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Captage de pétrole et de gaz : Fracture dans la vie de l’Arkansas et au-delà

Fracturation hydraulique, produits chimiques toxiques et augmentation de l'activité tellurique

 

par Rady Ananda

Le 16 janvier 2011

Mondialisation.ca

 




Au cours des quatre derniers mois de 2010, près de 500 tremblements de terre ont secoué Guy en Arkansas [1]. En 2009, 38 séismes ont eu lieu dans tout l’État [2]. Le point culminant de la fréquence des séismes a été atteint le 30 décembre, avant et pendant la mort de 100 000 poissons, sur une distance de 20 milles au long de la rivière Arkansas, incluant Roseville Township. La nuit suivante, 5000 carouges à épaulettes et étourneaux sansonnets sont morts subitement et sont tombés du ciel à Beebe [3]. Le coupable le plus probable de ces trois événements serait la fracturation hydraulique, puisqu’elle provoque des tremblements de terre entraînant la libération de toxines dans l’environnement [4].

Un examen de l’histoire des séismes et du forage en Arkansas révèle une hausse consternante de la fréquence des tremblements de terre après un forage avancé. Le nombre de séismes en 2010 équivaut presque à celui enregistré pour tout le 20e siècle. L’industrie du pétrole et du gaz nie toute corrélation, mais l’avènement d’hydrofraction suivie de séismes est une histoire qui se répète à travers le pays et qui ne s’arrêtera pas de si tôt non plus. La fracturation a pris une ampleur mondiale.

La fracturation hydraulique consiste à injecter de l’eau et des produits chimiques dans le sol avec une pression excédant la résistance du sous-sol rocheux, ce qui provoque un microséisme produisant des fractures dans la roche. Bien qu’elle ait été mise au point en 1947, les avancées technologiques permettent maintenant une fracturation horizontale, laquelle augmente considérablement le captage de pétrole et de gaz [5]. En 1996, la production de gaz de schiste aux États-Unis comptait pour 2 pour cent de toute la production nationale de gaz naturel, révèle Christopher Bateman dans Vanity Fair. « Certains analystes de l’industrie prévoient que le gaz de schiste représentera la moitié de la production nationale de gaz dans les 10 prochaines années [6]. » En 2000, les estimations des réserves de gaz des États-Unis étaient de 177 billions de pieds cubes, mais elles ont grimpé jusqu'à 245 billions de pieds cubes en 2008. Ces nouvelles technologies incitent les experts à multiplier par neuf les estimations des réserves mondiales de gaz [7].

La grille ci-dessous montre une section de la rivière Arkansas, avec Roseville Township en bas, la source des premiers reportages sur les poissons morts. Les lignes vertes entourant et traversant la rivière indiquent des gazoducs, allant de 8 à 20 pouces de diamètres. Toute fuite dans ces tuyaux peut expliquer la mort des poissons. Les puits de gaz sont indiqués par des « soleils » jaunes (voir les flèches rouges) et ont de 1500 à 6500 pieds de profondeur. (Les puits de refoulement, où sont injectés sous haute pression les résidus de forage, peuvent atteindre 12 000 pieds de profondeur.) Les chiffres en rouge à côté des « soleils » indiquent le nombre de puits de gaz à cet endroit. On en compte environ 50 dans cette petite zone [8].  

(Les chiffres en gris se rapportent au système de numérotation du canton. Chaque carré équivaut à un mille carré. Cliquer sur la carte pour agrandir.)

En décembre seulement, plus de 150 tremblements de terre ont ébranlé l’Arkansas [1]. Le flot de séismes à Guy est probablement le résultat de six années de forage intense. Guy se situe au cœur de la formation de schiste de Fayetteville, qui, selon l’Arkansas Geological Survey (AGS), est « le foyer actuel d’un programme de développement et d’exploration régional des gaz de schiste ». Un milliard de pieds cubes de gaz a été produit dans cette zone depuis 2004 [9].

Des milliers de puits sont en opération dans le centre-nord de l’Arkansas (la section bleue dans la carte ci-dessous) [10]. Beebe, là où sont morts les oiseaux, est dans White County et Guy est à l’extrême nord de Faulkner, Co., où les séismes anormaux ont toujours lieu.


 

Des milliers d’oiseaux morts

Les carouges à épaulettes se reposent en groupe pouvant contenir jusqu’à un million d’oiseaux ou plus, incluant souvent d’autres espèces, comme les étourneaux sansonnets et les vachers. (Dans les années 1950 et 1960, les dortoirs pouvaient compter 20 millions d’oiseaux.) Les carouges préfèrent un couvert végétal bas et dense dans les marécages ou près des ruisseaux. Bien que certains perchent à 30 pieds au dessus de l’eau, la plupart le font à un ou deux pieds et certains vont passer la nuit les pieds dans l’eau. Les carouges peuvent parcourir jusqu’à 50 milles par jour entre leur aire de repos et le lieu où ils se nourrissent, mais ils s’installent tous pour la nuit avant le coucher du soleil [11].

Un tremblement de terre, peu importe à quelle échelle, peut libérer un flux ou un nuage de gaz et de produits chimiques issus de la fracturation. Cela peut facilement expliquer pourquoi des oiseaux endormis s’envoleraient soudainement pour ensuite mourir rapidement en succombant aux fumées toxiques. Il faut noter que huit séismes mesurés à moins de 40 milles de Beebe et à moins de 75 milles de Roseville ont frappé la région le 30 décembre et pendant plusieurs minutes après minuit le 1er janvier [12]. Cela exclut tout microséisme ou mini séisme pouvant avoir le même résultat. Fait considérable, cette zone est connue pour ses microséismes prolifiques : on en compte 40 000 depuis 1982 [1].

Le géologue canadien Jack Century est en croisade contre la sismicité induite par le forage irresponsable. Dans un discours de 2009 devant la Peace River Environmental Society, il a brièvement expliqué la manière dont la fracturation produit des séismes, réfutant ainsi complètement le déni de l’industrie à ce sujet. La fracturation provoque non seulement de l’agitation microsismique pouvant compromettre l’intégrité des tubages de puits, mais aussi de forts tremblements de terre allant de 5 à 7 sur l’échelle de Richter et causant des décès [13].

Scott Ausbrooks, superviseur en géorisque pour AGS a déclaré à CNN en décembre que même si les séismes ne sont pas inhabituels en Arkansas, la fréquence, elle, l’est [14]. En effet, l’État a connu une augmentation des tremblements de terre de 1200 pour cent seulement dans les quatre derniers mois de 2010 par rapport aux données de l’année 2009. Tous les séismes ont atteint une magnitude inférieure à 3 sur l’échelle de Richter. Plus de 98 pour cent d’entre eux ont eu lieu près de Guy, où nous trouvons la plus forte concentration de puits de gaz, et 99 pour cent des séismes se sont produits à l’extérieur de la zone de failles de New Madrid (entourée en rouge ci-dessous) où l’on s’attend à de l’activité sismique. Cela implique que les séismes sont d’origine anthropique [1] :

 

 

 





















Quoique AGS affirme publiquement qu’il n’y a pas de lien entre le forage et les tremblements de terre, au début décembre l’Arkansas a interdit jusqu’à nouvel ordre l’octroi de nouveaux permis de forage.

CNN a rapporté que « [s]elon l’Arkansas Oil and Gas Commission, il existe au moins une demi-douzaine de "puits de refoulement" dans une zone de 500 milles carrés autour de Guy ». M. Ausbrooks a par ailleurs noté des « incidents [similaires] au Colorado dans les années 1960, à Rocky Mountain Arsenal, où l’injection en eau profonde était liée à des séismes [14] ».

Historique des séismes et du forage en Arakansas

Lorsque l’on compare l’historique des séismes et du forage en Arkansas, une relation causale devient évidente.

Tout au long du 19e siècle, 15 séismes ont été enregistrés. Durant la première décennie du nouveau siècle, on n’en a enregistré aucun. En tout, 694 séismes ont ébranlé l’Arkansas au 20e siècle. En 2009-2010, ce nombre a été dépassé et la plupart des séismes (483) ont eu lieu durant les trois derniers mois de 2010. Le tableau 1 a été produit à partir des données complètes sur les séismes jusqu’à la fin de 2009 [15], les données complètes d’août jusqu’à la fin décembre 2010 [1], ainsi que les données du centre-nord de l’Arkansas de janvier à juillet 2010 inclusivement [16].

 

 

 

Arkla, Inc., par ses nombreuses métamorphoses, fusions et acquisitions, a été et est toujours un foreur clé en Arkansas. Entre 1975 et le début des années 1980, la compagnie a découvert plus de gaz qu’elle en a produit. En 1982, Arkla pouvait vendre à Central Louisiana Electric Company plus de 100 millions de pieds cubes de gaz quotidiennement. Au début des années 1990, la compagnie exploitait le sixième réseau de pipelines en importance aux États-Unis et se trouvait parmi les dix plus importants exploitants de réserves de gaz naturel [17]. Son calendrier de production coïncide avec la hausse vertigineuse du nombre de tremblements de terre dans les années 1970 et 1980. De nos jours, 37 compagnies forent pour du pétrole et du gaz en Arkansas [18].

La marche mondiale de la fracturation non règlementée

Les États-Unis et le Canada ne sont pas les seuls à exploiter cette technologie hautement destructrice. La Pologne a aussi adopté la fracturation. Plusieurs sociétés d’énergie explorent actuellement les réserves de la Pologne, dont Conoco-Phillips, ExxonMobil, Marathon, Chevron, Talisman, Lane Energy, BNK Petroleum, Emfesz, EurEnergy Resources, RAG, San Leon Energy et Sorgenia E&P [19]. Selon Forbes, ces nouvelles technologies auront un impact significatif sur le commerce international de gaz naturel [20].

La Pologne consomme 14 milliards de mètres cubes de gaz annuellement et en importe plus de 70 % de la Russie. On peut facilement voir comment le pays pourrait bénéficier du forage pour des gaz de schiste s’il débutait dans les plus brefs délais. Le pays pourrait non seulement réduire sa dépendance à la Russie, mais aussi se transformer en exportateur de gaz.

Bateman a noté qu’en Europe centrale et de l’Ouest on a loué les terres aux artisans de la fracturation. Les Australiens souffrent de la même contamination due à la fracturation que les Étasuniens et les Chinois exploitent également cette nouvelle technologie [6].

Le film de Josh Fox, Gasland, sorti en 2010, documente une multitude de conséquences néfastes sur la vie humaine et animale, ainsi que sur la valeur des propriétés. La scène la plus tristement célèbre du film montre des personnes capables d’enflammer leur eau du robinet contaminée [21] : http://www.youtube.com/watch?v=UrnnQ17SH_A

Fox remarque qu’Haliburton, l’ancienne compagnie de Dick Cheney, a fait du lobbying pour obtenir des exemptions aux lois suivantes : Clean Air Act, the Clean Water Act, Superfund, et Safe Drinking Water Act (Loi sur la lutte contre la pollution atmosphérique, Loi sur la qualité de l'eau, Loi sur le Fonds spécial, Loi sur la qualité de l’eau potable). Grâce au Congrès détenu par le privé, elle les a obtenues. Bien qu’il n’ait pas hésité à refiler les dettes de jeu de Wall Street au public (à deux reprises), le Congrès n’a pas trouvé la volonté d’adopter le Fracturing Responsibility and Awareness of Chemicals (FRAC) Act (Loi sur la responsabilité en matière de fracturation et la sensibilisation aux produits chimiques).

De plus, les compagnies de forage ne sont pas tenues de divulguer les produits chimiques toxiques qu’elles utilisent, ce qui est contraire à l’Emergency Planning and Community Right-to-Know Act (Loi sur la planification des mesures d’urgence et le droit du public d’être informé) de 1986 [22].

En 2004, l’Environmental Protection Agency (Agence de protection environnementale ou EPA) a déterminé que la fracturation ne pose aucune menace à l’approvisionnement d’eau et que d’autres études ne sont pas nécessaires [23]. Toutefois, comme dans un cauchemar orwellien, au moins 65 des produits chimiques utilisés dans la fracturation sont considérés comme dangereux par l’EPA. Selon un rapport de 2005 publié par l’Oil and Gas Accountability Project (OGAP), ils ont été liés au « cancer; aux troubles hépatique et respiratoire, à la néphropathie, aux maladies neurologiques et aux affections cutanées; aux déficiences congénitales et à d’autres problèmes de santé ». Concernant la principale préoccupation des citoyens, l’OGAP note qu’« environ la moitié de l’eau dont dépendent les Étasuniens pour la consommation provient de sources souterraines [24] ».

Le Wyoming a pris une position proactive relativement à la divulgation complète des produits chimiques employés dans la fracturation lorsque l’État a adopté de nouvelles lois en septembre. Des échappatoires permettent cependant toujours aux compagnies de revendiquer un droit de propriété de ce genre d’information, la soustrayant ainsi au regard du public [25].

Vu la position de l’EPA voulant que la fracturation est sécuritaire, il est peu probable que les citoyens de l’Arkansas reçoivent beaucoup d’aide du gouvernement fédéral. Ils ne trouveront pas d’amis non plus au niveau étatique. Jusqu’à présent, l’Arkansas Department of Environmental Quality n’a pas eu la volonté ou la capacité d’empêcher UMETCO Minerals Corporation de déverser illégalement des produits chimiques toxiques dans les ruisseaux [26].

La même situation s’applique à tout le pays, où les gouvernements étatiques protègent l’industrie au détriment de l’environnement et de la santé humaine. Récemment, le gouverneur sortant David Paterson a opposé son veto à une législation qui aurait imposé un moratoire sur le forage vertical et horizontal [27]. Pour sa part, la Pennsylvanie loue déjà le tiers de ses terres publiques à des entreprises privées de forage [21].

Étant donné la partialité du gouvernement en faveur des géants de l’énergie – la destruction du golfe du Mexique par BP est un bon exemple – il se peut que davantage d’actions directes soient requises de la part des citoyens si l’on compte sauver l’environnement et la santé humaine de l’industrie du combustible fossile.




Article original en anglais, Oil and Gas Collection: Hydraulic Fracturing, Toxic Chemicals and the Surge of Earthquake Activity in Arkansas, publié le 6 janvier 2011

Traduction : Julie Lévesque, Mondialisation.ca

 


Notes

1. Arkansas Geological Survey, “Arkansas Earthquake Updates.” http://www.geology.ar.gov/geohazards/earthquakes.htm

2. Arkansas Geological Survey, “2009 Earthquakes.” http://www.geology.ar.gov/xl/2009_Earthquakes.xls

3. Food Freedom, “Massive fish kill and 1000s of birds fall from the sky in Arkansas,” 2 Jan. 2010. http://foodfreedom.wordpress.com/2011/01/02/massive-fish-kill-and-1000s-of-birds-fall-from-the-sky-in-arkansas/

4. Earthworks, “Hydraulic Fracturing and Earthquakes.”  http://www.earthworksaction.org/fracturingearthquakes.cfm

Voir aussi:

Ben Cassleman, “Temblors Rattle Texas Town: Residents Suspect a Drilling Boom Is Triggering Small Quakes, but Scientists Lack Proof,” Wall Street Journal, 12 June 2009. http://online.wsj.com/article/SB124476331270108225.html

James Glanz, “Deep in Bedrock, Clean Energy and Quake Fears,” New York Times, 23 June 2009. http://www.nytimes.com/2009/06/24/business/energy-environment/24geotherm.html

James Glanz, Video: “The Danger of Digging Deeper,” New York Times, 23 June 2009. http://www.nytimes.com/interactive/2009/06/23/us/Geothermal.html

5. U.S. Department of Energy, “Hydraulic Fracturing White Paper,” June 2004.  http://www.epa.gov/ogwdw/uic/pdfs/cbmstudy_attach_uic_append_a_doe_whitepaper.pdf

6. Christopher Bateman, “A Colossal Fracking Mess,” Vanity Fair, 16 June 2010. http://www.vanityfair.com/business/features/2010/06/fracking-in-pennsylvania-201006?currentPage=all

7. Martin Walker, “Russia’s Fracked Future,” UPI, 1 Feb. 2010. http://www.upi.com/Top_News/Analysis/2010/02/01/Walkers-World-Russias-fracked-future/UPI-21421265042152/

8. Arkansas Geological Survey, “Fayetteville Shale Gas Play West Map,” Last updated 2 March 2010. http://www.geology.ar.gov/maps_pdf/fossilfuels/Fay%20West%20Map%2042×44.pdf

9. Arkansas Geological Survey, “Gas.” http://www.geology.ar.gov/fossil_fuels/gas.htm

10. Arkansas Geological Survey, “Fayetteville Shale Gas Play.” http://www.geology.ar.gov/home/fayetteville_play.htm

11. Brooke Meanley, “The Roosting Behavior of the Red-Winged Blackbird in the Southern United States,” Wilson Bulletin, Vol. 77 No.3, pp 217-228, Sept. 1965. http://elibrary.unm.edu/sora/Wilson/v077n03/p0217-p0228.pdf

12. U.S. Geological Survey, “Map Centered at 35°N, 93°W” Accessed Jan. 5, 2010: http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/recenteqsus/Maps/US2/34.36.-94.-92.php

13. Jack Century, “Earthquake Risks: Building a Nuclear Power Plant near Peace River, Alberta,” Peace River Environmental Society, May 2009 (71 mins.) http://peaceriverenvironmentalsociety.org/; 8-part video at http://www.youtube.com/results?search_type=&search_query=jack+century&aq=f

14. CNN, “Arkansas Earthquakes,” 13 Dec. 2010. http://www.wibw.com/nationalnews/headlines/Arkansas_Earthquakes_111815534.html

15. Arkansas Geological Survey, “Earthquake Archive,” 2009. http://www.geology.ar.gov/xl/Earthquake_Archive.xls

16. Arkansas Geological Survey, “Recent and Historical Earthquakes in North-Central Arkansas,” October 2010 http://www.geology.arkansas.gov/maps_pdf/geohazards/CentralArkansasMediaMap.pdf

17. Funding Universe, “Arkla Inc.” n.d. http://www.fundinguniverse.com/company-histories/ARKLA-INC-Company-History.html

18. Manta.com, “37 Drilling Oil and Gas Wells Companies in Arkansas,” n.d.

http://www.manta.com/mb_44_E317D_04/drilling_oil_and_gas_wells/arkansas

19. STRATFOR, “Poland: Fracing On The Rise?” Forbes Magazine, 1 June 2010. http://blogs.forbes.com/energysource/2010/06/16/poland-fracing-on-the-rise/

20. TREFIS Team, “ConocoPhillips Has Big Fracking Plans For Poland, Stock Has Upside,” Forbes Magazine, 14 Dec. 2010. http://blogs.forbes.com/greatspeculations/2010/12/14/conocophillips-has-big-fracking-plans-for-poland-stock-has-upside/

21. Josh Fox, Gasland, 2010. http://www.gaslandthemovie.com/. Pour voir la bande annonce montrant de l’eau du robinet enflammée : http://www.youtube.com/watch?v=UrnnQ17SH_A.

22. Sarah Collins and Tom Kenworthy, “Energy Industry Fights Chemical Disclosure: Natural gas companies want to prevent oversight of fracking,” Center for American Progress, April 2010. http://www.americanprogress.org/issues/2010/04/fracking.html

23. U.S. Environmental Protection Agency, “Evaluation of Impacts to Underground Sources of Drinking Water by Hydraulic Fracturing of Coalbed Methane Reservoirs Study,” June 2004. http://water.epa.gov/type/groundwater/uic/class2/hydraulicfracturing/wells_coalbedmethanestudy.cfm

24. Lisa Sumi, “Our Drinking Water at Risk: What EPA and the Oil and Gas Industry Don’t Want Us to Know about Hydraulic Fracturing,” Oil and Gas Accountability Project, April 2005. http://www.earthworksaction.org/pubs/DrinkingWaterAtRisk.pdf

25. Earthworks, Powder River Basin Resources Council, “Wyoming Requires Disclosure of Chemicals in Natural Gas Drilling,” 16 Sep 2010. http://earthworksaction.org/PR_WYdisclosure.cfm

26. Karoline Wightman, “UMETCO Minerals Corp not yet fined for releasing chemicals,” Fox News, 16 Nov. 2010. http://www.fox16.com/news/local/story/UMETCO-Minerals-Corp-not-yet-fined-for-releasing/cOwdIEMf-kugosx8EWbrQQ.cspx?rss=315

27. Tom Zeller, “New York Governor Vetoes Fracking Bill,” New York Times, 11 Dec. 2010. http://green.blogs.nytimes.com/2010/12/11/new-york-governor-vetoes-fracking-bill/

 

Rady Ananda détient un baccalauréat en sciences avec spécialisation en ressources naturelles de l’Ohio State University’s School of Agriculture.


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© Copyright Rady Ananda, Mondialisation.ca, Le 16 janvier 2011

 

Oil and Gas Collection: Hydraulic Fracturing, Toxic Chemicals and the Surge of Earthquake Activity in Arkansas

Fracking the life out of Arkansas and beyond

 

by Rady Ananda

 

 

 

The last four months of 2010, nearly 500 earthquakes rattled Guy, Arkansas. [1]  The entire state experienced 38 quakes in 2009. [2]  The spike in quake frequency precedes and coincides with the 100,000 dead fish on a 20-mile stretch of the Arkansas River that included Roseville Township on December 30. The next night, 5,000 red-winged blackbirds and starlings dropped dead out of the sky in Beebe. [3]  Hydraulic fracturing is the most likely culprit for all three events, as it causes earthquakes with a resultant release of toxins into the environment. [4]

A close look at Arkansas’ history of earthquakes and drilling reveals a shocking surge in quake frequency following advanced drilling. The number of quakes in 2010 nearly equals all of Arkansas’ quakes for the entire 20th century. The oil and gas industry denies any correlation, but the advent of hydrofracking followed by earthquakes is a story repeated across the nation.  It isn’t going to stop any time soon, either.  Fracking has gone global.

Hydraulic fracturing (fracking) pumps water and chemicals into the ground at a pressurized rate exceeding what the bedrock can withstand, resulting in a microquake that produces rock fractures. Though initiated in 1947, technological advances now allow horizontal fracturing, vastly increasing oil and gas collection. [5] In 1996, shale-gas production in the U.S. accounted for 2 percent of all domestic natural gas production, reports Christopher Bateman in Vanity Fair. “Some industry analysts predict shale gas will represent a full half of total domestic gas production within 10 years.” [6] In 2000, U.S. gas reserve estimates stood at 177 trillion cubic feet, but ramped up to 245 tcf in 2008. These new technologies prompt experts to increase global gas reserve estimates ninefold. [7]

The grid below shows a section of the Arkansas River, with Roseville Township at bottom, where the first reports of the fish kill originated. The green lines surrounding and crossing the river indicate gas pipes, ranging from 8-20” in diameter. Any number of leaks in the pipes can explain the fish kill. Gas wells are shown by yellow ‘suns’ (see red arrows) and range from 1,500 to 6,500 feet deep. (Disposal wells, where drilling waste products are injected at high pressures, go as deep as 12,000 feet.) The red numbers next to the ‘suns’ give the number of gas wells in that spot, numbering close to 50 in this small area. [8]

 

(The gray numbers relate to the Township Numbering System. Each square equals one square mile. Click map for larger image.)

In December alone, over 150 earthquakes rocked Arkansas. [1] The swarm of quakes in Guy likely results from six years of intense drilling. Guy sits within the Fayetteville Shale Formation which, according to the Arkansas Geological Survey (AGS), is “the current focus of a regional shale-gas exploration and development program.”  A billion cubic feet of gas has been produced from this area since 2004. [9]

Thousands of wells are in operation in North-Central Arkansas (blue section of the following map). [10] Beebe, where the bird kill occurred, is in White County and Guy is at the northern end of Faulkner Co., where the anomalous earthquakes continue.

 

 

Red-winged blackbirds roost in clusters up to a million or more birds, often with other species like starlings and cowbirds. (In the 1950s and ’60s, roosts could number 20 million birds.)  Blackbirds prefer low, dense vegetative cover in wetlands or near streams. Though some may perch 30 feet above the water, most perch within one to two feet of it, and some will roost with their feet resting in water. Blackbirds can range up to 50 miles a day from roost to feeding sites, but they all settle in for the night before sunset. [11]

An earthquake of whatever scale can release a stream or cloud of gas and fracking chemicals which could easily explain why sleeping birds would suddenly take flight, and then quickly die as they succumbed to the toxic fumes. Of note, eight measured quakes within 40 miles of Beebe, and within 75 miles of Roseville, hit the area on December 30 thru several minutes past midnight on January 1st. [12]  This excludes any micro- or miniquakes which can have the same effect.  Significantly, the area is known for its prolific microquakes — numbering 40,000 since 1982. [1]

Canadian Geologist Jack Century crusades against induced seismicity from irresponsible drilling. In a 2009 speech before the Peace River Environmental Society, he provided a brief explanation of how fracking induces earthquakes, completely refuting industry denial that fracking causes quakes. Fracking induces not only micro- and mini-seismic actions that can compromise the integrity of well casings, but also large earthquakes registering on the order of 5 to 7 on the Richter Scale, resulting in human deaths. [13]

Scott Ausbrooks, geohazards supervisor for AGS, told CNN in December that while earthquakes aren’t unusual in Arkansas, the frequency is. [14]  Indeed, they’ve had a 1,200 percent increase in earthquakes over 2009 data just in the last four months of 2010. All of the quakes registered less than 3 on the Richter Scale; over 98% of them occurred near Guy, where we find the largest concentration of gas wells; and 99% occurred outside the New Madrid Fault zone (circled in red below) where seismic activity is expected, implying they are human induced [1]:

 

Though AGS publicly claims no earthquake relation to drilling, in early December, Arkansas banned new drilling permits until further notice.

CNN reported that “According to the Arkansas Oil and Gas Commission, there are at least a half dozen ‘disposal wells’ within a 500-square-mile zone around Guy.” Ausbrooks noted similar “incidents in Colorado in the 1960s at Rocky Mountain Arsenal, where deep water injection was tied to earthquakes.” [14]

Arkansas Earthquake and Drilling History

When comparing Arkansas’ earthquake history with its drilling history, a causative correlation becomes obvious.

The entire 19th century saw 15 recorded earthquakes and none in the first decade of the new century.  A total of 694 quakes rocked Arkansas in the 20th century.  That number was surpassed in 2009-2010, with the bulk (483) occurring the last three months of 2010. Table 1 was prepared using complete quake data thru 2009 [15], complete data from August thru December, 2010 [1], and just North Central Arkansas quake data from January thru July, 2010. [16]

 

Arkla, Inc., through its many morphs, mergers and acquisitions,  is and has been a key gas driller in Arkansas.  Between 1975 and the early 1980s, the company found more gas than it produced. By 1982, Arkla was able to sell Central Louisiana Electric Company more than 100 million cubic feet of gas daily. By the early 1990s, it operated the sixth-largest pipeline system in the United States and was among the ten largest operators of natural gas reserves. [17] Its production timeline coincides with the massive jump in earthquakes in the 1970s and 1980s. Today, 37 companies drill for gas and oil in Arkansas. [18]

Unregulated Fracking on a Global March

The U.S. and Canada are not alone in exploiting this highly destructive technology. Poland also embraces fracking. Several energy companies are currently exploring Poland’s reserves, including Conoco-Phillips, ExxonMobil, Marathon, Chevron, Talisman, Lane Energy, BNK Petroleum, Emfesz, EurEnergy Resources, RAG, San Leon Energy and Sorgenia E&P. [19]  These new technologies will significantly impact the global trade in natural gas, according to Forbes [20]:

“Poland consumes 14 billion cubic meters of gas a year and imports more than 70% of it from Russia. It is easy to see how the country could benefit from starting shale gas drilling as soon as possible. Not only could it decrease its dependency on Russia, it might even turn into a gas exporter.”

Bateman noted that Western and Central Europe have leased their lands to frackers. Australians are suffering from the same frack contaminations as Americans, and China is also exploiting the new technology. [6]

Josh Fox’s 2010 film, Gasland, documents a multitude of harmful consequences on animal and human life, as well as property values. The most infamous scene shows people able to ignite their contaminated tap water [21]:  http://www.youtube.com/watch?v=UrnnQ17SH_A

Fox makes the point that Dick Cheney’s former company, Halliburton, lobbied for and won exemptions from the Clean Air Act, the Clean Water Act, Superfund, and the Safe Drinking Water Act, thanks to our corporate-owned Congress. Though it did not hesitate to pass on Wall Street’s gambling debts to the public (twice), Congress has not found the will to pass the Fracturing Responsibility and Awareness of Chemicals (FRAC) Act.

Nor do drillers have to disclose the toxic chemicals used, contrary to the 1986 Emergency Planning and Community Right-to-Know Act. [22]

In 2004, the Environmental Protection Agency determined that fracking poses no threat to water supplies and that no further studies were needed. [23]  From some Orwellian nightmare, however, at least 65 of the chemicals used in fracking are considered hazardous by the EPA. They have been linked to “cancer; liver, kidney, brain, respiratory and skin disorders; birth defects; and other health problems,” according to a 2005 report by the Oil and Gas Accountability Project. Of primary concern to citizens, OGAP notes that “Approximately half of the water that Americans rely on for drinking comes from underground sources.” [24]

Wyoming took a proactive stance on full disclosure of fracking chemicals when it passed new rules in September. Loopholes, however, still allow companies to claim proprietary ownership of such information, restricting the information from public view. [25]

Given the EPA’s position that fracking is safe, it’s not likely that Arkansas citizens will get much help from the federal government. Nor will they find a friend at the state level. The Arkansas Department of Environmental Quality has so far been unwilling or unable to stop UMETCO Minerals Corporation from illegally dumping toxic chemicals into streams. [26]

The same situation applies across the nation where state governments protect industry over environmental and human health.  Recently, outgoing Governor David Paterson vetoed legislation that would have put a moratorium on vertical and horizontal hydraulic drilling. [27]  Already, Pennsylvania leases a third of its public lands to private energy drillers. [21]

Given government bias toward energy giants, and BP's destruction of the Gulf of Mexico is a case in point, more direct action may be required by citizens, if environmental and human health are to be saved from the fossil fuel industry.

Rady Ananda holds a B.S. in Natural Resources from The Ohio State University’s School of Agriculture.

 

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Tag(s) : #Mondialisation
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