| Mais dans les mêmes endroits en dehors des moments sacrés les mêmes mains frappent sur les mêmes caisses pour occuper quelques instants libres dans des journées épuisantes. D'autres esclaves esquissent quelques pas d'une danse improvisée. Naît alors un rare moment de plaisir qui peut parfois s'accompagner d'une grande sensualité et que l'on tente de retrouver dans une autre occasion. Dans les barracones de la plantation proche, dans ceux de la ville voisine ou de l'autre bout de l'île rien n'est différent même en l'absence de communication entre esclaves. Les rythmes se fixent et parfois les pas de danse se stabilisent et prennent peut-être un nom. |
| L'habitude se prend en l'attente d'un hypothétique travail ou lors d'un moment de repos d'organiser une rumba. Les rythmes et les danses primaires s'enrichissent dans des processus de transculturation résultant des rapprochements entre ethnies africaines. On vole aussi ou on singe quelques éléments utilisés par les blancs espagnols lorsqu'ils chantent, dansent ou se mêlent aux rumbas des solares. Progressivement les percussionnistes apportent une amélioration aux instruments. On démonte les caisses de bois, on en fait les cajones qui sonnent mieux. |
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