalisation d’un projet communautaire.

Sur plusieurs années, cette démarche pourrait permettre de renforcer les infrastructures locales et de donner une nouvelle dimension à la solidarité entre les villages.

Mais une telle ambition exige des engagements clairs, des ressources identifiées, un contrôle collectif et une participation effective des populations.

« LA SOLIDARITÉ DOIT PRODUIRE DES RÉSULTATS VISIBLES »

Dans son appel, Sébastien Gréki s’est adressé aux chefs de villages, aux cadres, aux jeunes, aux femmes, aux mutuelles de développement et aux associations.

Il les a invités à faire du Kapatrognoa une école permanente du développement communautaire participatif.

Selon lui, chaque édition devrait être marquée non seulement par les festivités, mais aussi par le lancement, le suivi ou l’achèvement d’un projet utile à la population.

Cette vision entend donner un contenu concret à la fraternité et à la solidarité entre les villages.

UN DÉFI POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES

Le message de Sébastien Gréki ouvre un débat sur l’avenir du Kapatrognoa.

Une fête traditionnelle peut-elle devenir un levier de développement local ? Comment garantir que les contributions des populations soient gérées de manière transparente ? Quels projets doivent être considérés comme prioritaires ?

Ces questions méritent d’être examinées collectivement par les responsables coutumiers, les cadres et les populations.

Le développement communautaire ne repose pas uniquement sur les discours. Il exige une organisation, des moyens et un suivi rigoureux.

À Ony-Tabré, Sébastien Gréki a proposé une orientation. Il revient désormais aux acteurs du Kapatrognoa d’en débattre et de déterminer les conditions de sa mise en œuvre.

Nous y reviendrons.

 

Nesmon De Killer 

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