Depuis l’avènement de Gbagbo Laurent au pouvoir en Côte d’Ivoire en 2000, le spectre de la guerre civile, plane comme une épée de Damoclès sur la tête des ivoiriens. C’est ce qu’on a brandi contre le Général GUEI dans sa lutte à mort contre son adversaire Gbagbo, au terme des élections de 2000. Des ‘’hommes de Dieu’’ comme Mgr Aggré, ont brandi le spectre de la guerre civile pour que le Général accepte sa ‘’défaite’’ et abandonne le pouvoir.
Quand survint la crise armée de 2002 et face à la déroute de l’armée ivoirienne, les burkinabés seront la cible privilégiée des tueries et autres atrocités des Forces de Défense et de Sécurité ivoiriennes et des milices pro Gbagbo. En son temps, M. LIDA Kouassi, Ministre de la Défense et de la protection civile, nous avait révélé les forces en présence.
Le 27 septembre 2002, devant les Députés à l’Assemblée Nationale, il a donné l’information sur « les quatre catégories d’insurgés qui attaquent la Côte d’Ivoire :
Les déserteurs de l’armée ivoirienne (entre cent (100) et cent cinquante (150) personnes) « qui étaient dans un pays voisin où ils bénéficiaient de toutes les facilités. »
Les mercenaires de toutes les origines (libériens, burkinabés, sierra-léonais) ;
L’encadrement d’une armée régulière d’un pays de la sous-région ;
Quelques éléments des contingents ‘’Zinzins’’ et ‘’Bahéfouès’’ »
(Fraternité Matin des 28&29/09/02 P4)
Comme on le voit, les mercenaires, selon LIDA étaient du côté de la rébellion. Mais la répression sera terrible contre les burkinabés puisque selon notre Ministre de la Défense, des « mercenaires de toutes les origines (libériens, burkinabés, sierra-léonais) » attaquent notre pays.
Le 26 Août 2004, la Commission de l’ONU chargée de faire la lumière sur les conséquences de la violence politique en Côte d’Ivoire à partir du 19 septembre 2002, s’est rendue au Burkina Faso. Objectif : faire la lumière sur les exactions commises sur les ressortissants burkinabés.
Selon le Pr Balanda Leliel Mikuviu de l’ONU qui conduisait cette mission, les Autorités burkinabés avaient déjà « déblayé » le terrain en produisant un mémorandum précis de tous les cas de violation des Droits Humains et atteintes à l’intégrité physique des burkinabés depuis 2003.
Sur un échantillon de huit mille (8 000) personnes, on note quatre cent vingt (420) assassinats, sept cent soixante dix sept (777) cas de coups et blessures, quatre vingt douze (92) arrestations et détentions arbitraires, trois cent soixante et un (361) disparitions…
Le mémorandum révèle aussi que ces exactions ont été commises aussi bien par les Forces de Défense et de Sécurité ivoiriennes, principalement la gendarmerie nationale que par la population. Ce qui dénote un amalgame fait entre les éléments rebelles et les populations burkinabés. (L’Evénement N°0023 des 28 & 29 /08/04 P2)
Depuis que Laurent Gbagbo a décidé de s’accrocher au pouvoir de toutes ses forces après l’avoir perdu dans les urnes, ses partisans parlent de guerre civile ‘’si on oblige Gbagbo à quitter le pouvoir’’. La menace est devenue plus ‘’sérieuse’’ depuis que la CEDEAO a décidé de le déloger du pouvoir qu’il usurpe ; cette fois, à l’endroit des communautés CEDEAO. Pensant ainsi qu’en semant la terreur et la peur dans les populations, il arrivera ainsi à sa sale besogne : la confiscation, à tout prix, du pouvoir d’Etat. Un paravent qui a utilisé jusque là pour se maintenir, pendant cinq ans de plus, au pouvoir.
Les pays limitrophes qui ont payé un lourd tribut (humain, économique…) tout au long de cette sale guerre laisseront ils leurs ressortissants être massacrés, encore une fois, par un Gbagbo Laurent en agonie ?
Cette fois l’Union Africaine et la CEDEAO jouent leur crédibilité aux yeux de tous les africains et du monde entier.
SYLVAIN NAMOYA
JOURNALISTE-CONSULTANT
snamoya@gmail.com
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