Tout le monde sait que lorsqu’un nouveau régime arrive au pouvoir pour pouvoir appliquer son programme, il trouve toujours en face une opposition dont le rôle est de lui opposer sa façon de voir. Qui consiste à empêcher la nouvelle équipe dirigeante de distraire la population en se servant (au lieu de servir) dans les caisses de l’Etat qu’ils commencent à déclarer vides mais qu’ils ne s’empêchent néanmoins pas de vider complètement dès leur prise de pouvoir. Comme si dans une tabatière, il ne reste jamais de résidu de poudre de tabac. Même si ce n’est pas toujours le cas. Mais si dans certains pays, l’Opposition s’oppose réellement avec comme arme fatale la pression de la rue faite de marches, de sit-in et de meetings, (nos refondateurs s’en souviennent certainement), il n’en va pas de même en Côte d’Ivoire où les Opposants s’opposent par …courrier adressé à la communauté internationale, qui en est une fidèle lectrice. Démontrant ainsi leurs talents de grands écrivains comme s’ils étaient tous, plus candidats au Prix Littéraire d’Afrique Noire qu’aux élections présidentielles de leur pays, qui leur permettraient pourtant d’aller eux aussi goûter au tapis rouge qui les fait tout voir en rouge. Et pour lequel, ils sont tous tapis, à l’affût de la moindre erreur de leur adversaire qui se transforme en ennemi selon les circonstances.
En effet ils sont nombreux ces fans de Kourouma Moussa qui préfèrent rester assis dans leurs bibliothèques au bois de teck ou même leurs salons privés où ils ne se privent de rien pendant qu’ils écrivent des choses pour défendre leur cause, qu’ils auraient tout aussi bien pu dire en face, à leur adversaire commun au pouvoir qui s’en fout éperdument. Perdu qu’il est entre tous les "margouillats" qui ne cessent de raser les murs de son palais de nuit comme de jour et les "caméléons" qui ne cessent de changer de couleur…politique après l’avoir rencontré à la faveur de l’obscurité. Comment oublier que la nuit tous les chats changent de couleur pour devenir gris ? Mais ce qu’ils ignorent ou feignent d’ignorer, c’est que le poids des mots n’a aucun pouvoir sur le pouvoir qui lui, dispose du poids des armes voire des institutions pour s’opposer aux opposants. Ils sont finalement au nombre de cinq, après avoir été une centaine, à se lancer en politique comme on se lance dans la mode à être candidats au Prix Littéraire d’Afrique Noire. Pardon, aux élections présidentielles de leur pays : la Côte d’Ivoire.
Commençons par le plus populaire d’entre eux, de qui le peuple attend plus que de la popularité parce que ça ne nourrit personne à Abidjan. Où le peuple l’attend c’est, qu’en attendant que la Côte d’Ivoire, son pays, retrouve la forme, A-DOS donne dans un livre ou alors dans un de ces nombreux courriers à l’ONU, des recettes pour relancer l’économie ivoirienne en période post-crise.
Avec un style très Breton Wood, son courrier ne souffre d’aucune contestation lorsqu’il s’agit de donner les raisons économiques qui expliquent sa philosophie de vivre ensemble comme des compatriotes et avec eux, dans sa patrie : la Côte d’Ivoire. Sans exclusion. Lui, c’est ADO qui a réussi par on ne sait quel coup de force à se mettre la moitié de tout un peuple à dos. Il faut pouvoir lui demander son secret pour se faire détester autant par tant de personnes à la fois qui n’ont pas attendu longtemps pour le tester sur sa bonne foi patriotique lorsqu’il dit vouloir gouverner par les urnes. S’il y avait un classement, l’on dirait que pour le Prix Littéraire, ADO est assez bien placé pour faire de l’ombre à Maurice Bandama avec qui ça ne ment pas du tout lorsqu’il s’agit d’écrire des romans.
Comme de bons écrivains
L’autre opposant dont la carrière présidentielle a été interrompue, avant de prendre le chemin de l’exil lui, a plutôt un style qui indique à tout individu quel chemin de sa vie, il lui faut emprunter pour arriver à une oasis de paix faite du bonheur pour tous et le progrès pour chacun. Malheureusement à sa décharge, aujourd’hui il vit en direct l’inverse de son slogan qui s’est transformé en un bonheur personnel au détriment de chacun. Donnant ainsi « le bonheur pour chacun et la misère pour tous ».
Il faut malheureusement reconnaître que la paix, revenait sans cesse dans ses discours même s’il n’a pas su en préserver la Côte d’Ivoire en faisant des choix impopulaires mais en avait-il seulement le choix ? Il paraît qu’on a toujours le choix mais comme nous n’avons jamais été Chef d’Etat, on n’en sait rien et on ne veut même pas le savoir. Personne ne les a obligés à vouloir diriger le pays. C’est eux-mêmes qui ont demandé à le faire alors qu’ils assument.
Lui, il était habitué à faire de fréquents et brefs séjours à la MACA depuis du temps de Félix Houphouët-Boigny. Spécialiste dans la rédaction de rapports sur les transports dont il est peut-être un conseiller avisé dans une institution internationale, il est un fan de André Rajoeline qui, on comprend mal pourquoi, ne l’a pas encore appelé en renfort dans ses difficultés à se sortir du bourbier dans lequel il s’enfonce de jour en jour au pays du zébu. Malgré qu’il soit pour une solution à la "malgache" qui a failli tourner au gâchis. Innocent Anaky Kobina est donc le troisième des postulants écrivains.
Musulman de confession, il est le seul président de parti doté d’une puissance telle qu’il peut commander un arc-en ciel. En effet, Albert Mabri Toikeusse n’est-il pas le chef du parti arc-en ciel ? Lui aussi ne rate aucune occasion de faire des déclarations au nom de son parti mais en se mettant à l’abri de son matheux de Blé (Guirao). Il est donc le quatrième des auteurs ivoiriens préférés de la communauté internationale.
Eux, ils forment l’autre couple politique dont la femme, partie du FPI dont elle était la première représentante des dames, n’a pourtant pas hésité à "damer"¹ sur sa famille politique initiale pour aller renaître ailleurs. Avec plus ou moins de réussite. Regrette-t-elle d’avoir fait un tel choix ? Il faudra aller le lui demander un de ces jours. Comme les autres avec qui ils forment le RDHP, ils se sont aussi spécialisés dans l’écriture. C’est à se demander si les mots ont une telle puissance qu’ils peuvent remplacer les actions concrètes de mobilisation sur le terrain. Guei Valère et son époux veulent renaître mais difficilement car n’est pas le phénix qui veut.
A côté de ces cinq ténors, il faut compter Djedje Mady, le porte-parole de leur mouvement, le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) qui ne cesse de réclamer des changements en venant faire une exception à la règle, en lisant les déclarations des uns et des autres.
Au moment où ADO et BEDIE, les deux poids lourds de l’Opposition ivoirienne devraient plutôt se fâcher en animant des meetings de protestation, c’est par une lettre qu’ils veulent chacun se faire comprendre par Koudou Gbagbo Laurent, leur adversaire au pouvoir. Même s’il est vrai que les grandes douleurs sont muettes. Est-ce que les grandes décisions le sont aussi?
Seulement, ADO et BEDIE savent-ils au moins que même si les écrits restent et que les paroles s’envolent, en politique (de chez nous) ça ne paye pas. Parce que contrairement à une certaine catégorie de militants, d’autres n’aiment pas les « discours-promesses » quand ils ont déjà eu à goûter à l’expérience des "discours-programmes" qui leur ont laissé un arrière-goût amer. Qui ne cesse de leur rester dans la gorge. En un mot ils n’aiment pas les politiciens aux discours pleins de promesses jamais tenues, d’autant que la plupart d’entre eux en ont marre d’avoir fait des études d’une longueur semblable à un jour de jeûne, sans même avoir pu obtenir au bout de ces très longues études, une quelconque chance d’un premier emploi.
On ne meurt qu’une fois, alors de quoi a peur l’Opposition ivoirienne qui aime tellement se réfugier derrière le stylo et le bloc-notes au lieu d’être en première ligne ? Mais il faut les comprendre, ces leaders. En effet pourquoi être sur place, lorsque surtout de leur cachette, ils peuvent se faire obéir de leurs militants quant à la marche à suivre sans les suivre lorsque « gbangban est trop » ? "Qui est fou ?" dirait quelqu’un. En effet, il faut vraiment être fou pour se mettre devant, lors des manifestations,alors que c’est à ce moment-là qu’on sait si l’on est bon militant ou non, si l’on aime son parti au point de se sacrifier pour lui ou non. Alors, avec des militants aussi prêts au sacrifice, pourquoi ne pas leur donner une chance d’être des martyrs ?
Aujourd’hui, à la faveur de la dissolution-coup d’Etat de Laurent Gbagbo, l’on se rend compte que le chef de file est sûr qu’il n’ y aura RIEN en face comme toujours. Comment ne pourrait-il ne pas se permettre alors de reporter les échéances électorales à satiété s’il sait pouvoir agir en toute liberté. Grâce à Opposition embourgeoisée qui se cache derrière sa jeunesse pour prendre la rue. Jusqu’ici, il est vraiment surprenant que les jeunesses des partis politiques qui se sont retrouvées à battre récemment le pavé pour aller réclamer un meilleur équilibre dans la répartition des temps d’antenne, aient disparu comme par enchantement. Où sont-ils ces leaders de mouvements et associations qui mettaient au défi Blé Goudé et ses jeune ‘‘patriotes’’ de descendre sinon, ils allaient prendre drap ? Doit-on se permettre de dire qu’ils ont disparu la queue entre les jambes comme des poltrons qu’ils ont toujours été ? Il est vrai qu’il s’en trouvera des gens, véritables répondeurs automatiques pour s’insurger contre ce que nous disons. Mais que ces personnes acceptent que si elles ont choisi de faire la politique, c’est là la rançon du dur métier qu’ils ont choisi d’exercer. Personne ne les a envoyés faire la politique. Alors, tout ce que ces personnes diront pour se dédouaner sonnera faux et ne pourra nullement nous émouvoir. Le seul son que nous voulons entendre aujourd’hui, c’est le bruit que fera la voix de tous ceux de l’Opposition qui réclameront la date des prochaines élections et en disant non au gouvernement qui va se former. Et dans lequel, il ne sera pas surprenant de voir figurer des personnalités de l’Opposition qui hypocritement ont hurlé avec les loups. Blé Goudé a donc raison de se proclamer le roi de la rue. Personne ne peut lui contester cette fonction qui ne sied pas à tout le monde et dont on ne se réclame pas en restant assis dans son salon ou en organisant une seule marche. Fût-elle réussie par un coup de chance.
Quand on est incapables de se battre pour changer la donne, on ne se donne pas en spectacle. Ne devrait-on pas avouer que Gbagbo Laurent a dissout le Gouvernement sans que le ciel ne lui tombe sur la tête ? Les Opposants sont-ils tous des femmes voire ou à l’image du chien qui n’aboie que devant sa porte ?
Pour l’instant, bon nombre d’Ivoiriens observent l’Opposition Ivoirienne qui les a habitués à faire beaucoup de bruits pour rien. Ce n’est pas par des déclarations dénuées de toute fermeté et sans aucun début de réalisation de ce qui a été décidé que la Côte d’Ivoire ira aux élections. ADO, BEDIE, ANAKY, MABRI doivent-ils encore être dignes d’être considérés comme des Chefs de Partis politiques qui luttent pour le pouvoir d’Etat, s’ils sont incapables de descendre dans la rue pour arracher leur liberté confisquée et par-delà eux, celle de leurs militants ? Oui, on connaît déjà la réponse de certains leaders de l’Opposition qui prétendent vouloir être des dirigeants vivants plutôt que des opposants morts assassinés. Mais Koudou Gbagbo ne le leur a-t-il pas déjà dit : « le pouvoir s’arrache ». Et logique avec lui-même, il vient encore une fois de le prouver. Tandis que les Opposants jouent aux écrivains en se fendant de déclarations qui ont connu leurs limites ici à Abidjan. Car Gbagbo Laurent a dissout le gouvernement et la CEI et ‘‘ça ne va pas aller quelque part’’ comme disent les petits abidjanais de Bromakoté. Malheureusement, c’est la pure vérité.
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