Les élections du 31 octobre 2010 et du 28 novembre 2010 ont livré leurs verdicts. Gbagbo Laurent vainqueur de la première manche, a été étalé au second tour par Alassane Dramane Ouattara et le RHDP. Dans l’édition de le Patriote n°3224 du jeudi 18 novembre 2010, (pages 8-9), nous écrivions que battre le RHDP était un défi impossible à relever par Gbagbo et sa coalition LMP. Le plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire ( 64 ans), démembré par les crises successives des années 1995, 1998-1999, 2000, et 2002, et ses alliés du RDR, de l’UDPCI issus et du MFA ont ainsi eu raison de celui qui ne tolère pas qu’un Houphouétiste dirige la Côte d’Ivoire.
Nous avions averti le RHDP
Nous étions sûr depuis longtemps de la victoire d’un membre du RHDP. Mais nous sommes également averti qu’en prospective stratégique, tous les futurs et les renversements non démocratiques de situations sont possibles. Hélas ! Nos mises en garde dans le Nouveau Réveil du samedi 1e août 2009 se confirment. Nous disions à cette date que « Dans l’hypothèse d’élections transparentes, pacifiques et crédibles, le PFI part perdant... Mais « On peut envisager un cas de figure où le FPI perd et s’impose... On vivrait alors les scénarios kenyan et/ou zimbabwéen. Comme tout scénario, ce n’est qu’une image possible du futur et non quelque chose qui est prédéterminé. L’opposition est avertie. Le slogan du FPI : «ont gagne ou on gagne» n’est pas fortuit, surtout avec l’appui possible d’une armée non républicaine comme hypothèse sous-jacente à l’incertitude critique que constitue l’attitude du FPI face aux enjeux des présidentielles… Le FPI dit toujours ce qu’il veut et va faire et le fait sans état d’âme… Pour ses dirigeants, « cette élection est une question de vie ou de mort ». Le FPI vient de prouver aux yeux du monde que sa survie et les prébendes égoïstes des ses dirigeants sont plus importants que l’avenir de la Côte d’Ivoire.
LA VERITE DU TERRAIN SE CONFIRME
Les Africains sont friands de théories, de conseils et de sondages savants venant d’Europe sur leur avenir. Le FPI avait appelé à la rescousse de grands experts internationaux de la trempe d’Albert Bourgi dans Jeune Afrique l’Intelligent et SOFRES pour nous convaincre que le verdict des urnes donnait Gbagbo inéluctablement gagnant. Gbagbo a « gagné » certes, mais hors des urnes comme nous le projetions dans notre scénario pessimiste à la suite de la première publication des sondages de SOFRES. Fraternité Matin a continué à intoxiquer après SOFRES la population dès le lendemain du premier tour des présidentielles avec une carte donnant un poids considérable, à l’échelle nationale, au candidat de la prétendue majorité présidentielle. La vérité du terrain était tronquée. Pour nous, au-delà des théories venues de lion, la réalité du terrain doit être le fondement de nos analyses. Avec un score de 60% des suffrages, les militants et responsables du RHDP avaient déjà une assurance de la suprématie de leur organisation politique. Un diagnostic sur les causes de la défaite du candidat du PDCI leur a permis de s’organiser pour affronter le second tour avec de nouvelles stratégies qui ont confirmé la prépondérance du poids politique du RHDP en Côte d’Ivoire. Le scrutin du scrutin du 28 novembre n’a fait qu’entériner notre pronostic sur l’issue des présidentielles que Gbagbo avait peur d’organiser, sachant le sort qui l’attendait. Avec 60% d’électeurs RHDP bien distribués à l’échelle nationale et la marginalité de la LMP au nord d’un axe Bondoukou-Séguéla (le FPI étant quasi absent du Nord), on était fondé en effet à penser que Gbagbo ne pourrait pas relever le défi de battre des Houphouétistes solidement ancrés sur tous les terrains à l’échelle nationale.
POURQQUOI GBAGBO A PERDU
Gbagbo est si sûr de lui qu’il a l’habitude de dire tout ce qui lui passe par la tête sans retenue et avec suffisance. Il n’a cessé de proclamer que son objectif est d’effacer l’Houphouétisme pour refonder une Côte d’Ivoire indépendante et souveraine. Il l’a réaffirmé l’avant dernier jour de la campagne du second tour, à Dabou, en déclarant qu’il n’admettrait jamais qu’un héritier de Houphouët dirige ce pays. Comme si ce pays était sa propriété, et les Ivoiriens ses sujets. Ce nombrilisme et cette vanité ont galvanisé l’ardeur militante au niveau au RHDP pour lui rabattre le caquet. L’enjeu, pour le RHDP, était en effet non seulement l’élection de Ouattara, mais également la survie des formations politiques qui le structurent. Ce facteur psychologique a été décisif dans l’élaboration des stratégies pour organiser la victoire du RHDP au second tour. Cette stratégie a été construite autour de deux objectifs majeurs : 1°) gagner la bataille de la Région des Lagunes ou y faire jeu égal avec Gbagbo ; et 2°) maintenir les scores du premier tour et l’améliorer dans les bastions du RHDP.
LA STRATEGIE DU RHDP A ETE PAYANTE
Globalement, pour le candidat Ouattara, ces deux objectifs ont été atteints (Voir la carte ci-jointe) qui montre les zones où les deux concurrents ont eu la majorité. La confrontation la plus rude a été celle de la Région des lagunes où les deux candidats ont terminé leur course presqu’au coude à coude (48,10% pour Ouattara et 51,9% pour Gbagbo) dans ce pôle démo-économique ivoirien qui est également le plus grand melting-pot et raccourci de l’Afrique de l’Ouest. Le Nord et le Nord-Est (Zanzan) sont demeurés dans le camp du RHDP dans toute la partie septentrionale de l’axe Bondoukou Séguéla en milieu mandé-sénoufo. La percée du RDR et du PDCI dans le bastion traditionnel krou du FPI s’est confirmée également ; elle s’est maintenue au Centre Ouest grâce au report des voix du PDCI après l’appel de Bédié et des leaders du RHDP. La suprématie du RHDP s’est reconfirmée dans la région du centre chez les Akan-Baoulé au profit de Ouattara. Le Sud Ouest (Bas Sassandra et Sud Bandama sont restés attaché au RHDP comme au premier tour, confirmant ici aussi la réalité des reports de voies au profit du candidat Ouattara, tout comme dans l’Ouest de la région des Montagnes fidèle à Mabri.
Pour le candidat Gbagbo, les 18 montagnes, le Moyen Cavally, le Haut Sassandra, la Marahoué et le Fromager sont demeurés fidèles dans ce Grand Ouest. Les percées en milieu akan se sont également confirmées dans l’Agnéby, le sud Zanzan (Tanda Koun Fao) ainsi que dans les Moyen et sud Comoé.
Au total, dans les deux camps, la bataille dans les bastions traditionnels a été âpre et chacun a conservé ses acquis antérieurs. La victoire du candidat du RHDP s’est dessinée avec le report inattendu pour Gbagbo des voix de Bédié en faveur de Ouattara. Les statistiques électorales montrent que l’écart du nombre de voix est très accentué entre Ouattara et Gbagbo dans les bastions du RHDP. Par contre, ces écarts sont soit très minces, soit moyens sur le champ de la bataille électorale de Gbagbo à l‘exclusion de l’Agnéby. La victoire ne pouvait, dans ses conditions, que revenir à Ouattara qui arrivait très largement en tête dans les deux noyaux les plus durs du RHDP : le milieu akan-baoulé au centre, deuxième pôle démographique du pays, et le nord mandé-voltaïque. L’annulation des voix de Ouattara dans son fief pour faire gagner Gbagbo sonne dès lors comme un brigandage politique et un crime odieux contre la démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire, un facteur d’approfondissement des divisions qui ont déchiré la Côte d’Ivoire, une honte pour la nation en dehors de nos frontières. La cour constitutionnelle a cautionné du faux et a élevé l’institution du qu’elle dirige au summum de la tricherie et de la déchéance morale politique avec des pratiques dignes de figurer dans le livre des records de Guinness. Cette attitude rappelle l’épisode honteux du déversement des déchets toxiques qui a empoisonné l’atmosphère abidjanaise sans émouvoir Gbagbo et ses refobdateurs. La gouvernance dans le faux a entraîné les désordres économique, social et politique dans lesquels la Côte d’Ivoire refondée baigne depuis l’avènement du régime de nos professeurs socialistes.
La victoire des dirigeants du Rassemblement des Houphouétistes relève ensuite de leur sens de l’anticipation dès la naissance en mai 2005 à Paris du mouvement. Deux scénarios pour les élections
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présidentielles avaient été formulés. Après la victoire de Gbagbo au premier tour, le scénario B du RHDP a été mis en œuvre. La victoire de Ouattara au scrutin reconfirme le RHDP comme groupement politique largement dominant sur la scène politique nationale. C’est une des plus grandes victoires d’une coalition d’opposants dans la lutte pour la démocratie en Afrique Subsaharienne. Les « frères ennemis » du PDCI RDA dispersés ont transcendé leurs querelles pour deux objectifs majeurs: s’assembler pour servir la Côte d’Ivoire d’une part ; et rasseoir d’autre part l’houphouétisme comme fondement des idéaux et valeurs pour reconstruire la Côte d’Ivoire. Cette avancée démocratique a été paraphée par le Président du parti sexagénaire et ses frères du RDR, de l’UDPCI, et du MFA avec la caution de leurs militants de base, sous l’égide d’un Henri KONAN BEDIE, bon perdant, Grand Démocrate ivoirien devant l’Eternel qui entre dans la légende en sortant par la Grande Porte. C’est est un important germe de changement sur la scène politique ivoirienne à préserver pour rebâtir notre démocratie dans la Côte d’Ivoire du 21ème siècle. Gbagbo, Mauvais Perdant a été battu à notre humble avis pour quatre autres raisons majeures qui précipiteront sa descente aux enfers.
1° La méprise sur la patience et le bon sens des Ivoiriens
Depuis 10 ans, le monopole de l’appareil de communication de l’Etat aidant, les Ivoiriens ont été intoxiqués par des informations contaminées fabriquées de toutes pièces par le FPI. Ceux qui étaient saturés par l’information à sens unique se sont déportés sur les chaînes étrangères pour avoir des opinions diversifiées et équilibrées sur leur propre pays. Sous la refondation, la fermeture des radios et télévisions étrangères est devenue un réflexe officiel permanent que nous n’avons jamais connu sous le régime du parti unique. Pour sevrer les Ivoiriens d’information justes et contradictoires pendant les périodes de crises comme celle que nous traversons depuis la publication des résultats du second scrutin des présidentielles.
Les sondages de SOFRES visant à intoxiquer la population pour préparer le hold-up électoral du FPI ont montré également leurs limites en induisant Gbagbo en erreur. La désinformation et l’intoxication ne sont pas passées au vu des suffrages exprimés. Ouattara, le candidat le moins attendu dans tous les scénarios de SOFRES est celui qui a émergé au finish. Dans les éditions du Nouveau Réveil n° 2284 du samedi 1er août 2009, pp. 4-5 et Le Repère n° 096 du jeudi 06 août 2009, pp.5-6, nous écrivions ceci. « Par ces temps de précampagne électorale où la manipulation et l’intoxication peuvent être drapées dans de somptueux habits statistiques, les Ivoiriens dont la culture démocratique s’est considérablement affaiblie avec le multipartisme refondé, gagneraient à éviter de se laisser contaminer par des sondages savants, mais suspects, même si ces derniers viennent de la respectable et savante France. Le sondage de TNS Sofres (Nouveau Réveil n°2227 du 24 juillet 2009) soulève de sérieuses réserves dans un environnement socio-politique qui n’est pas celui de l’Occident où le comportement électoral d’un individu interrogé est radicalement différent de ce qui se passe chez nous…Mais remercions quand-même SOFRES qui encourage le RHDP à persister dans la solidarité pour renvoyer pacifiquement nos socialistes tropicaux à l’opposition le 29 novembre 2009. La victoire est largement à notre portée pour plusieurs raisons… ». Les résultats des présidentielles ivoiriennes montrent que les sondages de SOFRES n’ont point troublé les Ivoiriens et n’ont pas modifié leurs convictions. « SOFRES s’est noyé dans la lagune ébrié » comme nous l’écrivions en juillet 2009.
2° La solidité du partenariat politique des dirigeants du RHDP
La cohésion du RHDP a émergé comme un scénario inattendu dans le camp de la minorité présidentielle qui lui a coûté son fauteuil. Bédié, Ouattara, Mabri et Anaky ont vu juste en anticipant à temps en mai 2005. Rien n’a été improvisé dans la préparation du second tour des présidentielles. Face à cette union, Gbagbo espérait contre tout espoir.
D’aucuns croyaient que ce contrat politique n’aurait pas tenu et qualifiaient ce regroupement de «cirque ». L’appui sincère apporté par Bédié à Ouattara et le manifeste du 18 octobre 2010 à Yamoussoukro ont brisé le rêve de ceux qui ne croyaient pas en cette alliance. Le RHDP a en plus un programme commun de gouvernement confectionné méticuleusement pendant plusieurs mois par les cadres de haut niveau qui sont légion au RHDP. Le RHDP envisage enfin de se transformer en un parti unifié au sortir de la crise. Les militants de ces quatre partis sont largement en faveur d’une telle alliance qui aura comme avantage principal de tuer progressivement le caractère régionaliste de nos formations politiques ivoiriennes au profit d’une intégration horizontale et verticale.
Le FPI a pensé que le report des voix se serait fait en sa faveur au second tour dans une joute où aucun des trois poids lourds n’était en mesure de l’emporter au premier tour, et a manœuvré pour l’élimination de Bédié afin d’avoir un « étranger » en face. Sa campagne électorale ultranationaliste contre le « candidat de la France et de l’étranger » n’a eu en définitive qu’une incidence minime sur l’espérance des non reports de voix en faveur de Ouattara. Les Ivoiriens, dans leur grande majorité, sont demeurés insensibles au discours contre le « Burkinabè ». Les Ivoiriens ont préféré la nouvelle copie scintillante : Ouattara, à la pâle copie « originale » : Gbagbo. Les Ivoiriens sont un grand peuple lucide, pacifique, non xénophobe et des adeptes de la convivialité interethnique avec leur humour caustique. Ne disent-ils pas sur Face Book que Dieu a tant aimé la Côte d’Ivoire qu’il lui a donné deux présidents et trois premières dames ? Le scrutin du 30 novembre met en tout état de cause un terme au débat sur la question Ouattara : le peuple a décidé que Ouattara est un citoyen répondant à ses aspirations et sa vision pour diriger la Côte d’Ivoire de demain.
3° La confiance au pouvoir corrupteur de l’argent
Gbagbo s’est persuadé qu’il pouvait tout acheter et se payer chaque Ivoirien dans une société de plus en plus en plus minée par la corruption, par une gouvernance calamiteuse, par la tendance des refondateurs à l’enrichissement facile, illicite et ultra rapide sur le dos de l’Etat ; par l’achat de toutes nos consciences pour gouverner. Il s’ensuit que la distribution d’argent aux chefferies traditionnelles et aux électeurs pendant les périodes précédant un scrutin a été à la fois un moyen stratégique et opérationnel sur lequel le FPI a misé gros en distribuant sans compter l’argent issu d’un budget de souveraineté faramineux. L’argent était distribué sans vergogne aux électeurs dans les files en attendant le vote. Si l’appât a mordu notamment dans les chefferies traditionnelles du pays lagunaire ainsi que dans les Moyen et Sud Comoé, la réaction de la majorité des Ivoiriens a prouvé que les sens de l’honneur, de la dignité et de la sauvegarde de certaines valeurs dans l’exercice du pouvoir politique existent encore dans la conscience collective de nos populations. Ce signal fort interpelle les aspirants au pouvoir politique qui doivent se l’approprier pour la gouvernance politique future de notre pays.
4° La survivance de l’houphouétisme dans la conscience des Ivoiriens
L’houphouétisme a encore une sacrée fonction holonique (fonction de rassemblement) pour le peuple ivoirien. Et cette foi partagée par les Houphouétistes a aidé Ouattara à gagner. La victoire sur Gbagbo s’est construite autour de trois lignes de forces : le charisme personnel de Ouattara, candidat du RHDP ; le soutien sincère de Bédié et du PDCI, de l’UDPCI et du MFA ; le rassemblement des « frères ennemis » réconciliés autour des idéaux et valeurs véhiculées par l’houphouétisme. Ces idéaux et valeurs qui sous-tendent ont servi de liant entre les partis frères et leurs militants dans la campagne du RHDP. Comme s’ils étaient un. Nous avons été ravis et comblés par l’accueil réservé en milieu rural à l’évocation de la mémoire de Houphouët et de ses actions en faveur du développement et de notre unité. Houphouët est plus vivant que jamais ! Les vieilles militantes PDCI du LEBOUTOU (Dabou) fredonnaient des chansons à la gloire de Boigny à vous donner la chair de poule. Durant toute la campagne du second tour des présidentielles, nous avons eu le sentiment qu’une chaîne invisible de solidarité liait tous les militants du RHDP, et que l’énergie débordante qui les animait provenait d’une seule source : une foi à soulever les montagnes pour bouter hors de la compétition le fossoyeur de l’unité des Ivoiriens. L’élection de Ouattara est le plus grand salaire de leurs peines et du sacrifice des Baoulé, des Sénoufo et des malinké morts pour avoir voté RHDP dans le Centre Ouest et le Sud Ouest. Hommage soit rendu à Marcel Zadi Kessi et à ses frères Bété de Soubré qui ont défendu contre vents et marées la cause des non autochtones et de l’unité ses ethnies ivoiriennes. Nous retenons comme leçons que, plus que les personnes et tel ou tel promesse matérielle, ce sont en dernière analyse les valeurs qui mobilisent nos militants pour la construction de notre avenir commun. Il est donc souhaitable que quelle que soit l’issue des élections, cet enseignement soit capitalisé et approprié par les plus jeunes générations du RHDP et l’ensemble de la jeunesse ivoirienne afin de constituer le socle sur lequel sera mis en branle la nouvelle organisation qui émergera du rassemblement de Houphouétistes. Pour l’unité des Ivoiriens et le rayonnement de la Côte d’Ivoire avec son audience internationale retrouvée.
LE DEBUT DE LA FIN D’UN MYTHE
Avec les suffrages obtenus, le RHDP a émergé comme la première force politique du pays après avoir infligé une sanction du peuple à Gbagbo pour sa gestion calamiteuse de la Côte d’Ivoire. La contrefaçon du conseil constitutionnel ne modifiera pas cette réalité. La victoire du RHDP ressoude le Nord et le Sud de la Côte d’Ivoire fracturée en septembre 2002 en regroupant sous l’égide de l’idéologie houphouétiste Akan, Mandé du nord et du sud, Voltaïques et Krou et les frères CEDEAO avec lesquels nous avons bâti ce pays depuis l’indépendance dans une nouvelle alliance sacrée qui rappelle le RDA originel de 1946 après le séisme politique des années 1990, 1995, et 2000 à 2002 et 2004.
La vérité du terrain a triomphé. Elle est défavorable au FPI et a tué le mythe Gbagbo. C’est le début de la fin de la descente aux enfers. La mise en scène du président de la cour constitutionnelle en faveur de Gbagbo ne fait qu'accentuer la vitesse de la chute pour détruire un mythe. Gbagbo savait qu’il perdrait. C’est la raison pour laquelle, dans une volonté délibérée de s’agripper au pouvoir, le FPI a anticipé et planifié le holdup électoral honteux dont le monde entier a été témoin. Nous vivons, après la publication des résultats des élections par la CEI, une drôle de démocratie dans laquelle un « combattant » pour la démocratie et les « libertés » proclame : « on gagne ou on gagne » ; on ne saurait tolérer qu’un héritier de Houphouët occupe le fauteuil présidentiel ; « J’y suis, j’y reste»(Jeune Afrique l’intelligent) ; si je tombe voue tombez (aux militaires le 07 août 2010) ; si je perds, vous perdez vos prébendes (aux privilégiées de la refondation). Pour qui donc travaille Gbagbo ? Le pays et la démocratie sont en danger face à un tel état d’esprit, après la victoire de Gbagbo hors des urnes et la mise en scène honteuse d’une cour constitutionnelle aux ordres qui achève de détruire le mythe Gbagbo.
« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » (Obama au Ghana, président des USA, 11 juillet 2009). Avec le holdup électoral réalisé par la cour constitutionnelle au profit de l’enfant des élections, les présidentielles ont aggravé la crise sociopolitique ivoirienne au lieu de la résoudre. Avec Nos institutions se sont considérablement affaiblies. Dix ans pour rien ! L’avenir de la Côte d’Ivoire devient, dans ces conditions, de plus en plus incertain.
Pr KOBY Assa Théophile
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