| A Matanzas les Coros les plus réputés ont été El Bando Rosado, El Bando Verde, El Liro Blanco, le mémorable El Flamboyán et le fameux Bando Azul formé en 1910. |
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| Déjà à cette époque des chanteurs, danseurs, percussionnistes se détachent, entrent dans la légende de la rumba et deviennent des mythes qu'il est aujourd'hui impossible de confronter à des enregistrements car ni la bourgeoisie cubaine ni les compagnies discographiques américaines ne se sont hasardées jusqu'aux bas quartiers de La Havane et moins encore à Matanzas où l'on vénère aujourd'hui encore José Rosario OVIEDO dit "Malanga" et le célèbre "Papa" MONTERO, Estanislá LUNA "La Rumbera Mayor ", chanteuse, danseuse et fondatrice du Bando Azul que "Malanga" a voulu connaître et inviter à danser, "Cubela" contemporain de "Malanga" supposé créateur de la Columbia dans son village de Sabanilla... | |
| L'une des toutes premières figures de la rumba havanera de la première décennie est incontestablement Ignacio PIÑEIRO qui en 1906 fonde le Coro Timbre de Oro puis dirige les célèbres Roncos. Nieves FRESNEDA, est clarina et rumbera dans plusieurs Coros, notamment avec PIÑEIRO. Sa carrière va se poursuivre bien après la Révolution au sein du "CONJUNTO FOLCLÓRICO NACIONAL" dont elle est une des fondatrices. | Nieves Fresneda. Extrait de "Pasión de rumbero", Puvill Libros, Barcelona. | Pendant les années vingt et trente, sans qu'ils soient véritablement des professionnels on voit toutefois des rumberos de talent aller de solares en solares pour quelques pièces et y montrer leurs qualités. C'est à cette époque que s'illustrent à La Havane les "invasores " -les envahisseurs-. Parmi les plus célèbres figurent Agustín "Flor de Amor" PINA un des meilleurs décimistes également membre des Dichosos, Benito "Roncona" GONZÁLEZ qui chante, danse et joue des percussions et parvient à montrer son talent sur Radio Cadena Azul, "Manano" percussionniste... |
| Les Coros tendent, sinon à disparaître, du moins à se transformer et se mettent en place des ensembles qu'on peut appeler des groupes de Guaguancó qui, sans être professionnels, sont des formations assurant une prestation de qualité que l'on retrouvent de solares en solares car pour ce genre, estimé vulgaire, primaire, sauvage, les lieux publics, cafés et cabarets sont proscrits. Les percussions utilisées ont évolué. Et les cajones laissent progressivement la place à des tumbadoras ou congas. Les claves remplacent définitivement les petites percussions qui jusqu'ici ont été employées |
| Parallèlement au développement de la rumba noire et populaire, dans les cabarets et cafés chantent des trovadores qui vivent mal et sont rejetés dès leurs prestations terminées vers les bas-quartiers où ils fréquentent ceux qui s'épuisent dans des rumbas effrénées. C'est par l'intermédiaire de ces trovadores que la rumba, qui le plus souvent a perdu une large part de ses caractéristiques rythmiques et sa partie percussive, pénètre dans le monde musical de la bourgeoisie et qu'elle se fait entendre dans les cafés et cabarets. Evidemment la partie dansée est bannie de ces lieux. Florencio ZORRILLA -un des premiers à enregistrer des rumbas en 1911-, Manuel CORONA, Juan de la CRUZ, Alberto VILLALÓN -dès 1908- figurent parmi ceux qui interprètent de cette façon la rumba. Le "SEXTETO HABANERO " enregistre "El bongó del habanero", sa première et seule rumba de la décade, en 1928. | |
© Patrick Dalmace
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