| La situation de la rumba au cours de la première moitié du siècle évolue peu. Elle règne sur le solar et met en évidence des individualités exceptionnelles parmi lesquels les chanteurs et surtout les percussionnistes bien plus que les danseurs ont pu se faire connaître et inscrire leur nom dans l'histoire de la musique cubaine. Si quelques-uns proviennent de Santiago -Silvano "Chori" SHUEG-, de Cienfuegos - "Mañungo"- ou d'autres parties de l'île, ce sont dans les quartiers populaires de La Havane et de Matanzas qu'éclosent les meilleurs rumberos. |
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| D'autres congueros, "Mongo" SANTAMARÍA, Candido CAMERO, Armando PERAZA, Carlos "Patato" VALDÉS... vont de la même façon que "Chano" sortir de leur Barrio et profiter de ce Jazz Afro-Cubain en plein développement à New York pour gagner les Etats Unis et y triompher devant leurs tumbadoras, Mais la plupart restent dans l'île. Parmi ceux-ci, la famille "Aspirina", "Oba Ilú"… "Tío Tom" issu de la comparsa Los Marqueses de Atarés est un grand rumbero, dès la fin des années trente. Il erre de solares en solares, de El África à El Palomar en passant par Los Atarés, Jesús María, Belén… "Tío Tom " compose des guaguancó qui deviennent des thèmes incontournables, "Bemba colorá", "Los Cubanos son rareza", "A Juan Arrondo le gusta el pollo"… A l'initiative du musicologue et pianiste Odilio URFÉ le "Conjunto CLAVE y GUAGUANCÓ " dès la fin des années quarante se structure sur le modèle des Coros du début du siècle et interprète l'ensemble des rumbas en cherchant à conserver la tradition originelle y compris dans la partie vocale. Dans la zone portuaire de la capitale naît à la même époque le "Grupo Maritimo de los PORTUARIOS " animé par Calixto CALLAVA qui fonde ensuite le "YORUBA ANDABO" professionnalisé au milieu des années quatre-vingt et qui sous l'impulsion de Pancho QUINTO apporte -tout en restant dans la pure tradition rumbera- du sang neuf à la clave en marquant avec plus de vigueur sur le cuir des tumbadoras ou le bois des cajones, les première et troisième frappes de la clave. Dans l'un des plus humbles barrios de la capitale, Los Pocitos, une autre famille rumbera les ABREU, Ricardo "Papín ", Jesús, Luis, Alfredo animent les solares et les comparsas de Marianao. A la fin des années cinquante ils fondent le groupe "Los PAPINES ". Le groupe "Los TERCIOS MODERNOS " apparaît en 1961. |
Los PAPINES. Photographie, Collection H. Orovio.
| A Matanzas, dans les quartiers populaires, Estela RODRÍGUEZ succède à Estanisla LUNA et derrière les figures mythiques surgissent Alberto MAZA et son groupe "LULÚ YOKORI" célèbre pour son interprétation de "El vive bien" et aussi "Virulilla", "Catalino", "Goyito", "Saldiguera", "Papi", " Pelladito"… Après leur journée de travail ils chantent, dansent, jouent de bars en bars. Vers 1942, ils fondent le groupe "Grupo de GUAGUANCÓ MATANCERO". Les fabuleuses années cinquante leur permettront de montrer leur talent et permettront aussi l'irruption de nouveaux groupes rumberos, plus orientés vers la scène, "AFRO CUBA de MATANZAS "… |
| Dans la période post-révolutionnaire, la création, autour d'authentiques rumberos, Gregorio "Goyo" HERNÁNDEZ, Mario "Aspirina" JAUREGUI, "El Colo", Gerardo et Justo PELLADO, "El Bailarín", Agustín GUTIÉRREZ, Zenaida ARMENTEROS, Manuela ALONSO, Felipe ALFONSO, du "CONJUNTO FOLCLÓRICO NACIONAL " dirigé par Obdulio MORALES a permis de préserver l'authenticité d'une rumba menacée parfois par son propre succès comme spectacle. |
© Patrick Dalmace
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